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C’était le choix de Bergevin

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Capture d'écran TVA Sports Tous les petits intimidateurs du Québec se sont fait dire par le DG de l’organisation sportive la plus prestigieuse du pays qu’ils peuvent continuer à faire les cons.

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On se croirait dans une comédie d’ados américaine des années 90 où le personnage du sportif, le proverbial « jock », peut écœurer les filles au-delà des limites du consentement, tout en demeurant la petite vedette du lycée.

Dans le rôle du principal bonasse, Marc Bergevin, toujours prêt à passer l’éponge sur les frasques de son chouchou. Après tout, qui n’a pas déjà montré à ses chums une photo d’une demoiselle lui prodiguant une fellation ? Si vous saviez ce qu’on faisait à Chicago dans le temps...

Sérieusement, c’est à se demander, pour tenter de comprendre un choix aussi épais, si Bergevin ne cherchait pas justement à prendre position contre le contexte ambiant, en sélectionnant parmi des centaines de joueurs celui qui avait lui-même déclaré ne pas mériter d’être repêché.

Le jeune de 18 ans a plus de maturité qu’un directeur général de 55 ans, faut quand même le faire...

Consentement et intimidation

Il ne s’agit pas de savoir ici quelle punition mérite le geste de Logan Mailloux, commis lorsqu’il était mineur, et si le jeune défenseur a pris assez de maturité et s’il a droit à la réhabilitation. Honnêtement, ça ne nous appartient pas vraiment de savoir ça.

On est toutefois en droit de se demander quelle compréhension Marc Bergevin a de la discussion collective que nous avons depuis quelques années sur la notion de consentement sexuel. Plus largement, l’intimidation virtuelle et dans la vie réelle de jeunes gens dont on a violé l’intimité est un fléau qui bousille la vie de milliers d’ados, et les directions d’école comme les forces policières se creusent la tête pour savoir comment l’éradiquer. 

Ils n’ont donc pas de remerciements à adresser à Marc Bergevin, ces hommes et ces femmes qui essaient de faire du monde avec nos jeunes. Tous les petits intimidateurs du Québec se sont fait dire par le DG de l’organisation sportive la plus prestigieuse du pays qu’ils peuvent continuer à faire les cons : ce n’est pas ça qui les empêchera d’enfiler le maillot de Jean Béliveau.

Déconnecté

Mais bon, si vous cherchiez un autre exemple du peu de considération que Bergevin accorde à l’autorité du CH dans la société québécoise, vous en avez un. Après plusieurs années de #MeToo, où le DG était manifestement parti se magasiner son costume de Joker, il s’est dit que c’était une bonne idée d’associer sa marque à un joueur devant qui 30 équipes avaient choisi de passer.

Bref, soit Bergevin est un individu déconnecté de la réalité, soit c’était volontaire et prémédité. Il voulait dire aux gens qui discutent de consentement et aux victimes de harcèlement sexuel et d’intimidation qu’elles peuvent bien aller se faire foutre et de ne pas compter sur les Canadiens pour servir d’exemple à la société.

C’est parfait, Marc. On a compris le message 5 sur 5. On recommencera à respecter le CH quand il sera dirigé par quelqu’un qui le respecte aussi.