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Tire le coyote au FEQ: poésie country-folk de haut niveau

Tire le coyote donne un des plus beaux concerts du Festival d’été 2021

Principaux artisans d’un concert country-folk de haut niveau, Tire le coyote et son complice Shampooing ont ravi la foule rassemblée au Manège militaire, jeudi soir.
Photo courtoisie, Stéphane Bourgeois Principaux artisans d’un concert country-folk de haut niveau, Tire le coyote et son complice Shampooing ont ravi la foule rassemblée au Manège militaire, jeudi soir.

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Au jour 8 de ce Festival d’été en modèle réduit, Tire le coyote nous a fait réaliser que ce n’est pas nécessaire de réunir 50 000 personnes sur les plaines d’Abraham pour vivre des moments magiques.

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Dans un Manège militaire conquis, le poète du coin, de Limoilou pour être plus précis, a donné ce qui était possiblement le plus beau concert d’une édition du FEQ qui n’a pourtant pas manqué de propositions artistiques de qualité.

Sans album à défendre, hormis son EP surprise du printemps, Le temps des autres, le Coyote et sa solide équipe de cinq musiciens, menée par son fidèle complice Benoit « Shampooing » Villeneuve, se sont concentrés à emballer dans de superbes écrins folk, country ou rock une quinzaine de perles de son répertoire.

Principaux artisans d’un concert country-folk de haut niveau, Tire le coyote et son complice Shampooing ont ravi la foule rassemblée au Manège militaire, jeudi soir.
Photo courtoisie, Stéphane Bourgeois

Le tout dans une ambiance conviviale où tout le monde était ravi de se retrouver. « Très heureux d’être sur une scène devant des humains. Les shows virtuels, ça fera », a échappé Benoit Pinette, dit Tire le coyote, au moment de mettre la machine en marche.

Éloge de la lenteur

Pour compléter ce fabuleux voyage sur les poussiéreuses routes musicales du Sud américain, l’artiste à la voix haut perchée a utilisé toutes les quatre-vingt-dix minutes qui lui étaient allouées, coupant parfois un titre prévu pour mieux prendre le temps de s’attarder sur une autre chanson, dans une forme d’éloge de la lenteur.

« Émile Bilodeau attendra », a même blagué Tire le coyote.

Principaux artisans d’un concert country-folk de haut niveau, Tire le coyote et son complice Shampooing ont ravi la foule rassemblée au Manège militaire, jeudi soir.
Photo courtoisie, Stéphane Bourgeois

Plus haut, nous parlions de moments magiques. On pensait à cette version électrique de Confettis, étirée à son maximum par un solo de guitare inspiré de Shampooing, aussitôt contrebalancé par une finale mélancolique où seules les délicates notes d’harmonica de Tire le coyote perçaient le silence qui régnait dans le Manège militaire.

Du grand art !

Ou encore à Jeu vidéo, sa superbe relecture – ou plutôt appropriation tant elle lui colle à la peau – de Video Games, de Lana Del Rey, pendant laquelle on aurait pu entendre une mouche voler. Aussi sensible et réussie était sa reprise piano-voix de Pour l’amour qu’il nous reste, de Francine Raymond.

Principaux artisans d’un concert country-folk de haut niveau, Tire le coyote et son complice Shampooing ont ravi la foule rassemblée au Manège militaire, jeudi soir.
Photo courtoisie, Stéphane Bourgeois

Tout cela sans faire de l’ombre à une poésie profondément québécoise, parmi les mieux fignolées et les plus touchantes de la chanson d’ici du moment.

À voir et à revoir !

Principaux artisans d’un concert country-folk de haut niveau, Tire le coyote et son complice Shampooing ont ravi la foule rassemblée au Manège militaire, jeudi soir.
Journal de Québec

Dynamo Bilodeau

« Merci d’écouter mes textes remplis de poésie », s’est exclamé Émile Bilodeau, après une dynamique entrée en scène au son de Moona, en fin de soirée.

Au spleen de Tire le coyote, l’exubérante jeune vedette a opposé sa fougue juvénile et ses mélodies faciles à adopter pour le compte d’un public gagné à sa cause.

Bilodeau ne connaît qu’une façon de jouer de la musique : le pied constamment au plancher. Même quand ses musiciens ont quitté temporairement la scène pour le laisser seul, avec son ukulélé, il n’a pas baissé le tempo, ou si peu, amusant ses fans de son humour et ses maladresses. 

Entre deux chansons ou entre deux accords, une niaiserie n’attendait pas l’autre. « Ok, je donne un pic à celui ou celle qui m’imite une girafe en train d’accoucher », a-t-il décrété en chantant Je suis un fou

Indépendantiste convaincu, amoureux de la langue française, Émile Bilodeau est un des rares artistes de son âge à afficher ses convictions en musique. « Jamais nous ne nous mettrons à genoux », a-t-il clamé dans Candy, une des nombreuses allusions à ses convictions politiques du spectacle. 

La pandémie était aussi dans ses pensées quand il a coiffé son incontournable J’en ai plein mon cass du titre de « chanson officielle des deux dernières années ». 

Comment le contredire? 


Jonathan Roy et Marie-Mai seront les vedettes du jour 9 du Festival d’été, vendredi soir, toujours au Manège militaire.

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