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La CAQ sort l'épouvantail du passeport vaccinal

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Exaspéré par le peu d’empressement des jeunes adultes à se faire vacciner, le ministre de la Santé, Christian Dubé, a tiré un coup de semonce dans l’espoir de les effrayer.

On peut difficilement lui reprocher de chercher à accélérer la cadence pour que le Québec atteigne l’immunité collective et une vie normale cet automne.

Mais son annonce d’hier était surtout un exercice de communication.

Il y a deux semaines à peine, le gouvernement ne semblait plus du tout attendre un avis de la Santé publique sur une utilisation de la preuve vaccinale autre que pour voyager.

Et soudainement, le ministre affirme que dès septembre, les propriétaires de bars ou de gyms pourraient être obligés d’exiger le passeport vaccinal en cas d’éclosion et de recrudescence de COVID-19 dans leur secteur.

On leur fournirait des lecteurs numériques pour le faire, a dit le ministre.

Lent à bouger

Difficile de croire que le gouvernement peut lancer des appels d’offres, acheter ces équipements en nombre suffisant, et les déployer partout au Québec en cas de besoin, dès le début de l’automne.

S’il avait voulu s’assurer de pouvoir exiger un passeport vaccinal, il aurait bougé bien avant, alors que la question lui était régulièrement posée au début du printemps.

Réticent

Lorsque le ministre Dubé avait évoqué pour la première fois un tel passeport, le directeur de la Santé publique, Horacio Arruda, avait fait la moue.

En commission parlementaire, en avril, il avait affirmé « qu’on surestime ce que ça peut faire et qu’on sous-estime les effets pervers et tous les enjeux d’opérationnalisation ».

Le docteur avait même ajouté que si la Santé publique donnait le feu vert, ce serait pour une « utilisation assez marginale ».

Hier, Christian Dubé a refusé de s’aventurer sur le terrain glissant de la possible utilisation du passeport par des propriétaires de logements, ou des employeurs.

Le président du comité d’éthique de l’Institut national de santé publique du Québec a soutenu en fin de journée que « la bienfaisance » du passeport l’emporte sur « ce danger de discrimination ».

Le ministre Dubé l’a reconnu, il aimerait mieux ne pas en arriver là.

De toute évidence, il brandit cet ultime épouvantail pour convaincre les jeunes rébarbatifs. Allez donc vous faire vacciner, s’il vous plaît !