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Ériger un mur d’incompréhension!

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Les sommets nationaux organisés par le gouvernement Trudeau pour lutter contre l’islamophobie et l’antisémitisme séduiront peut-être ces communautés, mais ils risquent toutefois d’exacerber les tensions à leur égard dans d’autres milieux.

Même si la démarche du fédéral s’avère en droite ligne avec le multiculturalisme porté par le père du premier ministre dans les années 70, elle reflète surtout de l’opportunisme à la veille du déclenchement d’élections générales. 

Quand Justin Trudeau demeure de marbre face aux accusations du Conseil national des musulmans qui considère la Loi sur la laïcité de l’État comme du racisme systémique, il contribue lui-même à la haine montante.

Lorsqu’il réaffirme les positions traditionnelles du Canada à l’égard d’Israël sans plus de critiques sur le comportement de cet État à l’égard des Palestiniens, il sonne faux et transporte jusqu’à un certain point le conflit sur nos terres.

Si c’est un désir de bien faire qui l’animait, il risque plutôt d’entraîner des effets contraires à ses bonnes intentions !

Exigences questionnables

Pour l’essentiel, les institutions émergentes des communautés musulmane et juive proposent sensiblement les mêmes solutions pour contrer ce qu’elles considèrent comme la montée de la haine.

L’élaboration d’une stratégie fédérale pour contrer la haine à leur égard, une réforme du Code criminel, la surveillance des réseaux sociaux, du financement pour sécuriser leurs édifices et mener leurs activités, des juges formés sur mesure pour leurs préoccupations et la diffusion de leur histoire sont autant, selon eux, de voies à privilégier pour les distinguer et les comprendre.

On observera qu’il n’y a aucune remise en question de leur comportement ni l’amorce d’une réflexion pour comprendre les réticences que d’autres citoyens peuvent avoir à leur égard.

Ces communautés voudraient que la société québécoise s’accommode de leurs rites, mais on ne détecte aucune volonté d’adaptation aux valeurs supportées par la majorité. 

Leurs propositions leur généreraient un régime particulier et pourraient même limiter la liberté d’expression.

C’est ainsi que la critique bien fondée devient soudainement de l’islamophobie ou de l’antisémitisme.

Comme ils font peu de cas des préoccupations et des valeurs de la majorité, il n’est guère surprenant que les Québécois de souche ne fassent pas preuve d’ouverture.

Respect mutuel

Pour l’essentiel, les Québécois ont sorti la religion de leur vie ou de leurs institutions. Ils refusent que la religion mène leur vie, alors que c’est très souvent à l’opposé dans les communautés musulmanes et juives.

Traiter de racistes ceux qui appuient la laïcité de l’État ne les rapprochera pas de la fraternité entre les communautés. On observe l’inverse, alors que les incidents haineux se multiplieraient.

Nos politiciens, le premier ministre Trudeau en tête, devraient contribuer à apaiser les tensions entre les différents groupes sociaux, à réduire les craintes face à la différence et chercher à favoriser le bien vivre ensemble.

C’est cependant mission impossible pour un premier ministre sans identité, comme son père, qui ne cesse de se comporter en caméléon pour soigner les apparences.