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Des monarques ou des masques?

Des monarques ou des masques?
Joël Lemay / Agence QMI

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En mai 2021, le gouvernement fédéral a octroyé un financement de 29 millions de dollars à la compagnie montréalaise Medicom. Cette somme doit permettre la construction d’une nouvelle usine de matériel médical, dont du tissu chirurgical, dans la grande région de Montréal.  

Cette initiative du gouvernement fédéral est tout à fait essentielle afin de permettre au Canada de réagir efficacement à une nouvelle pandémie. Cependant, l’emplacement retenu par Medicom afin de bâtir cette usine flambant neuve est douteux. 

En effet, les promoteurs ont jeté leur dévolu sur un terrain sous la propriété de l’Aéroport de Montréal, locataire de terres appartenant à Ottawa. Cet espace est situé à Dorval dans un espace vert, le Champ des Monarques, qui est essentiel pour plusieurs espèces animales. Alors, la question se pose, quelles sont les raisons pour lesquelles construire à cet emplacement ? 

Espèces et milieu vert menacés

Le Champ des Monarques fait partie prenante des milieux naturels qui totalisent 215 hectares au nord de l’Aéroport Pierre-Eliott-Trudeau. Le «deuxième poumon vert de Montréal» risque de perdre son titre si cette construction a lieu. Nous ne pouvons permettre la fragmentation de ce milieu vert. L’Agence européenne de l’environnement décrit la fragmentation de milieux naturels comme un découpage ayant des impacts cumulatifs sur l’environnement et perturbant la dynamique de plusieurs populations animales. Le Technoparc de Saint-Laurent, un pôle industriel avoisinant le Champ des Monarques, s’est vidé à cause de la pandémie. Medicom, en collaboration avec les conseillers du Service de développement économique de Saint-Laurent, pourrait très bien venir s’installer dans une bâtisse vide de cet arrondissement plutôt que de détruire un espace vert. 

Ces milieux naturels sont florissants de faune et de flore, ce que Medicom ne semble pas remarquer. De fait, les études environnementales qu’elle a commandées affirment que : «Aucun milieu humide, cours d'eau, espèces ou habitats sensibles ou zone protégée n'est présent sur le site.» Or, il suffit d’un coup d’œil sur une carte pour observer le contraire. 

Consultation 

Le gouvernement fédéral peut sauver la donne en interdisant à Medicom de construire sur ces terres publiques. L’Aéroport de Montréal dirige présentement une consultation publique afin de déterminer si la construction de cette usine pourrait avoir des effets négatifs sur l’environnement. Sachant qu’on y recense plus de 3000 plants d’asclépiades, une population florissante de monarques, une espèce en voie de disparition selon le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada, plusieurs espèces de chauves-souris et que ce terrain est essentiel pour la prospérité des 205 espèces d’oiseaux des milieux naturels avoisinants, je ne crois pas trop me tromper en affirmant que ce projet est néfaste pour l’environnement. Medicom doit trouver un nouvel emplacement pour son usine. 

Nous devons informer nos représentants fédéraux de notre désaccord envers ce projet. En somme, ce sont nos taxes et nos impôts qui sont en voie de détruire cet habitat essentiel pour la prospérité de la faune et de la flore québécoises jusqu’aux générations futures. Tout ça pour ne créer que 21 emplois. 

Vous souhaitez contrer ce projet ? Vous pouvez écrire à vos élus fédéraux, provinciaux, et municipaux. Pour plus d'informations sur les enjeux, consultez : www.technoparcoiseaux.org ou https://www.facebook.com/groups/TechnoparcOiseaux/permalink/1442928032730192 

Des monarques ou des masques?
TOMA ICZKOVITS / QMI

Julien Bourdeau, 17 ans, étudiant au Cégep de Saint-Laurent

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