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Combattre l’islamophobie ou faire taire les critiques?

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Photo d'archives, AFP

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Dans une lettre ouverte publiée dans La Presse samedi, l’imam Hassan Guillet dit qu’il est temps que le Québec et le Canada adoptent des mesures concrètes pour lutter contre l’islamophobie.

Mais jamais dans son texte M. Guillet n’explique ce qu’est au juste l’islamophobie.

LE RACISME EST LE RACISME

Toutes les études le démontrent : les chrétiens constituent actuellement la minorité religieuse la plus persécutée dans le monde. Surtout dans le monde musulman.

Parle-t-on de « christianophobie » ? Non.

Le mot n’existe même pas. 

La persécution religieuse et la discrimination sur la base de la religion sont déjà considérées comme des crimes dans notre pays. Pourquoi créer des catégories spéciales pour tel ou tel culte ?

Discriminer sur la base de la race est un crime. Il ne faut pas seulement combattre le racisme anti-noir ou anti-asiatique, mais encore toute forme de racisme. 

On ne commencera pas à créer des sous-catégories de racisme : racisme anti-autochtone, anti-arabe, anti-indien, etc.

Le racisme est le racisme. 

Il n’y a pas un racisme pire que l’autre. Il faut tous les combattre également.

Idem pour la haine de telle ou telle communauté religieuse.

LA « CULTURE DE LA HAINE »

Comme le capitalisme, le communisme, le fascisme ou le catholicisme, l’islam est une idée, un système de pensée. Et au Canada, nous avons le droit de critiquer les idées. Toutes les idées. 

Pourvu que nous n’encouragions pas le recours à la violence contre les tenants de cette idéologie.

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Tenez, moi, je déteste les religions. Toutes les religions. Aucune ne trouve grâce à mes yeux. 

Je sais que ça peut heurter plusieurs personnes, mais c’est ce que je pense.

Et au Canada, j’ai le droit de le penser. De le dire. Et même – comme je le fais présentement – de l’écrire. 

Ce n’est pas considéré comme un crime.

Dans son texte, M. Hassan Guillet dit qu’il faut « réglementer les réseaux sociaux pour arrêter la propagation de la culture de la haine [de l’islam] ».

Certes, tout le monde est d’accord pour dire qu’on n’a pas le droit d’encourager les gens à commettre des actes de violence envers tels ou tels groupes de croyants, ou tels ou tels lieux de culte.

Mais critiquer l’islam est-il un appel à la haine, selon M. Guillet ? Il ne le dit pas. 

Il refuse – volontairement, selon moi – de définir ce qu’il considère comme « une culture de la haine ». Ça peut être tout et n’importe quoi...

LÉGALEMENT RESPONSABLES ?

Récemment, dans la foulée des récentes découvertes concernant les pensionnats autochtones, j’ai tenu des propos très durs envers l’Église catholique. 

Cela me rend-il responsable de la vague d’attaques perpétrées contre des églises catholiques un peu partout au pays ? Absolument pas. 

Tout comme les végétariens qui condamnent la culture de la viande ne peuvent être tenus légalement responsables des actes de vandalisme commis à l’encontre des abattoirs ou des boucheries...

Sinon, à ce titre, plus personne n’écrirait quoi que ce soit !

C’est bien beau, combattre « l’islamophobie ».

Mais encore faudrait-il définir le mal que l’on cherche à éradiquer. Et ne pas s’en tenir à des termes vagues, qui ouvrent la porte à tous les dérapages...