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La mort tant redoutée survient sur une route dangereuse

Des citoyens luttent depuis 2017 pour modifier la route 329 à Saint-Donat

PH-Facebook Yannick Gagnière
Photo tirée de Facebook Un jeune homme est décédé dimanche dernier lors d’une collision sur la route 329 à Saint-Donat.

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Des résidents de Saint-Donat qui réclament depuis cinq ans des changements sur une route où les accidents se multiplient ont regretté le week-end dernier que le ministère des Transports n’ait toujours rien fait après qu’un homme y eut perdu la vie.

« C’est regrettable qu’on ait besoin d’un exemple concret, la perte d’une vie, pour attirer l’attention du ministère afin de régler la situation avec cette route », lance Jean-Philippe Cloutier, propriétaire d’un chalet dans ce village de Lanaudière. 

Yannick Gagnière, 29 ans, a perdu la vie.
Photo Agence QMI, PIERRE LAURENT
Yannick Gagnière, 29 ans, a perdu la vie.

Yannick Gagnière est décédé dimanche sur la route 329 en revenant d’un week-end au chalet avec ses parents. Au volant de la voiture, l’homme de 29 ans a heurté un véhicule qui circulait en sens inverse en voulant éviter une moto qui aurait vraisemblablement perdu la maîtrise, près de l’intersection du chemin Régimbald.

Le motocycliste n’a toutefois pas chuté de son engin et il a même poursuivi sa route. Les policiers l’ont finalement identifié et il devra être rencontré dans les prochains jours, précise Marc Tessier, porte-parole de la Sûreté du Québec.

Cette portion de la route 329, terrée entre un lac et une montagne, est reconnue comme un « milieu accidentogène », selon le maire de Saint-Donat, Joé Deslauriers. 

Joé Deslauriers, maire de Saint-Donat, dans Lanaudière
Photo courtoisie
Joé Deslauriers, maire de Saint-Donat, dans Lanaudière

Inquiets des multiples accidents et collisions qui surviennent juste en face de chez eux, Jean-Philippe Cloutier et sa sœur Nathalie avaient d’ailleurs sonné l’alarme dès 2017 auprès du ministère du Transport (MTQ), auquel appartient la route. 

Appui municipal

Le conseil municipal avait appuyé à l’unanimité leur requête afin d’étudier la possibilité de modifier la configuration de la courbe « prononcée et dangereuse » entre les chemins Carolus-Laurier et Régimbald. M. Cloutier a même offert une partie de son terrain afin de faciliter les changements, mais le MTQ n’a toujours rien fait. 

« Notre offre est sur la table depuis 2017 puisqu’on possède le terrain qui permettrait de revoir le tracé », dit-il.

Après analyse, le ministère avait conclu qu’aucune intervention n’était nécessaire.

« Le problème vient vraiment de la courbe en forme de “S”. Ça fait des dizaines d’années qu’on dénonce les problèmes. Ce n’est pas comme si on n’avait jamais fait d’interventions ou qu’il n’y avait pas de solutions », insiste le maire.  

De surcroît, la municipalité située à environ 2 h de Montréal courtise les touristes, motocyclistes et cyclistes pendant l’été. Les comportements imprudents sur la 329 sont fréquents, déplorent quatre résidents du coin avec qui Le Journal s’est entretenu. 

Un vrai zoo

« Le week-end, c’est un vrai zoo. Je vois des dépassements illégaux, des gens qui roulent trop vite et des voitures à l’intersection qui démarrent comme s’ils faisaient une course automobile », rapporte M. Cloutier.

Il fait souvent appel aux policiers pour patrouiller. Selon lui, des solutions immédiates existent, notamment d’augmenter la présence policière « pour limiter les comportements dangereux et les excès de vitesse ».

Son voisin, Robert Slicer, estime qu’il faut également faire passer la limite de vitesse de 90 à 70 km/h.

« Les choses ont changé depuis l’arrivée des touristes. Il y a maintenant des familles, des camions qui traînent des bateaux, des roulottes et des cyclistes qui se partagent la route, mais la limite de vitesse est restée pareille comme dans le temps », dit celui qui a été un des premiers sur les lieux de l’accident mortel, dimanche. 

– Avec Sarah-Maude Lefebvre 

Pour que son fils ne soit pas décédé en vain  

Le père qui a perdu son fils la semaine dernière dans une violente collision sur la route jugée dangereuse depuis des années espère que le drame servira à rendre plus sécuritaire le tronçon problématique, à Saint-Donat. 

Sylvain Gagnière revenait à Montréal après un week-end à son chalet avec sa femme et son fils de 29 ans, lorsque la vie de sa famille a pris un tournant tragique.

Yannick Gagnière, qui conduisait ses parents, a voulu éviter une moto qui aurait perdu la maîtrise de son engin. Il est alors entré en collision avec une voiture qui arrivait en sens inverse.

Jamais trop sécuritaire

« S’il y a de la sécurité à rajouter, qu’ils le fassent. Il n’y en a jamais trop, même si ça ne me ramènera pas mon fils », a commenté M. Gagnière lorsqu’il a appris que des citoyens du secteur demandent au gouvernement depuis des années de revoir la configuration de la route 329 à la hauteur de Saint-Donat.

« Ça pourrait être une bonne chose de descendre la limite de vitesse, peut-être à 70 km/h. Quand il ne nous arrive rien, on n’y pense pas. Mais ça aurait peut-être fait toute la différence dans la vie de mon fils », poursuit Gagnière. 

La fierté de son père

Yannick Gagnière, expert en informatique, a accompagné ses parents le week-end dernier dans Lanaudière afin de les aider à installer une antenne wifi. Ce dernier a toujours adoré venir au chalet familial, selon son père.

« Il travaillait jusqu’à tout récemment pour l’équipe de soccer CF Montréal comme technicien informatique, raconte fièrement Sylvain Gagnière. C’est un jeune dévoué. Il cherchait toujours une solution aux problèmes informatiques des gens pour les aider. »

La famille a passé « de très beaux moments » ensemble lors de cette fin de semaine, dit-il. 

Sa femme a également été blessée gravement lors de la collision. Elle se trouve encore au centre hospitalier avec des fractures à la clavicule, aux côtes et au bassin.  

« Elle se remet rapidement, au moins. L’important c’est qu’elle a toute sa tête... autant qu’on puisse l’avoir quand on perd un enfant », laisse tomber Sylvain Gagnière.

Il dit se rendre à son chevet tous les jours depuis le tragique événement.

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