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Catherine Chabot a trouvé sa voie

Catherine Chabot a trouvé sa voie
Photo Jocelyn Michel, leconsulat.ca

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En sortant du Conservatoire d’art dramatique de Montréal, en 2013, Catherine Chabot était convaincue qu’elle se dirigeait tout droit vers une carrière d’actrice dramatique. Mais c’est finalement dans le rire qu’elle s’est épanouie. Deux ans après avoir été révélée au grand public dans le film à succès Menteur, la comédienne de 33 ans tient la vedette d’une autre comédie estivale, Le guide de la famille parfaite.

« C’est spécial, tout cela parce qu’au conservatoire, j’étais convaincue que j’étais une actrice tragique, lance en riant Catherine Chabot. J’avais joué Médée en deuxième année et je pensais que je portais tout le poids du monde sur mes épaules. J’ai toujours eu l’impression que j’allais devenir une actrice dramatique. Mais une de mes profs à l’école disait souvent : c’est la carrière qui te choisit et non pas toi qui choisis ta carrière. » 

« Je ne savais pas que j’étais drôle jusqu’à ce que je sorte de l’école. Même au conservatoire, on ne me donnait pas des rôles de comédie et de personnages qui me ressemblaient et qui étaient un peu plus pétillants et de bonne humeur. Dans une classe, parfois, tu es campée dans un certain type de rôle. C’est un peu ça qui m’est arrivé quand j’étais au conservatoire. »

C’est donc après avoir reçu son diplôme du Conservatoire d’art dramatique de Montréal, en 2013, que Catherine Chabot s’est lentement, mais sûrement, dirigée vers la comédie. Ce virage s’est effectué en douceur quand elle a écrit la pièce de théâtre Table rase avec des amies comédiennes.

« C’est là que j’ai découvert que j’aimais beaucoup faire rire et qu’il y avait une puncheuse à l’intérieur de moi », indique la comédienne qu’on a aussi vue dans les séries télé O’, Unité 9 et Mon ex à moi.

« Je me suis rendu compte que j’avais une énergie comique qui a émané. De fil en aiguille, j’ai écrit une deuxième pièce [Dans le champ amoureux], puis une troisième [Ligne de fuite], dans lesquelles il y a du punch et de la comédie. J’aime écrire des répliques entre des personnages qui se font des jambettes et qui s’entrechoquent. La comédie fait partie de mon travail. Je me suis rendu compte que j’étais drôle. Avant, je ne savais pas que je pouvais faire rire. »

L’effet Menteur

Évidemment, sa rencontre avec le réalisateur Émile Gaudreault (De père en flic) a été importante et déterminante. C’est lui qui lui a donné son premier rôle au cinéma aux côtés de Louis-José Houde et Antoine Bertrand, dans la comédie Menteur, grand succès de l’été 2019 au box-office québécois. Encore là, c’est un concours de circonstances qui a fait en sorte que son chemin a croisé celui de Gaudreault.

« Éric K. Boulianne, un des scénaristes de Menteur, est venu voir ma pièce Dans le champ amoureux, et il a conseillé à Émile de venir voir le show », relate la comédienne originaire de Québec. 

« Après avoir vu le spectacle, Émile m’a proposé de me joindre à son équipe de scénaristes pour écrire le film. Quand les auditions pour le personnage de Chloé ont commencé, il m’a dit : on dirait que tu as l’énergie du personnage. Viendrais-tu en audition pour ça ? Je l’ai fait et j’ai finalement obtenu le rôle. C’est le fruit du hasard. Mais je crois que c’est souvent comme ça que ça se passe. »

Peu de temps après la sortie de Menteur, Catherine Chabot a décroché le rôle d’une patronne d’une usine de petits gâteaux dans la série humoristique Léo. Puis, Ricardo Trogi et Louis Morissette ont fait appel à elle pour leur nouvelle comédie dramatique, Le guide de la famille parfaite, qui prend l’affiche mercredi, après avoir été décalée d’un an en raison de la pandémie.

Quand on lui fait remarquer qu’elle a déjà eu la chance de travailler avec deux des meilleurs réalisateurs de comédies au Québec – Émile Gaudreault et Ricardo Trogi –, elle répond en insistant sur le fait qu’elle se sent « privilégiée ». 

Mais pour Trogi, Catherine Chabot n’a pas obtenu ces rôles par hasard : 

« Je pense que Catherine peut aussi très bien interpréter des rôles dramatiques, mais je pense qu’elle a un petit quelque chose de spécial quand elle joue la comédie », observe le réalisateur de 1991 et Le mirage

« Sa manière de dire les répliques, la façon dont son corps parle : tout ce qu’elle est peut donner envie de rire. Julie Le Breton est comme ça aussi. Elle peut tout jouer, mais elle a une énergie comique qui est facile à exploi-ter pour un réalisateur. Le rythme comique, tu l’as ou tu ne l’as pas. Catherine, elle a la chance d’avoir ça en elle. » 


♦ Le guide de la famille parfaite prend l’affiche le 14 juillet.

 

Derrière les filtres

Catherine Chabot n’avait pas encore eu le bonheur d’expérimenter la maternité au moment où elle a tourné Le guide de la famille parfaite, il y a deux ans. Le fait d’être devenue mère entre-temps lui a permis de comprendre encore plus le personnage qu’elle joue dans le film. « Mon périple dans Le guide de la famille parfaite est devenu en quelque sorte un guide pour ma famille à moi », ironise-t-elle. 

Dans cette nouvelle comédie du tandem Ricardo Trogi-Louis Morissette, Catherine Chabot prête ses traits à Marie-Soleil, une jeune mère qui a mis de côté sa carrière d’avocate pour se consacrer à l’éducation de son garçon. Voulant à tout prix projeter une image de la famille parfaite, elle se met énormément de pression pour être à la hauteur en tant que mère et belle-mère (l’adolescente de son conjoint vit avec eux), mais aussi en tant que blonde.

« On est dans une société d’ultra performance et on se met beaucoup de pression en général, observe Catherine Chabot. Quand tu as un enfant, tu ajoutes à cela une pression supplémentaire. Et Marie-Soleil, en plus, elle surprotège son enfant parce qu’elle veut que son éducation soit parfaite. » 

« Mais quand les masques tombent, on comprend que, sous ses allures de femme parfaite, Marie-Soleil vit un grand drame. On voit que le vernis craque à un moment donné. C’est une façade et elle essaie de maintenir cette image de bonheur dans les réseaux sociaux. Mais sur les réseaux sociaux, il y a toujours des filtres pour rendre les choses plus belles que dans la vraie vie, et ça va devenir difficile pour elle de trouver des moments où elle est juste vraie. » 

« C’était un beau défi à jouer parce que c’est un personnage qui est fragile et vulnérable. Elle est beaucoup dans les apparences. Il faut qu’elle s’entraîne, qu’elle soit toujours bien habillée. Mais ça prouve une grande vulnérabilité. »

Sa pièce adaptée au cinéma

Les prochains mois seront drôlement occupés pour Catherine Chabot. L’actrice prépare actuellement le tournage de la comédie dramatique Lignes de fuite, une adaptation de sa pièce du même titre qu’elle a montée au Théâtre d’Aujourd’hui en 2019. En plus d’avoir écrit le scénario, l’actrice coréalisera le film avec la cinéaste Miryam Bouchard (Mon cirque à moi) et jouera un des rôles principaux. 

Le cinéaste Émile Gaudreault (Menteur, De père en flic) devait initialement coréaliser le film, mais il a décidé de céder sa place à Miryam Bouchard. Il reste toutefois impliqué dans le projet à titre de producteur, aux côtés de sa complice de longue date, Denise Robert.

« On est là-dedans à temps plein en ce moment, souligne Catherine Chabot. C’est un gros défi parce que je porte trois chapeaux différents. Mais on a une grosse équipe derrière nous, et je me sens bien entourée. Miryam a beaucoup d’expérience à la réalisation, donc elle est solide et elle m’épaule beaucoup. Je plonge là-dedans avec beaucoup d’enthousiasme. »