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3m synchronisé à Tokyo: plongeon argenté

Abel et Citrini-Beaulieu s’offrent la meilleure performance canadienne depuis Despatie en 2008

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Photo AFP Jennifer Abel et Mélissa Citrini-Beaulieu ont conjugué leurs efforts de brillante façon pour monter sur la deuxième marche du podium à l’épreuve du 3 m synchronisé.

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TOKYO | Malgré un départ qui les plaçait au 6e rang après deux plongeons, Jennifer Abel et Mélissa Citrini-Beaulieu se sont ressaisies pour mettre la main sur la médaille d’argent de l’épreuve du 3 m synchronisé dans la nuit de samedi à dimanche.

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La médaille d’argent du duo est la meilleure performance de l’histoire canadienne au 3 m synchro. Il s’agit aussi du meilleur résultat canadien en plongeon depuis la breloque argentée d’Alexandre Despatie au tremplin de 3 m aux Jeux de Pékin en 2008.

En sixième place après deux plongeons parmi les huit duos, la paire canadienne a remonté la pente avant de signer un excellent cinquième et dernier plongeon pour confirmer leur médaille d’argent. 

Après quatre essais, elles pointaient déjà en 2e place, mais l’Italie et l’Allemagne n’étaient pas loin derrière. Les Italiennes ont complètement bousillé leur dernière tentative.

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De l’émotion

Même si elles étaient les premières à s’élancer, Abel et Citrini-Beaulieu ont éclaté en sanglots après leur dernier plongeon, sachant que leur médaille était dans le sac.

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« On ne sait jamais ce qui peut arriver, mais j’étais convaincue que nous étions en bonne position pour monter sur le podium après le 4e tour, a raconté Abel. À mon entrée dans l’eau au 5e, je savais que j’avais réussi mon plongeon et j’ai immédiatement regardé Mélissa pour obtenir sa réaction et elle avait de grands yeux. Les entraîneurs aussi étaient contents. »

  • Écoutez l'entrevue de Danny St Pierre avec la plongeuse et médaillée d'argent Mélissa Citrini-Beaulieu sur QUB radio: 

Deuxième médaille

Pour Abel, il s’agit d’une deuxième médaille olympique après celle de bronze dans la même épreuve à Londres en 2012, en compagnie d’Émilie Heymans. Dans le cas de Citrini-Beaulieu, il s’agit d’un premier podium à sa première participation aux Jeux. Le duo avait remporté l’argent au mondial en 2019 en Corée du Sud et pris le 4e rang à la Coupe du monde de Tokyo en mai dernier.

« Ce sont deux sentiments de fierté très différents, a expliqué Abel. En 2012, j’étais jeune et je plongeais avec Émilie, qui avait toute l’expérience et l’opportunité de réussir quelque chose d’énorme pour elle et pour le plongeon canadien. Je ne voulais pas l’empêcher de réussir. »

À Londres, Heymans est devenue la première plongeuse au monde à remporter une médaille dans quatre Jeux consécutifs. Elle est aussi devenue la plongeuse canadienne la plus titrée aux Olympiques avec quatre podiums.

« Ici, avec Mélissa, on ne pensait à rien d’autre qu’à notre équipe et ce que nous voulions accomplir dans le moment présent, a indiqué Abel. C’est pourquoi c’est si beau d’avoir gagné une médaille. Je ne pourrais pas avoir une meilleure partenaire. Je ne suis pas toujours facile à gérer et parfois grincheuse, et nous avons eu un petit épisode à Toronto, mais cela n’a pas dérangé Mélissa. »

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Citrini-Beaulieu savourait pleinement sa médaille. « Nous ne serions pas là sans l’une et l’autre, a-t-elle exprimé, et cette médaille témoigne de la belle chimie entre nous. La remise de la médaille à notre coéquipière avait une grande signification. »

Pandémie oblige, ce sont les athlètes qui se remettent leur médaille lors de la cérémonie du podium.

Chinoises dominantes

Impériales, les Chinoises n’ont jamais laissé de doutes sur leur victoire avec 326,40 points comparativement à 300,78 pour la paire canadienne. Tous les autres duos prétendant au podium ont connu des ratés en cours de route. 

Mitch Geller nous a partagé son interprétation des réalités fort différentes des athlètes des deux pays. « Dès qu’elles sont identifiées parmi l’élite en bas âge dans un très grand bassin de candidates, les plongeuses dédient leur vie à leur sport d’une façon dont on ne pourra jamais s’approcher au Canada, a expliqué le directeur de la haute performance à Plongeon Canada. Je leur lève mon chapeau, mais je ne voudrais pas faire comme la Chine. J’aime notre équilibre. L’écart diminue et il faut être créatif. »

Pas de panique   

Jennifer Abel et Mélissa Citrini-Beaulieu assurent qu’elles n’ont jamais paniqué malgré le retard qu’elles accusaient après deux plongeons.

« On sait que nos deux premiers plongeons ne sont pas nécessairement nos meilleurs et qu’on va chercher nos points dans les trois derniers quand les coefficients de difficulté augmentent, a expliqué Abel. On ne s’est pas laissé distraire et on savait que ce n’était pas fini. »

Citrini-Beaulieu abondait dans le même sens. « Nous sommes demeurées calmes, a-t-elle indiqué. On savait que nous étions capables. J’ai fait confiance à Jenn. »

De son côté, Mitch Geller croyait revivre le scénario de Rio quand Abel et Pamela Ware avaient manqué le bronze par des poussières après un début hésitant à leurs deux premiers plongeons.

Entraîneur anxieux

« À Rio, elles avaient raté deux plongeons qu’elles réussissent dans leur sommeil, a illustré le directeur de la haute performance à Plongeon Canada, et n’avaient jamais été en mesure d’effacer le retard pour obtenir une quatrième place crève-cœur. J’étais inquiet un peu. Il ne fallait pas que l’histoire se répète sinon il aurait fallu qu’on cache les armes près de moi de crainte que je m’en serve contre moi. »

« Des mauvais souvenirs sont remontés à la surface, d’ajouter Geller. En troisième ronde, j’ai revu de l’instabilité au départ, mais elles se sont reprises en vol. Je me croisais les doigts pour le quatrième. »

Le 1er août, Abel tentera d’ajouter un écu olympique à sa collection à l’épreuve du tremplin 3 m individuel où elle avait terminé au quatrième rang à Rio. Pamela Ware sera aussi en action au 3 m.

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