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Salvador: mandat d'arrêt contre l'ex-président, plusieurs ex-ministres arrêtés

Salvador: mandat d'arrêt contre l'ex-président, plusieurs ex-ministres arrêtés
Photo AFP

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San Salvador | Le parquet général du Salvador a lancé un mandat d'arrêt contre l'ex-président de gauche Salvador Sánchez Cerén et plusieurs anciens ministres ont été arrêtés, sur des accusations de détournement de plus de 350 millions de dollars de fonds publics. 

«L'ex-président Salvador Sánchez Cerén s'est officiellement soustrait à la justice», a tweeté son successeur, l'actuel chef de l'État Nayib Bukele. "En effet, il a quitté notre pays en traversant une frontière terrestre en décembre 2020 et n'est jamais revenu.»

Les faits incriminés remontent au mandat du président Mauricio Funes (2009-2014), du Front Farabundo Marti pour la libération nationale (FMLN), le premier président de gauche à avoir dirigé le Salvador. M. Sánchez Cerén était à l'époque vice-président.

Visé par une série de poursuites judiciaires, Mauricio Funes avait demandé en 2016 l'asile politique au Nicaragua, dont il a obtenu la nationalité. Selon la presse salvadorienne, M. Sánchez Cerén se trouve également au Nicaragua.

Menottés et sous bonne garde, les anciens ministres Carlos Caceres (Finances) et Violeta Menjivar (Santé) ont été présentés à la police, ainsi que les anciens ministres adjoints Calixto Mejía (Travail), Erlinda Handal (Technologie) et Hugo Flores (Agriculture).

«Toutes ces personnes ont contribué au détournement qui a coûté plus de 350 millions de dollars à l'État salvadorien», a déclaré jeudi lors d'une conférence de presse le procureur général, Rodolfo Delgado, ajoutant qu'«ils seront inculpés pour blanchiment d'argent».

«L'argent était fourni au palais présidentiel (...) mensuellement et s'ajoutait au salaire légal qu'ils devaient percevoir pour exercer une fonction publique», a-t-il expliqué, précisant que des mandats d'arrêt avaient été émis contre l'ancien président Sánchez Cerén, qui a gouverné le Salvador entre 2014 et 2019 jusqu'à l'élection de M. Bukele.

Selon M. Delgado, l'enquête, lancée en 2019, dérive d'une affaire remontant à la période 2009-2014 lorsque les députés avaient approuvé des frais de 80,8 millions de dollars sur cinq ans pour la présidence.

Les détournements ont atteint selon lui 351 millions de dollars sur la période avec des transferts réalisés par le ministère des Finances sans l'autorisation des députés.

Le secrétaire général du FMLN, Óscar Ortiz, a accusé le gouvernement d'«utiliser les instruments de l'État» pour poursuivre une opération de «persécution politique».

Il s'agit d'un «système autoritaire qui conduit directement à la construction d'une nouvelle dictature, dont nous étions sortis depuis près de trois décennies», a ajouté M. Ortiz.

En arrivant au pouvoir en 2019, M. Bukele avait mis fin à trois décennies d'alternance au pouvoir du FMLN et de l'Arena (Alliance républicaine nationaliste, droite), les deux principaux partis en place depuis la fin de la guerre civile en 1992.

L'actuel président, âgé de 39 ans, peut s'appuyer depuis mai sur une majorité parlementaire. Les députés ont remplacé des magistrats de la Cour suprême ainsi que le procureur général, nommés sous le mandat précédent, et des enquêtes pour corruption ont été relancées contre d'ex-responsables. Début juillet, des actifs de l'Arena ont été saisis pour détournement de dons en 2003.