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Des Québécois impatients de repartir en voyage

Des voyageurs de partout au Québec ont déjà fait leur valise pour profiter de la fin de la quarantaine obligatoire

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Photo Agence QMI, Andréanne Lemire Megan Yvorchuk, de Trois-Rivières, a sauté sur l’opportunité de prendre des billets pour rejoindre son conjoint en France.

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Des Québécois globe-trotters qui attendaient avec impatience l’assouplissement des mesures sanitaires sont excités de pouvoir enfin reprendre la poudre d’escampette. 

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« J’ai fait devancer ma deuxième dose de vaccin trois fois pour être sûre de pouvoir partir le plus tôt possible ! J’ai vraiment hâte de retrouver [mon amoureux] », s’exclame Megan Yvorchuk, 20 ans.

  • Écoutez l'entrevue du vice-président de l'Association des agents de voyage du Québec, Eric Boissonneault, avec Vincent Dessureault sur QUB Radio:

Comme plusieurs Québécois, la jeune femme s’est précipitée sur son ordinateur pour réserver ses billets d’avion dès l’annonce de l’assouplissement des mesures. Elle est fébrile de retrouver son conjoint parti chez sa famille en France depuis quelques mois. 

Car depuis le 5 juillet, la quarantaine à l’hôtel à leur retour au pays n’est plus obligatoire pour les voyageurs qui ont leurs deux doses de vaccin. Megan Yvorchuk est bien loin d’être la seule à avoir sauté sur l’occasion. 

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Photo Agence QMI, Andréanne Lemire

Vaccinés pour voyager 

« La raison pour laquelle on s’est fait vacciner, c’était pour voyager », soutient Lise Séguin, 57 ans, qui s’est planifié pas moins de trois voyages pour les six prochains mois. 

La retraitée et son conjoint se rendront en Italie en août pour visiter son frère, à Cuba en décembre pour reprendre un crédit voyage et en Jamaïque, en février, pour leur anniversaire de mariage.

Surexcitée au bout du fil, une mère de famille de Saint-Lazare ne semblait plus tenir en place à l’idée de prendre son envol samedi prochain. 

« Je voyage habituellement cinq ou six fois par année. C’est une priorité. J’ai déjà deux voyages qui sont réservés », lance Josée, 47 ans..  

Fébrilité dans le tapis

La fébrilité qui s’empare des passionnés de voyage a de quoi faire sourire Nathalie Guay, directrice générale de l’Association des tours opérateurs du Québec (ATOQ), c’est-à-dire des entreprises qui organisent des circuits et des forfaits vacanciers. 

« Les gens se réveillent, c’est excitant. Ils ont le goût de réaliser leur rêve, de remplir leur bucket list, de vraiment en profiter, dit-elle, amusée. Il y en a qui n’ont pas perdu leur emploi, donc ils ont le budget pour se payer un bon voyage. Même ceux qui ont travaillé à temps partiel ont le goût de partir. »

Si elle note beaucoup de réservations spontanées, de dernière minute, elle indique que de nombreux touristes réservent d’avance pour du plus « haut de gamme » cet hiver. 

Elle rappelle toutefois aux voyageurs de vérifier que leurs passeports sont encore valides avant de planifier des vacances, puisqu’une demande pour ce document peut nécessiter certains délais. 

– Avec Jérémy Bernier 

Un véritable casse-tête pour les touristes  

Tests de dépistage dans des délais précis, confinement pour les enfants, coûts supplémentaires : même sans quarantaine au retour, le casse-tête qui accompagne les voyages à l’étranger refroidit les ardeurs de plusieurs. 

« C’est hyper stressant. Je veux aller en vacances pour relaxer après l’année qu’on vient de passer, mais je vais être aussi stressée au retour. C’est de l’organisation, des frais et on a de la misère à trouver les informations », déplore Brigitte Cardinal, 44 ans. 

Cette année, la mère de famille de Sainte-Julie a loué une villa aux îles Turquoises pour une dizaine de jours en famille, afin d’éviter de se retrouver avec une foule de voyageurs à l’hôtel. 

Le problème, c’est qu’une fois les billets achetés, elle a appris que le gouvernement canadien n’accepte pas les tests réalisés là-bas. Et même après de nombreuses démarches pour savoir où se faire tester en bonne et due forme, elle flotte dans le néant. 

Compliqué 

« Il n’y a personne qui peut nous dire comment faire, soupire la maman. On suit les règles, on veut juste aller en vacances tranquilles. On nous disait que vaccin rimait avec liberté. Oui, mais c’est compliqué ! »

« L’an passé en pleine pandémie, plusieurs ont voyagé et ce n’était pas aussi compliqué », poursuit-elle.

Il faudra d’ailleurs que la famille s’assure de revenir au moins deux semaines avant le début des classes, pour que sa fille de 6 ans – qui n’a pas pu être vaccinée – réalise sa quarantaine de 14 jours à la maison. 

D’autres familles ont dû se résoudre à revoir leur plan. « On avait envisagé d’amener les enfants, mais sans les vaccins pour eux, ce n’est pas possible », explique Catherine Cardinal, une enseignante de Bedford. Elle partira plutôt « en amoureux » pour deux semaines au Mexique. 

« Ça fait un an et demi qu’on regarde des voyages en se disant “ah, un jour, ça s’en vient” », souligne-t-elle.

Gino Joseph, lui, n’a pas hésité une seconde en se « bookant » un vol avec sa conjointe dès le 5 juillet, direction la Floride. Il est revenu hier. « On a hâte de voyager comme avant, sans restriction. Le stress d’avoir un résultat positif était à son maximum vendredi, même si on a suivi toutes les mesures sanitaires. On craignait aussi de ne pas recevoir le résultat à temps », précise le quadragénaire. 

Pas un, pas deux... mais cinq voyages  

Charles Philippe Laurin est un amateur de voyages.
Photo courtoisie
Charles Philippe Laurin est un amateur de voyages.

Dès la seconde où il a appris qu’il pourrait voyager à nouveau sans trop de contraintes, Charles Philippe Laurin, 30 ans, s’est précipité vers son agenda, commençant déjà à planifier ses cinq destinations pour la prochaine année et demie. « Je peux passer des heures sur les sites internet à organiser des voyages. Ça en est presque maladif », dit-il en riant. Le trentenaire, qui travaille pour une ligne aérienne, vit de voyages et d’eau fraîche. « La vie est courte et le monde est grand », dit-il, déjà excité à l’idée de partir.

– Roxane Trudel

Insoutenable  

Stéphanie Gourgues aux côtés de ses fils Antoine, 12 ans (à droite) et Maxime, 10 ans (en haut).
Photo courtoisie
Stéphanie Gourgues aux côtés de ses fils Antoine, 12 ans (à droite) et Maxime, 10 ans (en haut).

Une Québécoise qui habite en France depuis 15 ans et qui souhaite revenir au pays pour être au chevet de sa mère malade serait obligée de passer deux semaines coûteuses à l’hôtel, en quarantaine, parce que son fils de 10 ans n’est pas vaccinable. « Ça met des familles dans des situations intenables. D’une semaine à l’autre, ma mère perd des capacités, déplore Stéphanie Gourgues. C’est un enfer pas possible. » Ses parents étant considérés comme des personnes à risque, l’isolement ne pourra pas se faire à leur domicile.

– Jérémy Bernier 

Grand-maman gâteau  

Geneviève Dessaux, 38 ans, son conjoint Jacob et leur trois enfants Jacob, Anaïs et Joshua lors de leur dernier voyage en famille en France, en 2018.
Photo courtoisie
Geneviève Dessaux, 38 ans, son conjoint Jacob et leur trois enfants Jacob, Anaïs et Joshua lors de leur dernier voyage en famille en France, en 2018.

Impatiente de revoir ses petits-enfants, une grand-maman qui réside en France s’est empressée d’inviter toute la famille dès la fin de la quarantaine obligatoire à l’hôtel, qu’elle jugeait trop chère. « Elle nous a donné deux semaines de préavis », plaisante sa bru, Geneviève Dessaux, 38 ans. 

– Roxane Trudel

À savoir avant de partir  

Avoir ses deux doses

Depuis le 5 juillet, toute personne qui a reçu deux doses de vaccin contre la COVID-19 peut partir à l’étranger et revenir sans devoir s’isoler au retour. Ceux qui n’ont reçu qu’une dose parce qu’ils ont contracté le virus devront s’isoler.

S’informer sur le pays visité

Comme la pandémie évolue différemment dans chaque pays, les règles et les restrictions peuvent changer aussi. Le pays que vous comptiez visiter pourrait décider de vous empêcher de quitter l’aéroport si vous ne répondez pas à certains critères.

Savoir où s’isoler au retour (si applicable) 

Pour les personnes qui décideront de voyager même sans avoir les deux doses, ou avec des enfants de moins de 12 ans pour qui un vaccin n’est pas encore disponible, il faudra s’isoler 14 jours dans un endroit sécuritaire. Cela peut être à domicile, mais il ne doit pas y avoir de personnes à risque ou de grands groupes qui y demeurent.

Vérifier vos assurances

Au fil de l’évolution de la pandémie, de plus en plus de compagnies d’assurances ou de voyage couvrent l’infection au coronavirus, à un certain degré. Il est important de vérifier si la vôtre en fait partie et quelles garanties elle vous offre.

Prendre connaissance des recommandations

Bien que la quarantaine au retour ait été levée pour les personnes entièrement vaccinées, le gouvernement du Canada recommande toujours d’éviter tout voyage non essentiel pour protéger sa population.

Sources : CAA-Québec et gouvernement du Canada

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