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Z comme Zemmour

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Si l’on en croit le magazine Paris Match, le polémiste Éric Zemmour (que plusieurs Québécois ont découvert en écoutant l’émission de Laurent Ruquier On n’est pas couché sur TV5) se présentera comme candidat aux prochaines élections présidentielles françaises, à la barre d’un parti appelé Vox Populi (La voix du peuple). 

Si c’est vrai, ça va brasser chez nos cousins !

Car sur certains points sensibles (l’immigration et l’Islam, par exemple), Zemmour fait passer Marine Le Pen pour Manon Massé.

  • Écoutez la chronique de Richard Martineau au micro de Danny St Pierre sur QUB radio:

Z COMME ZORRO

Chroniqueur, pamphlétaire et historien amateur abonné aux thèses controversées (il affirme, par exemple, que le régime collaborationniste de Vichy, loin de participer aux basses œuvres des nazis, a sauvé des milliers de Juifs français des camps de la mort), Zemmour, qui se promène maintenant sous protection policière après avoir reçu de nombreuses menaces sérieuses, est une figure hyper clivante.

Pour les uns, il est une sorte de Zorro, qui protège la patrie des hordes d’immigrants africains et maghrébins qui, depuis trop longtemps, prendraient la France d’assaut. Alors que pour les autres, il est un dangereux populiste, nostalgique de la France cocorico.

Il faut dire qu’au cours des derniers mois, Zemmour, qui a toujours campé fièrement à droite, s’est radicalisé.

Alors qu’avant, l’ex-collaborateur de Ruquier posait des questions tout à fait légitimes et pertinentes sur les conséquences de l’immigration massive (la France accueille-t-elle trop d’immigrants par rapport à sa capacité d’intégration ?), il appuie maintenant la thèse sulfureuse du Grand Remplacement, selon laquelle les musulmans d’Afrique du Nord, avec l’aide des « idiots utiles » de la gauche, seraient en train de « tasser » les Français de souche pour prendre littéralement leur place. 

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LA GOUTTE DE TROP

Il y a quelques mois, dans un discours qu’il a prononcé lors d’un événement destiné à « regrouper les forces de la droite », Zemmour a laissé entendre que l’islamisme était le nazisme d’aujourd’hui, que la France était occupée comme dans les années 40 par une armée étrangère et qu’on assistait à « l’extermination » – rien de moins – de l’homme blanc catholique. 

Inutile de vous dire que sa sortie a été vivement dénoncée, même par son ex-camarade d’On n’est pas couché, Éric Naulleau, qui a qualifié ses propos d’indignes.

« Je vais m’exprimer en tant que contradicteur et en tant qu’ami, a déclaré Naulleau. J’ai été consterné de te voir prendre place dans un aréopage très douteux. Ce n’était pas de ton niveau. 

« Pour moi, tu as franchi toutes les limites, notamment avec la comparaison entre le nazisme et l’islam. C’est une insulte contre tous les musulmans de France, et contre tous ceux qui ont subi le nazisme. On ne peut pas comparer une religion avec les excès d’une religion. » 

AFFICHES DÉCHIRÉES

Lundi, lorsque je suis arrivé à Paris, j’ai vu de nombreuses affiches brandissant le slogan « Zemmour Président ».

La plupart de ces affiches étaient déchirées. Ou l’on avait ajouté la fameuse moustache carrée sous le nez de Zemmour. 

J’imagine que si le polémiste répond à l’appel de ses fans en se présentant effectivement à la présidence, ce n’est pas seulement des affiches déchirées qu’on va voir dans certains quartiers de Paris. 

Pour reprendre le titre d’un vieux film d’Eddie Constantine : « Ça va barder ! »