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Le port de sa ceinture l’a sauvé d’une mort certaine

L’homme dans la vingtaine a happé de plein fouet un orignal en Abitibi

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Photos d’archives et courtoisie Avant sa collision avec un orignal en 2013, Xavier Plourde étudiait pour devenir policier. Depuis l’acci­dent, il a perdu en partie la vue et vit avec un traumatisme crânien sévère. Ci-dessus, la photo de sa voiture propulsée sur le bord de la route, le toit arraché, après l’impact avec l’animal.

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Un jeune lourdement hypothéqué à la suite d’une violente collision avec un orignal a dû faire une croix sur son rêve d’être policier, mais remercie sa ceinture de sécurité de lui avoir sauvé la vie.

Le 3 août 2013, Xavier Plourde se rendait à son travail de portier dans un bar de Rouyn-Noranda lorsqu’un orignal s’est projeté devant son véhicule. L’étudiant en technique policière, alors âgé de 20 ans, l’a happé de plein fouet. L’animal a d’abord fracassé le pare-brise, puis a écrasé la tête de Xavier Plourde avant d’être projeté dans le fossé sous la force de l’impact. 

« Si je n’avais pas porté ma ceinture, j’aurais été arraché de mon siège et je l’aurais suivi dans le fossé », lance-t-il, convaincu qu’il n’aurait pas survécu. 

Gravement blessé à la tête, il a été transféré à l’Hôpital du Sacré-Cœur de Montréal. Il a d’abord été considéré comme « chirurgicalement mort », puisque son cerveau ne fonctionnait plus naturellement, relate-t-il. 

Malgré tout, le neurochirurgien l’a opéré, puisque le reste de son corps fonctionnait très bien. Au début, les médecins craignaient pour son état, et envisageaient une longue et pénible hospitalisation. Finalement, Xavier Plourde a pu retourner chez sa mère après deux mois, dit-il. 

Dans le déni

Convaincu qu’il pourrait reprendre sa vie d’avant, le jeune homme se souvient du choc brutal qu’il a eu lorsqu’il a réalisé qu’il resterait hypothéqué le reste de sa vie. 

« Je pensais que j’allais guérir, reprendre mes études, m’entraîner à nouveau », se souvient-il. Mais son quotidien était plutôt ponctué de problèmes de concentration, de perte d’inhibition, de grande fatigue et de troubles de mémoire à court terme.

En raison de la violente collision, il vit en effet avec un traumatisme crânien sévère qui l’empêche de travailler et de fonctionner normalement. Il a aussi perdu l’usage complet d’un œil et voit partiellement de l’autre.

« J’étais super Xavier qui étudiait en technique policière, le hockeyeur qui pognait avec les filles. Sur le coup, je me suis dit : soit je reprends ma vie comme avant, soit c’est fini. Mais j’ai réalisé que j’avais d’autres options », dit l’homme de 28 ans.

Accepter sa nouvelle vie

Il se souvient avoir beaucoup pleuré, aux prises avec tous ces deuils, notamment celui de devenir policier.

Puis, grâce à l’organisme Le Pilier, qui vient en aide aux traumatisés crâniens en Abitibi-Témiscamingue, Xavier Plourde a appris à faire la paix avec sa nouvelle vie. 

« J’ai compris que je suis un survivant et que je pouvais adapter ma vie. J’ai travaillé sur un plan B », explique-t-il.

Aujourd’hui, il souhaite sensibiliser les autres avec son histoire.  

« Je n’étais même pas en infraction de vitesse. Je n’imagine pas la collision si j’avais roulé plus vite et si je n’avais pas été attaché. J’ai l’impression que quelqu’un qui ne s’attache pas, il ne réfléchit pas assez loin à ce qui pourrait lui arriver », avertit-il.

Notre dossier complet sur la ceinture au volant :