/opinion/faitesladifference
Navigation

Pour une relance économique bleue

Coup d'oeil sur cet article

Avec la relance économique post-pandémique se trouvant déjà à nos portes, le Québec ne pourrait pas être mieux placé pour se réinventer économiquement. Bien que nous, Québécois et Québécoises préoccupés par la prospérité future de notre nation, saluons l’équipe de la CAQ pour les « 125 milliards » de dollars d’investissements promis lors de leur récent budget 2021 (Bossé, 2021), nous croyons qu’il y a une avenue que le gouvernement n’a pas encore assez explorée: la mise en valeur des entreprises québécoises.  

En effet, en tant que citoyens et citoyennes ayant à cœur nos commerces et nos entreprises d’ici, nous demandons au gouvernement Legault que cette relance post-pandémique soit une relance post-pandémique à la hauteur du Québec. Nous demandons une relance post-pandémique bleue. 

Achat local

Tout d’abord, nous voulons que la première bataille se déroule dans nos paniers à nous, les consommateurs québécois. Durant l’été 2020, nous avons pris conscience de la gravité de la situation lorsque les chiffres annonçaient qu’environ « 17 993 PME » allaient fermer leurs portes de manière imminente (Poirier, 2020). Ces chiffres datant de la fin du premier confinement, pensez-vous réellement que ceux-ci se sont améliorés durant le troisième confinement? Nous demandons donc au gouvernement de la CAQ de se doter d’une plateforme d’achat local en ligne qui inciterait et faciliterait l’achat local et où tous les commerces québécois le désirant seraient inscrits. Cette demande est loin d’être inatteignable. Nous l’avons tous vu et nous l’avons tous pensé: la plateforme du « Panier bleu » fut un échec retentissant justement parce qu’elle n’offrait pas la possibilité d’acheter les produits directement sur la plateforme. Notre demande est donc mesurée: permettez-nous d’acheter, grâce au « Panier bleu », nos produits québécois en ligne. Nous voulons un Amazon québécois! 

Ensuite, en achetant local, notre gouvernement se distancerait des pratiques polémiques de grands exportateurs étrangers. En effet, plusieurs multinationales étrangères n’hésitent pas à massacrer l’environnement tout en brimant les droits de leurs travailleurs à coup de conditions de travail atroces. Notamment, les articles provenant de pays où la main-d’œuvre est de bon marché sont bien souvent reliés à l’exploitation d’enfants, ce qui est éthiquement, et dans notre cas, légalement inacceptable. 

Pourquoi notre gouvernement imposerait-il des normes sur le travail pour ensuite aller s’approvisionner dans des pays où ces dites normes sont bafouées? En achetant local, le gouvernement s’assurerait d’un cycle de production fiable qui respecte nos normes du travail québécoises. Elles qui, selon la FTQ, « sont là pour nous assurer que tous les travailleurs d’ici sont bien traités, de la fabrication de la matière première jusqu’à la confection en passant par la conception » (Fonds de solidarité FTQ, s. d.). 

Nous pouvons aussi souligner que « les artisans québécois ont tendance à utiliser des intrants de bonne qualité dans leur production » et que donc, la production locale tient à surpasser la qualité et la durabilité des produits étrangers (Fonds de solidarité FTQ, s. d.). Somme toute, en achetant local, nous aurions la certitude que les produits offerts par notre gouvernement respectent l’éthique du travail tout en conservant une excellente qualité matérielle. Nous voulons un Québec éthique et fiable! 

L’indépendance

Finalement, en s’approvisionnant avec des biens d’ici, le Québec pourrait enfin devenir indépendant quant à son niveau de production tout en prospérant économiquement. Cette indépendance permettrait au Québec de briser les chaines de la mondialisation qui, comme la pandémie l’a démontré, rendent le Québec cruellement dépendant au reste du monde. 

Nous demandons donc que le gouvernement de la CAQ impose au Centre d’acquisitions gouvernementales (CAG), qui a pour mission « de fournir aux organismes publics les biens et les services dont ils ont besoin », le devoir de se procurer ces « biens » et « services » auprès de commerces et entreprises québécoises (Demers, 2021). Curieusement, il semble que Monsieur Jacques Demers, président de la Fédération québécoise des municipalités, ait déjà adressé cette demande au gouvernement. En effet, ce dernier déplore depuis des mois que « les commerces locaux perdent un volume d’affaires significatif et sont parfois écartés des contrats gouvernementaux. Les appels d’offres lancés par le CAG redirigent les achats vers les grands joueurs et des commerces situés à l’extérieur des régions » (Demers, 2021). 

Nous joignons donc notre voix à celle de Monsieur Jacques Demers afin que le CAG s’approvisionne, tout au long de ses mandats, uniquement auprès des entreprises québécoises. Sans aucun doute, le Québec deviendra autosuffisant lorsque notre gouvernement réalisera enfin que celui-ci possède déjà toutes les ressources, et même plus, afin de le devenir. D’ailleurs, financer les entreprises d’ici ne sera pas assez. Comme l’affirme Jacques Demers: « la façon la plus efficace pour le gouvernement s’il veut véritablement soutenir les entreprises, c’est d’être lui-même l’acheteur de biens et de services que l’on s’attend qu’il soit » (Demers, 2021). Nous voulons un Québec autosuffisant! 

Joigniez votre voix à la nôtre et osez demander une relance post-pandémique bleue! Protégeons l’économie québécoise et favorisons nos commerces et entreprises d’ici! 

Domitille Albisetti
Étudiante en Sciences humaines au cégep Champlain St. Lawrence

Laurent Cadoret
Étudiant en Arts, Lettres et Communication au cégep Champlain St. Lawrence  

Votre opinion
nous intéresse.

Vous avez une opinion à partager ? Un texte entre 300 et 600 mots que vous aimeriez nous soumettre ?