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Les frontières cadenassées

Les frontières cadenassées
Photo Agence QMI, Joël Lemay

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Les frontières américaines ne s’ouvriront pas pour nous. Nous ne prendrons pas la route, la musique dans le tapis, pour traverser les vertes vallées du Vermont où chante la mélodie du bonheur. En entrant dans le Live Free or Die New Hampshire, nous ne ferons pas le plein de bonnes bouteilles au liquor store hors taxes.

On ne nous verra pas non plus sillonner les petites routes du Maine, en quête d’un village au bord de l’océan glacé. Je rêvais un peu, beaucoup, de tout ça... 

De descendre, peut-être, jusqu’à Cape Cod, pour voir du haut de la falaise de Long Nook, à Truro, le bleu de la mer se fondre avec celui de l’horizon.

Entendre le son de la corne de brume, humer l’air salin dans la fraîcheur des soirées du mois d’août. 

Combien d’entre nous rêvons d’une parenthèse dans cet été qui bat au rythme des catastrophes dites naturelles? 

Telle une pause alanguie, loin de cette pandémie interminable et de toute la misère humaine qu’elle dévoile. 

À des milles de notre quotidien, retrouver des plaisirs non coupables, des plaisirs gourmands d’enfant gâté qui dévore une glace sur la plage après la baignade.

Des plaisirs d’adulte privilégié, qui sirote l’apéro en contemplant la mer au soleil couchant.

Chimères nostalgiques sans aucun doute, nourries d’un désir profond d’évasion qu’aucune substance artificielle ne saurait assouvir.

Caprice d’enfant qui trépigne devant la porte close, aveugle à celle qui, béante devant lui, déploie un monde de merveilles.

La porte grande ouverte sur le fleuve... À l’île d’Orléans, à Notre-Dame-du-Portage, à Saint-Irénée...

Prendre la route, la musique dans le tapis, les fenêtres grandes ouvertes, cheveux au vent.

Partir, fuir, rouler vers les prés et les champs fleuris, avant que l’automne ou bien pire ne nous rattrape.

Libres et sans frontières à traverser...