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Une histoire du ministère québécois de la Culture

WE 0717 Lanctot
Photo courtoisie Une histoire du ministère de la Culture (1961-2021)
Claude Trudel
Éditions du Boréal

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On est dans les années cinquante et Pauline veut aller s’initier au théâtre en France en participant à des ateliers où l’on enseigne Berthold Brecht. Pauline a besoin d’une bourse pour pouvoir réaliser son rêve. Elle n’a pas un sou mais du front tout le tour de la tête. Elle réussit donc, par je ne sais quel tour de passe-passe, à pénétrer dans le bureau de Maurice Duplessis, le premier ministre du Québec, et à le convaincre de lui accorder cette bourse d’études. Duplessis n’avait aucune idée de qui était Berthold Brecht...

Claude Trudel, qui raconte l’histoire du ministère de la Culture, a œuvré dans le domaine culturel pendant une cinquantaine d’années, à divers titres. Il a donc connu, de près ou de loin, ceux et celles qui ont façonné ce ministère souvent négligé par des premiers ministres peu portés sur la chose culturelle. Mais il faut d’abord rendre grâce à Georges-Émile Lapalme. Élu dans l’« équipe du tonnerre », il fut celui qui sut imposer sa voix pour créer ce ministère en 1961, en pleine Révolution tranquille, introduisant ainsi le Québec dans la modernité.

Il est vrai que le Québec revenait de loin, comme il est vrai qu’aujourd’hui, en 2021, force est de constater que nous nous sommes dotés d’outils, d’institutions et de politiques dont nous pouvons être fiers : Délégation générale du Québec à Paris avec ses propres services culturels et avec statut diplomatique, Bibliothèque nationale et dépôt légal, Place des Arts et Musée d’art contemporain à Montréal et Grand Théâtre à Québec, Commission des monuments historiques, Office de la langue française, premières lois en matière d’édition, de librairie et de biens culturels, Livre blanc de Camille Laurin, consolidation des institutions muséales et théâtrales, Télé-Québec, Grande-Bibliothèque, etc.

De grands noms

« Vingt-sept Québécoises et Québécois se sont succédé à la tête du ministère des Affaires culturelles (devenu le ministère de la Culture en 1992, puis le ministère de la Culture et des Communications en 1994). » Au cours de toutes ces années, certains noms se démarquent (sans partisanerie) : Jean-Paul L’Allier et son Livre vert sur l’évolution de la politique culturelle, « un des trois ou quatre documents phares de l’histoire du ministère des Affaires culturelles », selon Trudel, Denis Vaugeois qui a structuré « la chaîne du livre » et les rapports entre éditeurs, distributeurs, libraires et bibliothèques publiques (loi 51), Clément Richard, « l’homme des musées », Lise Bacon et le statut de l’artiste, Liza Frulla, qui a modernisé le fonctionnement du ministère de la Culture grâce à sa Commission de la culture et avec la création du Conseil des arts et des lettres du Québec (CALQ) et la Société de développement des entreprises culturelles (SODEC), Louise Beaudoin et son document Remettre l’art au monde, qui tente de rapprocher les arts du public, Line Beauchamp dont j’ai pu apprécier l’excellent travail à la Foire internationale du livre de Guadalajara, au Mexique, où le Québec était le pays invité. Sans oublier, bien évidemment, Georges-Émile Lapalme, visionnaire, homme d’une grande érudition et ami d’André Malraux. Le ministre démissionnera en septembre 1964, déçu de la politique partisane et du trop peu de place accordée à la culture.

Quant à l’actuelle ministre de la Culture et des Communications, Nathalie Roy, élue sous la bannière de la CAQ, elle est la première en cinquante ans à assumer cette fonction sans être membre d’un des deux grands partis, le PLQ et le PQ, souligne Trudel. Malheureusement, la pandémie de la covid-19 est venue modifier son plan d’action. Le meilleur est à venir.

Et de conclure Trudel : « De Georges-Émile Lapalme à Nathalie Roy, le ministère de la Culture et des Communications sera passé des “bébelles” de son titulaire à celui de quasi-harmonisateur gouvernemental en matière de culture. »

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