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Le sort de Maskicom scellé

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Le gouvernement du Québec a annoncé mercredi l’octroi d’une subvention de 12,5 millions $ à la coopérative estrienne Cooptel pour reprendre le projet de branchement à l'internet haute vitesse de 4000 résidences de la MRC de Maskinongé, après l’annonce de la restriction de la coopérative Maskicom.

C’est la fin d’une longue saga dans la région. Maskicom avait été créée en 2017 afin de donner accès à l'internet haute vitesse aux secteurs ruraux des villages de la MRC. Or, seulement 800 foyers de Saint-Mathieu-du-Parc, de Saint-Élie-de-Caxton, de Saint-Léon-le-Grand et de Saint-Boniface ont été connectés depuis le début des travaux, en août 2018.

C’est donc Cooptel, basée à Valcourt, en Estrie, qui continuera le travail. Son mandat est de brancher 3000 foyers d’ici septembre 2022.

Selon la directrice générale de la coopérative, Marie-Ève Rocheleau, l’échéancier sera respecté. Elle n’a pu confirmer à TVA Nouvelles la date où ses équipes s’amèneront dans la région pour continuer le déroulement de la fibre optique. «Nous sommes en discussion avec Maskicom, mais il y a des étapes à compléter avant d’entamer les travaux. On peut assurer la population que tout sera branché d’ici septembre 2022.»

Elle a ajouté que l’entreprise est spécialisée en branchement rural et que les travaux avanceront rapidement. D’ailleurs, Cooptel compte s’établir dans la MRC afin d’assurer le soutien technique aux abonnés. À la fin de l’échéancier de 2022, plus de 100 000 adresses seront desservies par Cooptel.

Si l’annonce fait le bonheur de la coopérative estrienne, elle fait le malheur du sous-traitant de Maskicom, Branchez-nous inc. C’est cette firme qui était responsable du branchement des résidences depuis 2018.

Selon son président, Normand Richard, le préfet de la MRC et président de Maskicom a lancé la serviette trop rapidement. «Il a abandonné la population. Il aurait dû se battre pour aller chercher les fonds nécessaires», a-t-il clamé.

Branchez-vous inc avait signé un contrat de 7,2 millions $ au début du projet afin de s’occuper du branchement. Or, selon Normand Richard, ce sont plutôt des dettes qui guettent sa compagnie.

Il soutient que Maskicom lui doit 65 000$ en factures impayées. S’il ne reçoit pas le paiement d’ici vendredi fin de journée, il n’aura d’autre choix que de débrancher les 800 abonnés. «Je ne peux plus financer le réseau de ma poche. Que M. Lalonde demande au gouvernement des fonds d’urgence. Moi, je n’ai plus le choix.»

Vive déception pour la mairesse de Saint-Mathieu-du-Parc

Appelée à réagir à l’annonce gouvernementale, la mairesse de Saint-Mathieu-du-Parc, Josée Magny, s’est dite «très amère de ce projet qui aurait été une fierté pour la MRC». En novembre dernier, Mme Magny avait claqué la porte du CA de Maskicom en évoquant le manque de communication de l’entreprise avec la population. Elle ajoute ne pas être surprise du dénouement. «Lors de ma démission en novembre 2020, je savais que nous nous dirigions vers une reprise par une autre compagnie», a-t-elle dit.

En ce qui concerne le service aux abonnés actuels, le responsable des communications de Maskicom, Sébastien Langevin, a confirmé à TVA Nouvelles que des discussions étaient en cours entre Cooptel, Branchez-vous et le gouvernement du Québec, mais qu’aucune décision n’avait été prise.