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Des déchets sous les fenêtres du lieutenant-gouverneur

Les matières résiduelles du parlement triées près des bureaux de J. Michel Doyon

L’édifice André-Laurendeau
Photo Alexandre Robillard L’édifice André-Laurendeau, derrière l’hôtel du Parlement, accueille au rez-de-chaussée le cabinet du lieutenant-gouverneur J. Michel Doyon. Un projet prévoit l’installation, d’ici 2025, de conteneurs semi-enfouis sur ce terrain.

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L’Assemblée nationale installera un site de gestion pour ses déchets sur un terrain situé sous les fenêtres du cabinet du lieutenant-gouverneur J. Michel Doyon.

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L’institution a pris cette décision pour améliorer « les processus de triage et de manutention » de ses matières résiduelles, indique un appel d’offres publié début juin.

Selon le document, le projet « prévoit l’implantation de conteneurs semi-enfouis dans l’espace vert adjacent à la façade sud de l’édifice André-Laurendeau ».

Le cabinet du lieutenant-gouverneur du Québec occupe la moitié du rez-de-chaussée de cet édifice. Les fenêtres du bureau occupé par M. Doyon donnent directement sur la pelouse où les déchets transiteraient.

M. Doyon ignorait l’existence de ce projet, qui doit se concrétiser d’ici 2025, quand notre Bureau d’enquête a voulu connaître sa réaction.

« Il ne peut certes avoir approuvé un projet pour lequel il n’a aucune connaissance », a déclaré Jean-François Provençal, son directeur de cabinet.

L’Assemblée nationale, qui est propriétaire de l’édifice où se trouvent notamment les bureaux de M. Doyon, derrière l’hôtel du Parlement, a toutefois soutenu le contraire.

« Le cabinet du lieutenant-gouverneur a été consulté et il collabore avec l’Assemblée dans ce projet », a déclaré la porte-parole Maryse Savard.

Pas assez d’informations

M. Provençal a ensuite précisé qu’il a été informé, en juin, du projet, par l’Assemblée nationale, mais jugeait les informations insuffisantes pour en aviser M. Doyon.

« Je n’avais rien à montrer et j’attendais d’avoir un document papier. Document que je n’ai pas », a expliqué le directeur de cabinet. Cette centralisation de la gestion des matières résiduelles s’inscrit dans un plus vaste projet d’infrastructure qui prévoit notamment un agrandissement dans la cour intérieure de l’Assemblée nationale, où sera aménagée une terrasse d’une centaine de places.

Actuellement, la collecte des déchets, des matières recyclables et des matières compostables se fait à trois endroits différents, dont la cour intérieure.

Près de 10 M$

L’Assemblée nationale n’a pas précisé le coût de l’ensemble des travaux pour l’agrandissement et pour son nouveau centre de tri des matières résiduelles. L’appel d’offres mentionne toutefois le montant de 9,5 millions $ pour des coûts de construction. En plus des conteneurs semi-enfouis, un édicule, équipé d’un monte-charge relié au sous-sol de l’édifice André-Laurendeau, sera aussi construit sur le terrain adjacent au cabinet de M. Doyon. « Le centre de tri sera localisé dans des locaux au sous-sol de l’édifice André-Laurendeau », a déclaré Mme Savard, en précisant que des modifications du projet sont toujours possibles.

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