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Ado noyé dans une piscine fermée

Le jeune de 13 ans aurait escaladé la clôture de la piscine Maisonneuve pour s’y baigner

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Le décès d’un adolescent de 13 ans dans une piscine publique fermée pour la nuit à Montréal a secoué le voisinage, samedi, rappelant une fois de plus l’importance de ne pas se baigner dans les endroits interdits. 

Photo Agence QMI, Pascal Girard

« J’ai des frissons, il faut que j’aille m’asseoir », souffle Lucie Tissot, 75 ans, se sentant défaillir en apprenant la nouvelle. 

Comme plusieurs de ceux qui fréquentent la piscine municipale Maisonneuve, située dans le quartier du même nom à Montréal, elle était sous le choc en apprenant qu’un adolescent de 13 ans venait d’y perdre la vie. 

Il a été retrouvé inanimé dans l’eau vers 4 h du matin samedi, moment de la journée où le point d’eau est fermé au public. 

Selon toute vraisemblance, il aurait escaladé la clôture pour se baigner, mais les circonstances exactes entourant sa noyade restent à déterminer. 

Photo Agence QMI, Pascal Girard

« Les filles, c’est important, on ne doit pas faire quelque chose comme ça », s’est empressée d’ajouter Mme Tissot à ses deux petites filles âgées de moins de 10 ans, avec lesquelles elle devait passer l’après-midi à la piscine.  

Responsabiliser 

Pas surpris d’apprendre que des jeunes s’aventurent la nuit pour profiter de l’eau, Sébastien Quenet, 42 ans, s’est servi du drame pour sensibiliser son fils. 

« En tant que société, on passe notre temps à essayer de tout protéger, mais il faut responsabiliser les gens. J’essaye de lui apprendre la sécurité, au lieu de dire “t’as pas le droit” », indique le papa. 

La Société de sauvetage a jugé important de rappeler les consignes de sécurité.

Raynald Hawkins.
Société de 
sauvetage
Photo Roxane Trudel
Raynald Hawkins. Société de sauvetage

« Peu importe où on se baigne, il ne faut jamais être seul, martèle Raynald Hawkins, directeur général de la Société de sauvetage. Car même si vous savez nager, on n’est pas à l’abri d’un accident, et il faut quelqu’un pour appeler les secours. »

Et s’il y avait des témoins, la peur de représailles ne doit jamais empêcher d’appeler.  

« Il vaut toujours mieux appeler. Les premières minutes sont vraiment importantes. À chaque minute sans manœuvre de réanimation, on réduit de 10 % le potentiel de rétablissement sans séquelles, rappelle-t-il. » 

Photo Agence QMI, Pascal Girard

L’an dernier, sur les 95 décès recensés par la Société, la moitié des victimes étaient seules au moment du drame.  

La Ville de Montréal affirme qu’il n’y avait aucune défaillance sur les lieux de l’accident, puisque les accès étaient fermés et verrouillés selon le protocole habituel de sécurité, a rapporté TVA Nouvelles. De toute façon, des barbelés, des mailles plus petites ou une clôture plus haute n’auraient probablement rien changé, se désole Raynald Hawkins. « Je pense que la prévention passe par l’éducation. Dans le passé, même s’il y avait des barbelés, ça n’avait pas empêché des adolescents de grimper, précise-t-il. Il faut sensibiliser les gens. » Le dossier est actuellement entre les mains du coroner.  

Des noyades similaires 

En 2018, à Ahuntsic-Cartierville, le jeune Mohamed Ndimurwanko a été trouvé inconscient dans une piscine moins de 15 minutes après avoir été vu par des coéquipiers. Selon le rapport du coroner, les mailles de la clôture n’étaient pas réglementaires. Elles ont été corrigées depuis.  

En 2013, une fête a mal tourné lorsqu’un jeune homme de 23 ans s’est noyé dans une piscine publique de Rivière-des-Prairies. La piscine était conforme à la loi. 

En 2012, à LaSalle, c’est un adolescent de 15 ans qui aurait perdu la vie après avoir grimpé à la clôture pour récupérer un ballon. Le jeune homme ne savait pas nager, selon les médias de l’époque.