/entertainment/feq
Navigation

Cœur de pirate au FEQ: la beauté dans la simplicité

Seule au piano, Cœur de pirate charme les festivaliers au Manège militaire

Coeur de pirate
Photo courtoisie, Philippe Ruel Sensible et drôle, Coeur de pirate a charmé les 500 spectateurs réunis au Manège militaire, lors de la deuxième soirée du Festival d’été, en jouant la carte de la simplicité.

Coup d'oeil sur cet article

Parfois, ça ne prend pas grand-chose pour que la beauté émerge. Vendredi soir, au Manège militaire, Cœur de pirate a seulement eu besoin d’un piano, de ses nouvelles compositions instrumentales hautement mélancoliques et de son humour désarmant pour charmer la foule en 1 h top chrono lors de la seconde soirée du Festival d’été.

• À lire aussi: Un FEQ pas comme les autres

• À lire aussi: Festival d’été de Québec: retrouvailles modestes, mais très chaleureuses

Contrairement à ses récentes visites au FEQ où elle misait sur des mises en scène élaborées, Cœur de pirate, cette fois, a joué avec brio la carte de la simplicité.

Vêtue d’une longue robe noire, un sourire timide éclairant son visage, l’artiste de 31 ans a priorisé les pièces de son nouvel album, l’instrumental et ravissant Perséides, inspiré de ses vacances familiales de jeunesse sur les routes du Québec, qui prenait vie seulement pour la deuxième fois sur scène.

Né pendant la période de silence qui lui a été imposée après une chirurgie aux cordes vocales, ce détour impromptu dans un créneau piano pop représente un retour aux sources réussi pour celle qu’on a justement connue, en 2008, seule derrière un piano.

Mieux encore, les mélodies toutes simples, mais d’une grande sensibilité, de Perséides ont trouvé un cadre idéal dans l’ambiance feutrée du Manège militaire et sa sonorisation impeccable, propice à une écoute attentive.

C’était beau.

Cela dit, Cœur de pirate n’a pas été totalement muette. Ses interprétations de Place de la République, dédiée à un «tata» qui lui a autrefois fait du mal, de Crier tout bas et de Comme des enfants ont permis de constater que sa voix était bien guérie.

Coeur de pirate
Photo courtoisie, Philippe Ruel

Elle avait aussi bien «des niaiseries» à nous dire. De son admiration loufoque pour Guylaine Tremblay à son explication du concept de rappel, la chanteuse a plusieurs fois fait rire l’assistance avec son humour joyeusement décalé qui faisait un contrepoids idéal à la mélancolie du volet musical.

De quoi rendre fiers ses parents, qui assistaient au spectacle. «Maman, je t’aime», lui a lancé Cœur de pirate après avoir rappelé que sa mère, dans le temps où elle lui donnait des cours de piano, l’implorait de ne pas lui faire faire une crise cardiaque quand elle montait sur scène. Sympathique.

Coeur de pirate
Photo courtoisie, Philippe Ruel

Klô Pelgag: comme s’ils étaient 5000

Deux heures plus tard, chez Klô Pelgag, on était ailleurs. Complètement.

Devant les 500 spectateurs enthousiastes réunis au Manège militaire, Klô Pelgag est débarquée avec un spectacle d’une ampleur qui aurait aussi bien pu convenir à une foule dix fois plus nombreuse. 

Déjà, ils étaient huit sur scène, incluant trois choristes. Musicalement, c’était du costaud. Pendant 90 min frénétiques, on s'est promenés entre la pop, le rock, le progressif et le psychédélique, de quoi contenter le mélomane le plus exigeant. 

À part un pépin technique qui a étiré un enchaînement en début de programme, les temps morts étaient proscrits. 

On a même été témoins d’une demande en mariage parmi le public. Acceptée, on doit le préciser. 

L’accent a été mis sans surprise sur son exceptionnel album de 2020, Notre-Dame-des-Sept-Douleurs, surtout durant la première moitié du concert. 

Le clan Pelgag a attaqué avec la planante La maison jaune, a haussé le tempo de façon impeccable avec À l’ombre des cyprès et Umami, avant de ralentir l’allure de nouveau avec la délicate J’aurai les cheveux longs

Difficile de pointer du doigt un temps fort en particulier, mais l’électrisant combo Le sexe des étoiles Mélamine, à mi-parcours, est dur à battre. 

Encore une fois, Klô Pelgag a prouvé qu’elle était une bête de scène unique au Québec. Quand elle n’était pas en train de se rouler par terre comme une gamine agitée, elle était debout sur le banc de son piano à jouer à la cheffe d’orchestre ou dansait fougueusement dans un style impossible à décrire adéquatement. 

Fascinant personnage, on vous le jure, ça vaut le déplacement. 


Samedi, les vétérans Paul Piché et Michel Pagliaro prennent le relais. Mêmes heures, même endroit.