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Pierre Breton, l’art de se coller au réel

Quebec
Photo Stevens LeBlanc Pierre Breton

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Intéressantes, comiques et souvent étonnantes, les discussions avec Pierre Breton sont à l’image de ce qu’il écrit. Avec Le dragon de Saint-Hyacinthe, l’auteur de 68 ans fou d’histoire plonge le lecteur dans une enquête se déroulant dans les années 60, période faste du courant musical yéyé dans ce coin du Québec. 

Pierre Breton est le 11e d’une famille de 12 enfants. Des frères et sœurs qui lisaient beaucoup et des parents qui avaient à cœur l’instruction de leur progéniture. « Mon père, surtout, voulait nous léguer ce qu’il n’avait pas eu », explique celui qui a eu la tête plongée dans les encyclopédies Grolier pendant bon nombre d’années.

Après un cours classique au collège de Lévis, un baccalauréat décevant en littérature française et différentes jobines, il a déniché un poste de journaliste généraliste pour un hebdomadaire local, pour finalement y passer... 21 ans.  

Quant à l’écriture autre que journalistique, elle est entrée sur le tard dans sa vie. Son premier roman intitulé Sous le radar et très bien accueilli par le public, a été publié chez Boréal en 2014. 

Si l’accueil positif de son premier roman lui a donné des ailes et malgré le fait qu’il vienne de publier son troisième roman, l’auteur se défend bien d’être un écrivain pour autant. 

« J’ose à peine me présenter comme un écrivain, dit celui pour qui l’humour est un compagnon indispensable. Écrire un livre ne fait pas de nous un écrivain. Un écrivain y consacre sa vie, ne peut pas faire autre chose. » 

Terreau fertile 

Pierre Breton explique devoir s’accrocher au réel pour pouvoir imaginer. C’est donc à partir de recherches historiques et de lectures de faits réels qu’il a bâti l’intrigue de son « polar qui n’est pas vraiment un polar » (il insiste !) Le dragon de Saint-Hyacinthe.

<b><i>Le dragon de Saint-Hyacinthe</i></b><br>
Pierre Breton, Héliotrope noir, 189 pages
Photo courtoisie
Le dragon de Saint-Hyacinthe
Pierre Breton, Héliotrope noir, 189 pages

S’il ne s’est jamais rendu physiquement à Saint-Hyacinthe, c’est à l’aide d’un plan de la ville datant de 1959 qu’il a su rendre plausible son histoire. Une enquête menée par Cyrille Carignan, un chef de police sans histoire et sans tourment, qui tente d’élucider le mystère entourant l’incendie ayant causé la mort de Danny Dragon, populaire chanteur d’un groupe yéyé. 

« C’est un phénomène réel qui me trottait dans la tête depuis longtemps, le fait qu’à cette époque plusieurs groupes et musiciens venaient réellement de Saint-Hyacinthe, explique-t-il. » 

Dans « le cadre plus net du passé », l’auteur a pris plaisir à insérer des personnages, des lieux et des situations ayant déjà existé. Le personnage de Jacques Diamond, un brigand s’étant évadé d’un fourgon alors qu’on le transportait à la cour, le directeur de l’école vétérinaire, la première femme à y avoir reçu un diplôme, ainsi que l’oiseau de la page couverture : un flamand rose s’étant réellement échappé du zoo de Saint-Hyacinthe à l’été 1965. 

Son bien humble souhait ? Que Le dragon de Saint-Hyacinthe plaise et divertisse les lecteurs. « J’aimerais entendre que mon roman a fait oublier les soucis de quelqu’un pendant quelques heures et, pourquoi pas, que ce n’est pas mal écrit », ajoute-t-il un sourire dans la voix.