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Des projets de logis pour les Autochtones

La crise du logement a aggravé la discrimination envers les locataires issus des Premières Nations

logement autochtone
Photo courtoisie La construction de la première habitation communautaire étudiante destinée aux personnes autochtones a débuté il y a deux semaines sur le terrain du cégep de Sept-Îles. Sur la photo, une vue du chantier.

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La discrimination envers les Autochtones en matière de logement est un problème si important que de nouveaux projets immobiliers qui leur sont consacrés voient le jour un peu partout au Québec. 

« Les populations autochtones veulent aller aux études ou se trouver de l’emploi. Quand elles arrivent en ville, elles sont rapidement confrontées à de la discrimination, du racisme, des logements insalubres et surpeuplés, à cause d’un accent ou d’un nom de famille. Ça peut entraîner, entre autres, des signalements à la DPJ » affirme la directrice générale du Regroupement des Centres d’amitié autochtones du Québec (RCAAQ), Tanya Sirois.

Et le problème s’est accentué dans les dernières années selon elle : il y a de plus en plus d’Autochtones dans les villes sans parler de la crise du logement qui frappe la province.

Entre 2001 et 2016, la population totale des Premières Nations et du Peuple inuit qui résidaient officiellement dans les villes au Québec s’est accrue de 171,2 %, selon Statistique Canada. Un peu plus de 53 % d’entre eux habitaient de façon permanente en zones urbaines lors du recensement en 2016. 

Vivre en communauté

Pour répondre à ces enjeux, le RCAAQ s’est doté en 2019 de sa propre société immobilière pour développer des projets d’habitations communautaires dans les villes étudiantes, entre autres.

« Des personnes autochtones veulent accéder aux études, mais la majorité n’ont même pas la chance d’aller visiter un logement, et quand ils y arrivent, aucun ne correspond à leurs besoins », déplore la directrice générale.

L’idée — et le besoin — est d’offrir un environnement où les parents peuvent étudier, vivre avec leurs enfants et la communauté, puis obtenir des services. 

Il y a deux semaines, la construction d’une première résidence étudiante autochtone débutait sur le terrain du cégep de Sept-Îles. L’endroit devrait ouvrir ses portes en août 2022.

« Il y aura 32 logements allant de studios à des 6 1⁄2, beaucoup d’espaces communautaires, une cuisine collective, 29 places en CPE et la première maternelle 4 ans en dehors des murs d’une école », détaille Mme Sirois.

Sur la photo ci-haut, une maquette du projet.
Image courtoisie
Sur la photo ci-haut, une maquette du projet.

Deux autres habitations doivent aussi voir le jour, dont une à Trois-Rivières en août 2023. L’emplacement de la troisième n’a pas encore été choisi.

Le gouvernement Legault a investi 18,4 millions de dollars dans ces projets.

Qualité de vie

« Ça prend du logement porté par les Autochtones, pour les Autochtones [...] parce que l’habitation est une clé pour améliorer sa qualité de vie », rappelle Édith Cloutier, directrice du Centre d’amitié autochtone de Val-d’Or, qui, pendant dix ans, a porté le premier projet immobilier autochtone à entrer « dans la machine AccèsLogis [de la Société d’habitation du Québec] », dit-elle.

En 2017, 24 unités d’habitation destinées aux personnes autochtones ont aussi ouvert leurs portes à Val-d’Or.