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Chasse aux microplastiques dans le fleuve Saint-Laurent

Des chercheurs testent un prototype qui permettrait de les retirer de l’eau

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Photo Chantal Poirier Caroline Besner Milton et Adam-Emmanuel Tremblay sont à bord d’une chaloupe pilotée par Jean-Claude Tellier à Contrecoeur, en Montérégie, afin de tester un prototype de filet qui permet de capter des microplastiques dans le fleuve Saint-Laurent.

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Une équipe de chercheurs teste actuellement un filet pour capter et mesurer les microplastiques dans le fleuve Saint-Laurent, la première étape d’un projet qui pourrait mettre des centaines de plaisanciers à contribution.

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« Les concentrations de microplastiques dans le fleuve Saint-Laurent sont vraiment très importantes, mais à l’œil nu, on n’y croirait jamais », soutient Caroline Besner Milton de Stratégies Saint-Laurent.

L’organisme s’est allié au projet de la jeune entreprise Poly-Mer, ainsi qu’à des chercheurs de l’Institut national de la recherche scientifique (INRS), pour tester un filet, qui pourrait éventuellement être déployé partout au Québec.

« Notre rôle est de valider la performance de ce prototype », explique la professeure à l’INRS Valérie Langlois.

C’est sa petite taille qui le différencie des filets traditionnellement utilisés.

Cet été, des échantillons d’eau ont été prélevés à 11 endroits différents le long du Saint-Laurent, de Trois-Pistoles à Varennes, pour capter des microplastiques.

Les microplastiques sont des particules de moins de 5 mm, nuisibles pour la santé, qui proviennent majoritairement de la dégradation de gros objets de plastique.

« Il y a de la contamination, c’est sûr », renchérit Adam-Emmanuel Tremblay, stagiaire à l’INRS et étudiant en biologie, qui mène l’échantillonnage.

Même s’il est trop tôt pour des résultats précis, le jeune homme remarque déjà leur présence.

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Aussi pollué qu’en Asie

D’ailleurs, une étude de l’Université McGill en 2014 avait trouvé dans le sable des fonds du Saint-Laurent des quantités de microplastiques équivalentes aux rivières les plus polluées d’Asie.

Mais il y a encore trop peu d’études et de données sur le sujet, poursuit Mme Besner Milton. D’où l’idée d’un filet, conçu pour la science citoyenne.

Petit et léger, ce filet pourrait facilement accompagner des plaisanciers lors de leurs sorties en kayak ou en canot sur les cours d’eau. Des marinas pourraient aussi en mettre à la disposition des navigateurs.

Sensibiliser la population

Ainsi, les nombreux échantillons recueillis pourraient ensuite permettre d’identifier les microplastiques trouvés et déterminer leur quantité, grâce à une base de données rendue accessible au public.

Caroline Besner Milton souligne que l’idée est d’abord et avant tout de sensibiliser la population à l’ampleur de la pollution par les microplastiques et réduire la pollution à la source.

« Car une fois que c’est dans l’environnement, c’est très dur à récupérer », poursuit Adam-Emmanuel Tremblay.


Une fois la validation scientifique du filet obtenue, sa distribution à grande échelle pourra être envisagée par Poly-Mer.

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