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Jeux de Tokyo: Antoine Valois-Fortier est en meilleure forme physique et mentale

Le judoka croit à un podium

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Photo d’archives Antoine Valois-Fortier en plein traitement de réhabilitation d’une blessure aux côtes en avril dernier.

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TOKYO | Antoine Valois-Fortier aborde les présents Jeux olympiques dans un tout autre état d’esprit que lors de ceux de Rio en 2016.

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Fort d’une médaille de bronze surprise à ses premiers Jeux en 2012 à Londres, à 22 ans, le judoka de Québec anticipait de monter de nouveau sur le podium au Brésil en 2016.

Sa 7e position l’a dévasté et il a apporté des correctifs afin de ne pas revivre pareille situation mardi.

« Au lieu de penser uniquement au résultat comme ce fut le cas lors des années menant à 2016, j’ai pensé dans ce cycle à toute ma préparation au lieu d’être fixé uniquement à gagner une médaille, explique-t-il. C’est la principale différence. Ça se passe entre les deux oreilles. »

Valois-Fortier s’était mis beaucoup de pression sur les épaules dans l’espoir de remporter une deuxième médaille olympique en carrière à Rio. 

« En 2016, j’ai trop pensé à la journée des Jeux et j’y ai pensé trop tôt. Je me suis mis beaucoup de pression et ma préparation n’a pas été optimale. »

L’expérience a fait son œuvre dans les cinq dernières années. 

« Je suis plus expérimenté, plus mature et je gère mieux la situation entre les deux oreilles, illustre-t-il. Je suis mieux outillé pour faire face à la pression et à l’événement. »

Deux opérations

Le dernier cycle olympique a été parsemé de sérieuses embûches pour Valois-Fortier.

Opéré à deux reprises, notamment pour soigner un dos mal en point en 2018, le judoka de 31 ans avait des craintes avant de passer sous le bistouri. 

« Une opération au dos à 28 ans, ça comporte des risques », explique celui qui combat chez les 81 kg. 

« Je ne ressens plus de douleur au jour le jour, douleurs qui hantaient mon quotidien, souligne-t-il. J’ai pu progresser sans aucun pépin. Je suis en meilleure santé et je suis super content. Je sais maintenant que je peux être compétitif à Tokyo et que je ne ferai pas seulement acte de présence. »

Le tournoi olympique marquera le retour à la compétition de Valois-Fortier, qui s’est blessé aux côtes cet hiver en Europe.

Pas mûr pour la retraite

À son retour après son opération au dos, Valois-Fortier n’a pas obtenu les résultats escomptés, mais sa prestation au championnat mondial de 2019 disputé à Tokyo, où il est monté sur la troisième marche du podium, l’a convaincu qu’il avait retrouvé sa forme d’antan.

« J’avais eu des résultats moyens au début et ça passait ou cassait au mondial, résume-t-il. Je m’étais dit que si je ne démontrais pas que je pouvais être un prétendant sérieux à une médaille au Japon, il serait peut-être temps d’accrocher mon judogi. Ma médaille au mondial a démontré que ce n’était pas une fantaisie de croire en mes chances de podium à Tokyo. C’était réaliste.

Arrêt sur image  

Projection arrière

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Photo AFP

Kim Won Jin (bleu) de la Coré du Sud y est allé d’une belle technique contre Lukhumi Chkhvimiani de la Géorgie dans la catégorie des hommes de moins de 60 kg.


Pour le bronze

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Photo AFP

Urantsetseg Munkhbat (bleu) de la Mongolie a facilement remporté la médaille de bronze aux dépens de la Portugaise Catarina Costa chez les femmes de moins de 48 kg. 


Sens dessus dessous

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Photo AFP

Naohisa Takato (blanc) du Japon s’est retrouvé au-dessus de Yeldos Smetov du Kazakhstan pendant un combat de demi-finale B chez les hommes de moins de 60 kg. Takato a finalement remporté l’or. 

Bonheur et poids santé retrouvés  

Le passage dans une catégorie supérieure de poids a été une véritable délivrance pour la judoka Catherine Beauchemin-Pinard, qui peinait à faire le poids chez les 57 kg.

Catherine Beauchemin-Pinard
Photo d'archives
Catherine Beauchemin-Pinard

Ses efforts constants pour réussir les coupes de poids la drainaient physiquement et aussi émotivement avant qu’elle se décide à grimper chez les 63 kg.

« En baissant de poids avec les diètes, je n’étais pas capable de performer et j’étais malheureuse chez les 57 kg, confie celle qui s’est inclinée au premier tour à Rio en 2016.

« À mon retour des Jeux et après une période de vacances, mon poids a beaucoup augmenté et je n’étais plus capable de descendre à 57 kg. Ce n’est pas évident de perdre 10 kg en un an. J’ai alors décidé de combattre chez les 63 kg », explique la judoka de 27 ans, qui est heureuse de sa décision.

« En changeant de catégorie, j’ai changé mon style un peu parce que les filles avaient toutes une tête de plus, mais la transition n’a pas été si difficile. »

« Je suis à ma place et j’ai un poids sain, souligne-t-elle. Je peux bien m’entraîner au lieu de suivre des diètes deux semaines avant les tournois. C’était deux semaines de misère et les résultats n’étaient plus au rendez-vous », de poursuivre Beauchemin-Pinard.

En raison de ses diètes, l’athlète a éprouvé des problèmes de santé. 

Problèmes de santé

« J’ai perdu mes menstruations en 2016 pour un an, confie-t-elle. J’avais développé une obsession avec la nourriture. J’aurais aimé être heureuse, performer, manger ce que je voulais et demeurer chez les 57 kg, mais ce n’était pas possible. [...] Plusieurs jeunes arrêtent le judo pour cette raison [poids]. Je ne suis pas un cas isolé. C’est difficile d’être heureuse quand tu es sous ton poids idéal. »

Beauchemin-Pinard a aussi été victime du regard de ses pairs. 

«Je me suis fait juger parce que je prenais du poids, c’est encore pire chez les filles. Des aspects sociétaux ont été affectés et j’ai dû m’acheter une nouvelle garde-robe, mais j’ai maintenant une meilleure relation avec la nourriture. » 

En action, mardi, Beauchemin-Pinard est confiante, elle qui se retrouve parmi les têtes de série. 

« C’est très réaliste de dire que je veux un podium. Mes objectifs sont hauts et précis. »

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