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Pénurie de pièces: la production automobile au ralenti

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La construction de véhicules neufs tourne au ralenti et les cours des concessionnaires automobiles sont vides depuis plusieurs semaines.

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«C'est quelque chose que, moi-même, je n'ai jamais vu, et j'ai 36 ans dans le domaine. C'est quelque chose de vraiment unique», mentionne Pierre Tremblay, président de JD Jeep Ram.

Les constructeurs automobiles peinent à se procurer les puces électroniques appelées semi-conducteurs, présentes, parfois, par plusieurs dizaines dans les voitures. Pensons aux caméras de recul ou aux avertisseurs d'angle mort, par exemple. Conséquence: les inventaires des concessionnaires automobiles sont alors affectés.

«Le problème est définitivement, actuellement, avec nos camionnettes particulièrement. Parce que, normalement, moi, j'aurais 80 à 100 RAM, dans la cour, actuellement. Je dois en avoir deux, là, au moment ou l'on se parle», explique le président.

Même constat chez Lessard Hyundai

«Présentement, on devrait avoir le double de l'inventaire que vous voyez présentement ici. Les manufacturiers, à ce moment-là, puisqu'ils ont moins accès à ces semi-conducteurs, chez Hyundai, on privilégie la commande qui est vendue, pour assurer au client qui s'est déjà commis sur une voiture de pouvoir l'avoir plus rapidement. Les inventaires vont continuer de rester bas, mais les clients qui ont acheté vont être servis en premier», souligne François Rondy, directeur général des ventes chez Lessard Hyundai.

Le phénomène est mondial. Les véhicules qui arrivent chez les concessionnaires sont souvent déjà vendus. On protège même nos démonstrateurs.

«C'est un Tucson hybride, qui est un modèle excessivement populaire. J'en ai un en main; je ne le vendrai pas, je ne peux pas le vendre. Si je veux m'assurer que le client puisse au moins l'essayer, avoir la sensation, le "feeling" de conduire cette voiture-là et justifier un achat, je devrai absolument garder ce véhicule-là parce que je ne sais pas quand j'en aurai un autre», mentionne François Rondy.

«Cette préoccupation-là, elle est constante, elle est permanente, mais elle ne va pas durer éternellement. Vous savez, la COVID a le dos large, dans bien des cas. Oui, il y a eu un ralentissement de la part des constructeurs pendant une période, donc les fournisseurs de semi-conducteurs se sont arrêtés», rappelle Robert Poeti de la Corporation des concessionnaires d’automobiles du Québec (CCAQ).

Ce ralentissement n’aura pas d’impact sur le coût des véhicules selon la CCAQ. La cadence de production des semi-conducteurs devrait reprendre normalement à l'automne.