/sports/opinion/columnists
Navigation

Les compteurs sont à zéro

GEN - ENTRAINEMENT DU CANADIENS DE MONTRÉAL
Photo Martin Alarie Corey Perry est l’un des trois vétérans sollicités par Dominique Ducharme avant le cinquième match contre Toronto.

Coup d'oeil sur cet article

Jean-Charles Lajoie, dans le cadre de sa populaire émission JiC, sur TVA Sports, nous a fait découvrir un Dominique Ducharme en pleine liberté, tenant des propos qui révèlent la vraie personnalité de l’entraîneur.

JiC est un communicateur exceptionnel. Il est un ami de Ducharme, il est un ami de Marc Bergevin, mais, quand il embarque dans une entrevue avec les deux hommes, il fait la part des choses. Et il a toujours des questions pertinentes qu’il n’hésite pas à poser. Par conséquent, vendredi, il nous a permis de découvrir un Dominique Ducharme sous un autre angle. Un homme éloquent, un entraîneur qui a passé à travers plusieurs tempêtes dans un monde où ceux qui n’ont pas évolué dans la Ligue nationale ont du mal à percer, mais surtout un décideur capable de faire partager un plan avec des patineurs qu’il a fallu sortir d’une routine de plusieurs années.

Ce qu’on a réalisé, en écoutant ses propos, c’est l’assurance qu’il dégageait en expliquant sa vision de la façon de gérer, en parlant de la communication, de la confiance qu’il doit gagner alors qu’il compose avec des situations complexes. Il n’y avait aucune hésitation dans ses commentaires, ses réponses étaient franches.

LA FAMEUSE RÉUNION

Il a dévoilé notamment qu’il avait vécu une période de 24 heures stressante lorsqu’il combattait le virus. « Subitement, la fièvre a monté, je n’avais plus d’énergie, j’avais du mal à respirer. Les médecins du Canadien sont intervenus. »

Il a également précisé que des joueurs l’ont appelé pendant sa convalescence, une belle marque de respect lui rappelant qu’il avait la confiance de son groupe, une confiance mise à jour par Corey Perry lors du bilan de fin de saison.

Quand Jean-Charles lui a demandé de commenter jusqu’à quel point l’intervention du vétéran ailier, à l’approche du cinquième match contre les Maple Leafs de Toronto, avait eu un impact majeur sur ce qui allait se produire par la suite, il ajouta : « J’ai tenu une réunion avec Shea Weber, Eric Staal et Corey. On a discuté de notre situation, puis on s’est dirigés vers le vestiaire et je les ai invités à exprimer leur état d’âme. »

Il a reconnu qu’il était un entraîneur avec de nouvelles méthodes et qu’il avait l’intention de plonger dans le futur. « Il nous a fallu du temps pour appliquer le plan proposé... mais je savais que les joueurs l’avaient acheté. Le calendrier des matchs en raison de la COVID, les blessures, les événements qui ont perturbé notre saison ont fait en sorte qu’on n’avait pas eu le temps de le peaufiner comme nous l’aurions souhaité. Pendant les séries éliminatoires, tout a débloqué. »

ÇA CONTINUE

Ducharme a de nouveau précisé que ça ne s’arrêtait pas là. Il faut continuer. Mais son directeur général, Marc Bergevin, devra réaliser des coups fumants. On ne vit pas au rythme du plafond salarial, on vit au rythme du plafond salarial dicté par la pandémie.

Une énorme différence.

Samedi, le Canadien proposera sa liste de protection en vue de la séance de l’expansion. On devrait y retrouver Brendan Gallagher, Josh Anderson, Jesperi Kotkaniemi, Jake Evans, Tyler Toffoli, Shea Weber, Ben Chiarot, Jeff Petry, Carey Price.

Deux autres attaquants se joindront au groupe. À Marc Bergevin d’y voir. Il y a Jonathan Drouin. Il y a Artturi Lehkonen. Il y a Paul Byron. Il y a Joel Armia. Il y a Phillip Danault.

Nick Suzuki, Cole Caufield, Ryan Poehling, Alexander Romanov, en raison de leur statut, n’ont pas à être protégés. Que décidera Bergevin dans le cas de Drouin ? Il le protège, il tente de l’échanger ou encore il rachète son contrat. Ce qui représentera une économie de près de 4 M$. Le dossier Joel Edmundson : il peut effectuer une transaction avec le Kraken de Seattle et ainsi retenir les droits sur le défenseur.

Danault et Armia sont deux joueurs qui peuvent se prévaloir de leur statut de joueurs autonomes sans restriction. S’ils n’ont pas obtenu de contrat avant le 17 juillet, le Kraken ne pourra réclamer l’un des deux joueurs. Le risque : le CH pourrait perdre les services des deux joueurs par le marché des joueurs autonomes.

Quand Ducharme soutient que ça va continuer, il devra accomplir l’exploit dans le cadre d’un calendrier de 82 matchs à l’intérieur de la division atlantique, qui réunit entre autres Tampa Bay, Toronto, Floride, Boston, Ottawa, Buffalo, Detroit. Également, il aura à compétitionner, toujours en fonction d’une qualification aux séries éliminatoires, avec les équipes de la division métropolitaine. Mais l’entraîneur a passé la première étape. Les joueurs savent maintenant que le plan fonctionne. Sauf que Ducharme devra y apporter des ajustements avec des effectifs qui auront subi des changements importants... 

Conditions gagnantes  

À surveiller à l’approche de la séance de l’expansion et du marché des joueurs autonomes.

Les bons joueurs sont nombreux... mais ils exigent des salaires très élevés. 

Gabriel Landeskog (6,5 M$ l’an dernier) est un joueur attrayant. Autant pour Joe Sakic, son patron actuel, que pour les autres formations de la ligue. Il faudra penser à lui offrir un contrat d’entre 7 et 8 millions $.

Vladimir Tarasenko possède un contrat qui lui permettra de toucher 7,5 M$ par saison lors des deux prochaines années. Evgeny Kuznetsov est assuré d’un salaire de 7,850 M$ pour les quatre prochaines saisons. Johnny Gaudreau a une entente de 6,750 M$ pour l’an prochain.  

Dans le cas de Marc Bergevin, quand un gardien touche 10,5 M$, la tâche devient plus complexe. Jusqu’ici, lors des trois premières saisons de son entente de 84 M$, Price a disputé 32 matchs éliminatoires. Un investissement intéressant... mais n’oublions pas qu’en saison régulière, ça n’a pas été reluisant... et que ce furent des saisons écourtées.

Mais, le DG doit penser aux prochaines années. Cette saison, il n’aura pas à s’inquiéter. Il peut encore réaliser des coups fumants. Cependant, l’an prochain, Nick Suzuki se pointera dans le bureau, « Coucou, c’est moi... » Toutefois, il est à se demander si Marc Bergevin occupera encore ce bureau...