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Y a-t-il un adulte dans la salle?

Viagra
Photo AFP

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Savez-vous ce qui est le plus triste, dans ce déferlement de niaiseries woke ?

Pas le fait que des universités soient gangrénées par cette nouvelle mutation de la gauche radicale, non. 

Les départements de sciences sociales de nos universités ont toujours été des incubateurs de thèses ahurissantes. 

Pensez à la mode du maoïsme, qui a pris d’assaut tous les campus dans les années 60.

Ou au structuralisme, qui affirmait en grande pompe que « l’homme est mort ». 

  • Écoutez la chronique de Richard Martineau au micro de Danny St Pierre sur QUB radio:

« ON EST GOGO ! »

Non, le plus triste est que les gardiens de nos institutions culturelles tombent dans le panneau.

Que des hommes et des femmes de plus de 50 ans, qui devraient avoir déjà vu neiger – donc, qu’on imaginerait immunisés pour le reste de leurs jours contre ce genre de virus postadolescent –, avalent docilement le Kool-Aid empoisonné de cette Nouvelle Religion. 

Sans rechigner. Et avec le sourire.

Ça, ça me scie en deux. 

En lisant Le peintre abandonné, un récit émouvant sur la vieillesse et le déclin sexuel de Pablo Picasso par le grand écrivain Dominique Fernandez, je suis tombé sur une phrase qui explique parfaitement pourquoi tant de membres de notre élite culturelle (les patrons de Radio-Canada, de Télé-Québec, de l’ONF, de Téléfilm Canada, etc.) se sont convertis à la religion woke.

Agacé de voir son fils Paulo faire sans cesse l’éloge de Jean-Paul Sartre, un philosophe qui, à ses yeux, s’est discrédité en refusant de dénoncer les camps de la mort de Staline et de Mao, Picasso lui dit : « Sartre est prêt à toutes les impostures pour garder l’audience de la jeunesse ! »

Voilà. Tout est là. 

Sophie et Richard ne sont pas bons aux fourneaux, mais ils savent cuisiner leurs invités! Invitez-vous à la table de Devine qui vient souper? une série balado originale.

Les hommes et les femmes qui dirigent nos institutions culturelles s’agenouillent devant l’autel woke parce qu’ils ont une peur atroce de paraître vieux aux yeux des jeunes.

La religion woke, c’est leur Botox, leurs faux seins. 

Leur petite pilule bleue. 

La teinture noir de jais qu’ils appliquent une fois par semaine sur leurs cheveux gris. 

« Regardez, les jeunes ! On a peut-être 55 ans et on est peut-être bedonnants, mais on est gogo ! »

À FOND SUR L’ACCÉLÉRATEUR

Pour que le monde fonctionne correctement, ça prend des jeunes et des vieux.

Des jeunes qui appuient à fond sur l’accélérateur. Et des vieux qui mettent les freins pour empêcher le train de dérailler. 

Des jeunes qui veulent faire table rase. Et des vieux qui font en sorte que les révolutionnaires ne jettent pas le bébé avec l’eau du bain.

Le yin et le yang. La gauche et la droite. 

Or, dans notre monde culturel, les vieux ont abdiqué leur rôle de garde-fous. 

Afin de montrer aux plus jeunes qu’ils en ont « encore dedans » et que leurs années d’expérience ne les ont pas encore sclérosés, ils en remettent, et appuient encore plus fort que les jeunes sur l’accélérateur !

« Regardez, les amis ! Nous autres aussi, on a de la broue dans le toupet ! Youhou, tassez-vous ! » 

Résultat : la machine s’emballe, et fonce aveuglément dans le mur. 

On se retrouve avec des institutions culturelles qui prônent la censure !

Mon Dieu, protégez-nous des adultes qui ont peur de devenir des figures d’autorité...