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Croire aux fantômes

François Blais
Photo courtoisie, Andréanne Lemire François Blais

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Ce n’est pas un hasard si le premier roman pour jeune public de François Blais se déroule à Charrette et au lac Adélard, en Mauricie. L’auteur, qui vient de remporter le Prix littéraire du gouverneur général du Conseil des arts du Canada avec Lac Adélard, habite cette ville et s’est souvent rendu autour de ce lac.

François Blais est mystérieux. Cela tombe bien, car son roman Lac Adélard – publié chez la Courte échelle noire, une collection destinée aux jeunes de 12 à 17 ans – l’est tout autant. Natif de Grand-Mère, en Mauricie, il a grandi dans une maison où la bibliothèque était remplie de Tintin, Bob Morane et des livres de la comtesse de Ségur. 

<strong><em>Lac Adélard</em><br>François Blais</strong><br>la courte échelle noire<br>250 pages
Photo courtoisie
Lac Adélard
François Blais

la courte échelle noire
250 pages

Un baccalauréat en traduction en poche, l’auteur partage maintenant sa vie entre l’écriture et son travail d’employé à l’entretien dans un centre commercial. « Je n’avais pas d’ambition professionnelle, mais j’ai toujours écrit, explique l’auteur de 48 ans. J’écrivais quand j’étais jeune, de petites histoires, et un jour je me suis demandé si j’étais assez bon pour être publié. » 

Il semble que oui, car son premier roman publié à l’âge de 32 ans, Iphigénie en Haute-Ville, fut finaliste pour divers prix littéraires, dont le Prix des libraires du Québec, et le prix France-Québec.

« Je suis surpris, car je ne lis pas de littérature jeunesse, alors je ne savais pas comment cela s’écrivait », répond-il lorsqu’on lui demande quelle fut sa réaction lorsqu’il a remporté le prix littéraire du gouverneur général avec Lac Adélard, œuvre publiée à la fin de l’année 2019, mais dont le couronnement a été reporté en 2021 à cause de la pandémie.  

Le mystère du Lac Adélard

Si aucune légende de fantômes n’a pris naissance autour du véritable lac Adélard, il en est tout autrement dans le roman noir du même nom. « C’est un endroit où j’allais souvent, mais je ne savais pas à qui il appartenait. J’ai inventé une histoire par rapport à ce lieu et je me suis inspiré de l’endroit parce que c’est à côté de chez moi. » 

Dans les alentours de ce lieu qu’il connaît bien, donc, il a planté les personnages d’Anna et d’Élie évoluant dans le temps présent, ainsi que ceux de Rose-Marie et de Sarah, représentant deux périodes passées. 

« C’est l’histoire d’une petite fille de neuf ans appelée Rose-Marie, qui disparaît dans des circonstances mystérieuses à l’été 1989, alors qu’elle séjourne avec sa mère et des amis de cette dernière près d’un petit lac à Charrette, résume-t-il. Une trentaine d’années plus tard, deux adolescents, Élie et Anna, vont entrer en possession du journal intime de Rose-Marie et vont tenter d’élucider le mystère de sa disparition. » 

Dans cette histoire de premier béguin, d’enquête et de fantômes flottent les thèmes de l’amitié et de la difficulté à trouver sa place dans le monde lorsqu’on est différent des autres. Le tout dans un vocabulaire souvent soutenu, preuve que la littérature jeunesse n’a pas à « se mettre au niveau » de son jeune lectorat, bien au contraire. 

« Pour le reste, j’ai simplement essayé de doser l’horreur, poursuit-il. Dans un roman qui s’adresse à un jeune public, je ne pouvais pas aller trop loin dans l’horreur. Il fallait éviter les scènes de torture, de cannibalisme [...]. De toute façon, ça ne m’intéresse pas tellement. Je préfère les histoires de fantômes. »