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Une alternative peu coûteuse au 3e lien

Quebec
Photo d'archives, Stevens LeBlanc

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Personne ne l’évoque, surtout pas le gouvernement Legault qui privilégie l’option d’un tunnel, mais il pourrait exister une solution peu coûteuse à la congestion entre les rives, celle de la gestion en alternance des voies sur le pont Pierre-Laporte.

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Un lecteur me demandait récemment quelles autres alternatives à un troisième lien avaient été considérées par le gouvernement du Québec comme solution potentielle à la congestion sur les ponts entre les rives de Québec et Lévis.

Ce même lecteur s’interrogeait aussi à savoir ce que valait l’appui d’une partie de la population et des entreprises au tunnel, alors que le gouvernement n’avait proposé que cette solution. Personne n’est contre la vertu. Il a tout à fait raison. Il faut trouver des solutions à la congestion pour les gens qui doivent traverser les ponts tous les jours pour le travail ou les études. 

Le problème, c’est que bien malin celui ou celle qui voudrait mettre la main sur ces autres solutions qu’évalue le ministère des Transports dans l’étude d’opportunité sur le troisième lien. 

La gestion en alternance des voies sur le pont Laporte en fait partie. Le Service du transport et de la mobilité intelligente de la Ville de Québec avait proposé au MTQ, en 2017, d’évaluer la faisabilité d’un tel système. 

Exemples concluants 

Ainsi, comme on le fait avec le pont Louis-Bisson à Laval et le Golden Gate à San Francisco, cette « gestion dynamique » augmenterait le nombre de voies dans la direction la plus achalandée aux heures de pointe du matin et du soir. 

Sur le pont de Québec, on opère déjà les voies en alternance, à distance et grâce à des feux de circulation. 

Dans le cas du pont Louis-Bisson, sis sur l’autoroute 13 entre Montréal et Laval, une telle mesure a été mise en place en 1993, grâce à un système de barrières mobiles en béton. Le déplacement de la médiane peut y être réalisé chaque jour, de façon sécuritaire et rapide, grâce à un véhicule spécialement conçu pour cette tâche. 

Une voie est ainsi retirée en direction contraire de la congestion, explique Nicolas Vigneault, porte-parole du MTQ. Cette mesure permet d’améliorer la circulation dans le sens de la pointe, et peut occasionner de légers ralentissements dans l’autre direction, mais pas de façon notable. 

Le pont Bisson, où sont recensés 150 000 passages par jour, s’avère le deuxième plus achalandé de la couronne nord à Montréal. En comparaison, le MTQ enregistre autour de 122 000 passages par jour sur le pont Pierre-Laporte, et 32 000 pour le Pont de Québec, données qui ont peu évolué depuis 2011.

Sur le pont Pierre-Laporte, la Ville suggérait d’y aller avec quatre voies en direction nord et deux voies en direction sud en période de pointe le matin, et l’inverse en période de pointe du soir. 

« Cette mesure pourrait contribuer à atténuer la congestion aux périodes de pointe dans le secteur des ponts », écrivait la Ville, qui n’a jamais eu de retour à ce sujet, confirme David O’Brien, au service des communications.

Toujours en analyse

Le MTQ m’a indiqué, en 2019, que cette option était bel et bien analysée. Aussi étrange que cela puisse paraître, après plusieurs années et même si le gouvernement a déjà présenté son projet de tunnel, cette étude est toujours en cours de réalisation. Surtout, il est impossible d’y avoir accès pour les journalistes. 

« Cette analyse fait partie de l’étude d’opportunité sur le troisième lien, qui est en cours de réalisation. Ces informations font donc partie d’un document qui servira à une prise de décision ultérieurement, et par conséquent, ne peuvent être rendues publiques », m’a indiqué M. Vigneault.

Dire que les caquistes n’avaient de cesse de crier au scandale lorsque le gouvernement libéral refusait de rendre publics certains documents. Dans le dossier du tunnel, leur gouvernement nage dans l’opacité, le secret et l’approximation. Il devrait faire attention de ne pas s’y noyer.