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Marc Bergevin: «Je suis déçu, mais je suis fier de nos joueurs»

Marc Bergevin a pu, pour une rare fois, dresser un bilan positif de la saison de son équipe

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Lors de ses huit premières années comme architecte du Canadien, Marc Bergevin a souvent dû se livrer à des bilans de fin de saisons durant lesquels l’ambiance était tendue. La plupart du temps, le directeur général a eu des comptes à rendre lors de ces exercices plutôt fastidieux. 

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Il s’en est fallu de peu pour qu’il vive un autre supplice. En fait, il est passé à un but des Maple Leafs de Toronto de le faire, dans le cinquième ou sixième match de la série de premier tour.

Marc Bergevin a suivi attentivement le long et surprenant parcours de sa formation en séries.
Photo d'archives, Martin Chevalier
Marc Bergevin a suivi attentivement le long et surprenant parcours de sa formation en séries.

 Puisque sa troupe s’est rendue à trois victoires de soulever la coupe Stanley, c’est la tête haute et les épaules droites que l’homme de 55 ans a pu se présenter, de façon virtuelle, devant les médias. 

« Je suis déçu, mais je suis fier de nos joueurs », a-t-il déclaré au cours de ce point de presse d’une vingtaine de minutes.

« C’est l’équipe la plus soudée que j’ai vue depuis mon arrivée, il y a neuf ans. Ce sont les équipes qui gagnent les championnats, pas les individus. Nous n’avons pas de supervedette au sein de notre groupe, mais chaque gars est prêt à se battre pour les autres », a ajouté Bergevin.

Un plafond salarial amputé

Malheureusement, cette équipe, aussi soudée soit-elle, devra se départir de quelques-uns de ses morceaux. Du groupe qui a pris part aux séries éliminatoires, sept joueurs sont maintenant autonomes sans restrictions (Corey Perry, Joel Armia, Phillip Danault, Eric Staal, Tomas Tatar, Jon Merrill et Erik Gustafsson).

Évidemment, la priorité de Bergevin sera de trouver un terrain d’entente avec le clan de Danault. Ce qui semble plus facile à dire qu’à faire. 

Par ailleurs, Bergevin n’a pas voulu révéler qui avait disputé son dernier match avec le Canadien, mais à mots couverts, il a indiqué que Tatar ne serait pas de retour.

« Je suis convaincu que Tomas veut voir ailleurs. De notre côté, il y a d’autres joueurs qu’on veut ramener à Montréal, a exprimé le directeur général. En plus, en raison des bonis que nous avons dû donner cette année, on aura une moins grosse masse salariale que prévu. Il faudra être vraiment prudent. »

En fait, le Canadien verra son plafond salarial de 81,5 millions $ être amputé de 597 000 $ en raison de différents bonis de performance octroyés à des joueurs.

Parmi les autres qui sont libres comme l’air, Staal, le premier à se présenter devant les médias vendredi, sonnait comme un joueur dont l’aventure est terminée à Montréal.

Déjà au boulot

L’été sera très court pour Bergevin. Pas surprenant qu’il ait admis s’être mis à la tâche dès jeudi, au lendemain du dernier revers du Canadien, pour assembler l’équipe qui défendra les couleurs bleu, blanc et rouge cet automne.

« Je suis déçu de ne pas avoir ramené une coupe Stanley à Montréal pour la première fois depuis 1993, mais je retourne déjà au boulot », a-t-il lancé.

« Je voudrais ramener tout le monde, mais ce n’est pas possible. C’est à moi de faire le travail nécessaire pour ramener l’équipe le plus près de ce qu’elle est présentement. Ce que ces gars-là ont fait, c’est formidable. »

Cette présence en finale de la Coupe Stanley s’est voulue une fin inattendue pour plusieurs. Personne ne croyait un tel parcours possible. À part les partisans les plus inconditionnels et les membres de l’équipe, à commencer par Bergevin. 

La constance

Néanmoins, celui-ci a admis s’être gratté la tête à quelques reprises en cours de saison, ce qui n’est assurément pas étranger à la vague de congédiements qui a emporté Claude Julien, Kirk Muller et Stéphane Waite.

« Avec le départ que nous avons connu, je me suis dit que c’était en plein ce que j’avais envisagé. Puis, il y a eu ce creux dont on ne semblait pas être capable de sortir. À ce moment-là, je ne doutais pas du plan. Je me demandais plutôt pourquoi il ne fonctionnait pas. La constance était ma préoccupation », a expliqué le directeur général.

Sur son départ ?

On se souviendra qu’au moment de procéder au licenciement de Waite, Bergevin lui avait déclaré : « Si Carey ne se replace pas, je suis le prochain [à perdre mon emploi]. »

Plusieurs prétendent que ç’aurait également été le cas si le Canadien s’était incliné au premier tour. Ce qu’on ne saura jamais avec certitude. Cependant, une chose apparaît claire : le parcours du Canadien devrait valoir à Bergevin une offre de prolongation de contrat.

Un sujet que le principal intéressé n’a pas voulu aborder.

« Je n’ai pas eu le temps de penser à ça encore. Il me reste encore un an, il n’y a pas de presse. Il arrivera ce qu’il arrivera. Je vais honorer mon contrat. »

L’offre risque effectivement d’être sur la table. Et si c’était lui qui choisissait de partir ?