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Les vacances, un droit fondamental

Coucher de soleil à Saturna Island, en Colombie-Britannique. EMM
Photo Emmanuelle Latraverse Quelques jours de congé, ce n’est pas ça des vacances...

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Chaque été c’est la même chose. Vers la mi-juillet, une révélation me frappe, telle une apparition divine : Je suis en vacances !

Le pire, c’est que quand cet abandon sublime m’enveloppe de sa volupté, je suis déjà en congé depuis au moins 2 semaines.

Car il y a une grande différence entre le congé et les vacances.

Et alors qu’on vient de passer une année à parler de l’importance de la santé mentale, il est grand temps de lancer ce débat.

Le devoir vs l’abandon

Être en congé, c’est ne pas gagner sa vie. 

Être en vacances, c’est laisser la vie reprendre ses droits.

Pour trop de travailleurs, de parents, le congé c’est l’heure du « je dois ». 

Je dois réparer ceci ou cela, je dois gérer tel problème trop longtemps négligé, je dois visiter le reste de la famille.

Réparations, organisation, ménage.

Trop souvent, congé rime avec devoir.

Alors que les vacances, les vraies, c’est l’heure du « et si... »

Et si je prenais le temps d’ouvrir un livre, et si on allait aux glissades d’eau, et si j’essayais une nouvelle recette, et si je regardais se coucher le soleil...

Et si je ne faisais rien ?

Les vacances sont la vengeance de l’improvisation sur les devoirs de la vie.

Il est où le bonheur ?

Il est dans une soirée qui s’éternise entre amis.

Il est dans la contemplation d’un paysage maintes fois vu, mais jamais admiré.

Dans l’émerveillement de voir nos enfants inventer des façons de s’amuser sans écran.

Dans la découverte d’un musée, la lecture d’un livre maintes fois reportée, la confection d’un repas sans stress. Les vacances, donc, ne devraient pas servir à gérer le reste de la vie. Elles devraient servir au repos du guerrier.

Qui y a droit ?

Or pour être en vacances, il faut avoir déjà été en congé.

Il faut avoir eu le temps de rattraper le temps perdu dans la course folle du métro-boulot-dodo.

Avec dix jours par an pour les 4 premières années plus 9 fériés, le Canada demeure l’un des pays industrialisés avec la politique de congés la moins généreuse. Même le Québec avec ses 15 jours de congés après 3 ans ne se classerait pas dans le top 30 des pays au monde au chapitre des congés annuels.

Alors on a beau parler du droit à la déconnexion, on a beau s’indigner des urgences fermées cet été, peut-être est-il temps de valoriser le droit au repos, celui qui nous permet, enfin, de savourer notre liberté.