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Un prédateur sexuel condamné à 15 ans

Le multirécidiviste sera déclaré délinquant dangereux

Martin Lussier
Photo d’archives Martin Lussier, lors d’une comparution pour viol, à Laval, en 2004.

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Un prédateur sexuel multirécidiviste qui avait tenté d’agresser une jeune femme dans un boisé avant d’être chassé par son chien méritait une peine sévère, selon une juge qui l’a condamné à 15 ans de détention.

« Il s’agit d’une peine sévère, et c’est ce que ça méritait : une peine sévère », a martelé la juge Nathalie Duchesneau en entérinant la suggestion commune de 15 ans de prison, depuis le palais de justice de Montréal.

Martin Lussier avait déjà été condamné à 11 ans de prison pour le viol d’une jeune femme de 19 ans dans un dépanneur et celui d’une adolescente de 17 ans dans les toilettes d’un restaurant.

Après cinq ans de bonne conduite depuis la fin de sa peine, l’homme de 45 ans a récidivé en tentant de s’en prendre à une joggeuse, en avril 2020. 

Heureusement, en entendant les cris à l’aide de sa maîtresse, le chien de la victime s’est mis à aboyer, faisant fuir le prédateur. 

Bonne conduite mais gros risques

Le procureur de la Couronne, qui avait initialement réclamé une peine à durée indéterminée, s’est ravisé en notant la bonne conduite de l’accusé dans les dernières années. 

« Avant d’envoyer M. Lussier en prison et de jeter la clé, force est de constater qu’il y a eu une amélioration [...] Il était sur la bonne voie, ou du moins, sur une voie vers quelque chose de plus positif. On souhaite que les gens se réhabilitent », a rappelé Me Jérôme Laflamme. 

« Avec toutes les ordonnances qu’on demande, on peut mitiger certains risques et lui permettre d’avoir une vie en dehors du système carcéral une fois qu’il aura complété sa sentence », a ajouté l’avocat de la défense, Me Michael Morena. 

Malgré tout, la Couronne est d’avis que ça prenait une sentence sévère, à la hauteur du crime.

Les procureurs se sont entendus sur une peine de 15 ans de prison, assortie d’une surveillance de 10 ans. Le prédateur sexuel sera aussi déclaré délinquant dangereux à vie. 

« On parle d’un individu qui, lorsqu’il consomme, perd ses inhibitions et agresse sexuellement des femmes. Il y a un risque de récidive significativement plus élevé que la moyenne. Présent, élevé et inquiétant », énumère-t-il. 

En bégayant, Martin Lussier s’est exprimé au tribunal pour faire part de ses regrets.

« Je suis prêt à faire n’importe quoi pour changer », a-t-il soufflé.

À ce jour, la victime témoigne qu’elle craint toujours de prendre des marches à la nuit tombée alors que c’était pour elle « une habitude bien ancrée ».

Elle se réveille au moindre son, craignant une nouvelle agression.