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Des cadeaux pour faire son devoir de citoyen

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Donc, le gouvernement Legault va de l’avant avec sa loto-vaccin.

Que voulez-vous, on n’a pas le choix, ça ne sert à rien de pleurer sur le « bon vieux temps » où les gens n’avaient pas un nombril hypertrophié, il faut vivre avec son époque.

En 2021, il semble que ça n’est pas suffisant de faire son devoir de citoyen. Il faut être récompensé pour le faire !

Comme un enfant de 10 ans qui monnaie sa participation aux différentes tâches ménagères de la famille.

« Papa et maman, si je vous aide à mettre la table ou à vider le lave-vaisselle, combien allez-vous me donner d’argent de poche ? »

LOTO-RESTO

Le Québec traverse actuellement une grave pénurie de main-d’œuvre dans certains secteurs-clés. 

Ce n’est plus suffisant d’être payé pour travailler. Ça prend un incitatif supplémentaire.

Pourquoi ne pas organiser une loterie pour récompenser ceux qui travaillent dans l’hôtellerie ou la restauration ?

« Vous êtes serveur, chef cuisinier ou femme de chambre ? Inscrivez-vous à Loto-Tourisme, une fois par semaine, nous allons faire tirer 150 000 $ ! »

Cela dit... si on donne des primes aux médecins pour qu’ils enfilent une jaquette, des primes de productivité à des cadres qui sont déjà surpayés et de généreux bonis à des directeurs de sociétés d’État en position de monopole, pourquoi on n’offrirait pas ce genre de petits suppléments ?

Sophie et Richard ne sont pas bons aux fourneaux, mais ils savent cuisiner leurs invités! Invitez-vous à la table de Devine qui vient souper? une série balado originale.

Après tout, c’est le slogan de l’époque : « What’s in it for me ? Qu’est-ce que j’ai à gagner ? Qu’allez-vous faire pour moi si je mets l’épaule à la roue et fais ma part ? »

MOI, MOI ET MOI

Prenez les fameuses « rencontres citoyennes » où des politiciens en bras de chemise répondent en direct aux questions de Monsieur et Madame Tout-le-monde. 

Quel genre de questions pose-t-on dans ces rencontres ?

« Monsieur le premier ministre, que comptez-vous faire pour améliorer le sort des plus démunis ? »

Non. Jamais.

Plutôt : « Monsieur le premier ministre, je m’appelle Jean Latrimouille et je travaille comme concierge dans une entreprise d’embouteillage de boissons gazeuses citron-lime. Au cours de votre prochain mandat, que comptez-vous faire pour aider financièrement ce secteur-clé de l’industrie alimentaire, afin que les gens qui y travaillent puissent bénéficier de meilleures conditions ? »

Chaque citoyen pense à SON sort, SES besoins, SES problèmes. 

« Comment grosse sera MA part de gâteau ? »

On ne demande plus aux politiciens de régler les problèmes qui affectent la société au grand complet, mais de faire de la micro-gestion. 

D’arracher les mauvaises herbes dans chaque cour du Québec. 

LE FESTIVAL DES PLAINTES

C’est ainsi qu’au lendemain de chaque dépôt de budget, on a droit au traditionnel Festival des plaintes.

Chaque syndicat, chaque association et chaque corporation professionnelle trouve que le gouvernement n’en fait pas assez pour ses membres.

« Qu’est-ce qu’il y a dans ce budget fédéral pour les nettoyeurs à sec de l’ouest de l’Ontario ? RIEN ! Il n’y a strictement rien pour nous là-dedans ! »

Chaque groupe prend son numéro et fait la file comme chez le boucher afin d’y aller de ses demandes et de ses récriminations. 

C’est l’époque, les amis !

Alors, un gratteux pour augmenter le nombre de vaccinés...

Bof, pourquoi pas ?