/news/currentevents
Navigation

Un détecteur de fumée pour éviter l’héroïsme du pompier

Un homme a eu la vie sauve grâce à la vitesse d’intervention de l’équipe

Caserne 40
Photo courtoisie Mathieu Cloutier, troisième à partir de la gauche avec le casque rouge, entouré par ses collègues de la caserne 40 après avoir sauvé la vie d’un homme dans un incendie.

Coup d'oeil sur cet article

Le lieutenant d’une équipe de pompiers de Montréal qui a tiré un homme d’une mort certaine vendredi prévient que ce sauvetage n’aurait pas eu lieu s’il y avait eu un simple avertisseur de fumée fonctionnel dans le logement.

« On fait régulièrement des évacuations, mais des sauvetages comme cela, c’est plus rare, souligne le lieutenant Mathieu Cloutier, du Service de sécurité incendie de Montréal. Lors d’un sauvetage, si on n’intervient pas dans les deux prochaines minutes environ, la personne meurt. »

Son équipe de la caserne 40 a été dépêchée vers 5 h 30 vendredi matin dans un immeuble résidentiel de la rue La Fontaine, dans le quartier Mercier.

« On a eu la chance de localiser rapidement l’incendie au sous-sol, mais on n’avait pas eu l’information qu’il y avait quelqu’un de coincé à l’intérieur. En défonçant [la porte de] l’appartement, les pompiers ont entendu des cris », raconte-t-il.

Caserne 40
Photo Agence QMI, Patrice Bernier

Dans un logement rempli de fumée jusqu’au plancher, les pompiers ont trouvé un homme inconscient près de la porte. Cela laisse croire au lieutenant que le locataire a essayé de sortir, mais qu’il a perdu conscience avant d’en être capable.

L’équipe a rapidement extirpé la victime et a commencé les premiers soins. Celle-ci a repris connaissance avant d’être transportée à l’hôpital. Une enquête est toujours en cours afin de déterminer la cause exacte de l’incendie. 

L’appel d’une vie

« Ce n’est pas toujours drôle notre job, mais quand on sauve quelqu’un de la mort, on est fiers de nous. C’est l’appel d’une vie », estime M. Cloutier.

« Mais à la base, un simple avertisseur de fumée d’une dizaine de dollars aurait sauvé la vie à cet homme bien avant que l’on doive intervenir », poursuit le lieutenant.

Trop souvent, il rencontre des propriétaires d’appartements qui négligent de fournir un avertisseur de fumée fonctionnel à leurs résidents, même si cela est contraire à la réglementation. 

« Après, c’est au locataire d’entretenir l’appareil, notamment en changeant les batteries. Certains ne prennent pas la peine de le faire. Pourtant, on a la preuve ici que ça sauve des vies », insiste-t-il.

C’est qu’en pleine nuit, la fumée ne réveille généralement pas les gens, explique Mathieu Cloutier.

« Ça prend vraiment le son de cloche pour nous alerter. Sinon après quelques inhalations [de fumée], tout peut s’arrêter », laisse-t-il tomber.