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Si près du podium

Michael Woods termine cinquième après une course de 234 km

Michael Woods à la gauche de la photo a livré jusqu’à sa dernière once d’énergie au sprint final, samedi.
Photo courtoisie, Mark Blinch /COC Michael Woods à la gauche de la photo a livré jusqu’à sa dernière once d’énergie au sprint final, samedi.

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OYAMA | Dans le magnifique décor du mont Fuji comportant une arrivée sur le mythique circuit du Speedway International qui pouvait accueillir des spectateurs, le Canadien Michael Woods a été un des acteurs principaux de la course sur route et il a raté le podium de peu en terminant en 5e place.

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Wood a tout laissé sur le parcours. Il a lancé plusieurs attaques et occupé la tête à un certain moment, mais ce ne fut pas suffisant pour atteindre son objectif de se glisser sur le podium. Il a cédé 1 min 7 s au vainqueur équatorien Richard Carapaz qui a franchi le fil d’arrivée en 6 h 5 min 26 s après 234 kilomètres de grosse besogne par une chaleur et une humidité très grandes. 

Avec un temps identique à Woods, le Belge Wout van Haert et le vainqueur du Tour de France Tadej Pogacar ont complété le podium.

« Je suis fier de ma course et je n’ai aucun regret, a déclaré Woods dans la zone mixte. C’est malheureux de ne pas gagner une médaille, mais j’ai fait une bonne course. Je ne suis pas déçu et je n’ai aucun regret parce que j’ai fait tout ce que je pouvais. J’avais dit à des amis que je pourrais terminer dans le Top 5 si je connaissais la meilleure course de ma vie et peut-être espérer une médaille avec un peu de chance. »

« J’ai été l’un des meilleurs grimpeurs de la course, de poursuivre Woods. Parce que c’est ma force, je suis plus surveillé et c’est plus difficile de se sauver. Je n’ai pas été en mesure de créer d’écart avec van Aert. Si j’avais pu le distancer dans les montées, j’aimais mes chances. Le Belge était en mission et il a fermé tous les trous. »

Woods a signé la deuxième meilleure performance canadienne de l’histoire sur route chez les hommes. Steve Bauer qui est le directeur sportif de l’équipe canadienne à Tokyo avait remporté l’argent aux Jeux de Los Angeles en 1984.

Des coéquipiers élogieux 

Si une médaille était l’objectif avoué, Guillaume Boivin estime que Woods peut rentrer au pays la tête haute. « Le niveau est tellement élevé qu’une 5e place et surtout d’avoir bataillé pour la victoire est tout un exploit, a-t-il souligné au sujet de son coéquipier chez Israel Start-Up Nation. Il aurait pu rêver à une médaille, mais il peut être super fier de sa performance. »

Hugo Houle abondait dans le même sens. « C’est un beau résultat et Mike n’a pas à être déçu. C’est incroyable de terminer en 5e place avec les gros noms qu’il y avait ici. Peu de Canadiens ont obtenu un tel résultat et j’espère que sa performance va inspirer des jeunes à opter pour le cyclisme. »

Retour de l’ascenseur

Si les Québécois ont fait l’éloge de leur leader, Woods a salué l’apport déterminant de ses deux coéquipiers. « J’étais tout près au moment d’une chute en début de course et j’ai brisé une chaussure, a-t-il raconté. Je l’ai changé sur mon vélo et grâce au travail de Guillaume et de Hugo j’ai pu rejoindre le peloton. Je suis vraiment fier de Guillaume qui m’a bien placé pour la dernière montée. »

Naissance d’une journée à l’autre

Woods quitte le Japon ce matin avec l’espoir d’assister à la naissance de son deuxième enfant. « Mon épouse est dilatée à quatre centimètres, a-t-il mentionné. La date prévue de l’accouchement est mardi. J’espère que notre petit garçon attendra mon retour pour venir au monde. » 

Guillaume Boivin voulait aller jusqu’au bout 

Même s’il avait bien épaulé son meneur et livré la marchandise, Guillaume Boivin tenait mordicus à franchir la distance

« Je rêve aux Jeux olympiques depuis que je suis petit gars, a souligné Boivin avec son plus beau sourire, et je voulais finir la course même si mon travail était fait. J’ai dit aux gars de mon groupe que je ne savais pas si j’allais revenir aux Olympiques un jour et que je voulais terminer. »

Au service de Woods

Comme il le fait dans les rangs professionnels, Boivin s’est mis au service de Woods.

« Je peux dire mission accomplie, a affirmé l’auteur d’une 65e place à 16 min 20 s du vainqueur. J’ai fait exactement les choses pour lesquelles j’ai été sélectionné. Je suis fier de ma course. Michael est un gars spécial qui élève le calibre de ses coéquipiers. C’est tout un leader et un ami, et je suis prêt à tout pour l’aider. »

Avec plaisir

Hugo Houle se plaît lui aussi à accomplir la sale besogne pour le médaillé de bronze du championnat mondial 2018 en Autriche.

« Nous avons une équipe soudée, ce qui n’est pas toujours le cas au sein des formations nationales, et chacun connaît son rôle, de renchérir Hugo Houle, qui a pris le 78e et dernier rang parmi les coureurs qui sont parvenus à franchir le fil d’arrivée. Personne ne se cache avec un leader comme Mike. C’est toujours un plaisir de contribuer. »

À Rio en 2016, Houle n’avait pas été en mesure de compléter l’épreuve et Woods avait terminé en 55e position. Houle prendra le départ du contre-la-montre individuel avant de quitter le Japon, épreuve où il avait conclu en 21e place au Brésil.

Des Jeux pas comme les autres 

TOKYO | La COVID comporte son très grand lot de désagréments, mais on y retrouve parfois certains avantages. Des Jeux olympiques bien différents à bien des égards, qu’on dit.

Taxi de luxe et une course de 1000 $ pour aller à Fuji
Photo AFP
Taxi de luxe et une course de 1000 $ pour aller à Fuji

La ballade d’environ deux heures à Fuji, samedi, pour la course sur route masculine en est un très bon exemple. Au lieu d’y aller en bus et de se taper quelques transferts, ou en navette quand elles n’affichent pas complet comme cette fois-ci, on a eu droit à un service 5 étoiles d’une compagnie de taxis privée, gracieuseté du comité organisateur des Jeux. Un taxi grand format avec des fauteuils confortables. 

Non au transport en commun

Seul dans cette voiture pouvant accueillir cinq passagers en plus du chauffeur, on a pu prendre nos aises et pondre ce texte tout en surfant sur internet et faire le ménage des nombreux courriels.

Il faut comprendre que les journalistes et toutes les personnes accréditées ne peuvent pas utiliser le transport en commun pendant les 14 premiers jours de leur séjour au Japon. Pour s’assurer que les règles sanitaires soient respectées, deux compagnies de taxi ont été embauchées afin d’offrir le service vers les villes plus éloignées. Fuji est du nombre.

Notre sympathique et distingué conducteur portait masque, gants et veston dans son véhicule muni d’un excellent service sans fil, et un plexiglas nous séparait.

Coupons de transport

Rien n’est toutefois gratuit. Chaque journaliste obtient 14 coupons d’une valeur de 10 000 yens chacun pour la durée des Jeux. Une trotte dans le magnifique décor de Fuji nécessite cinq précieux coupons aller et évidemment autant pour le retour. On parle donc d’une course qui coûte près de 1000 $ (100 000 yens).

Solidarité olympique

On a pu constater la solidarité olympique avant notre départ. Sans coupon et obligé de se pointer au Centre des médias pour cueillir la précieuse marchandise, l’auteur de ces lignes était à la recherche d’une solution de rechange afin d’éviter ce détour avant de prendre la route de Fuji.

J’ai abordé une dame dans le lobby de l’hôtel qui s’occupe de la logistique pour l’équipe NL pour vérifier si elle avait des billets disponibles pour un inconnu avec promesse de remplacer ses coupons dès que possible. La dame a gentiment accepté tout en prenant soin de préciser à la blague que je pourrais faire de l’argent en les vendant sur le marché noir. Dès demain, je prendrai la direction du Centre des médias afin de prendre possession de ma ration de coupons et de rembourser ma bonne samaritaine.

Avec dix coupons flambés sur 14, la prochaine sortie pour le vélo sur piste, qui se tient à plus de deux heures de Tokyo, risque d’être pas mal moins pénarde...

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