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De la prestidigitation électorale

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Photo AFP

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Dans une approche superficielle et simpliste de résolution de problèmes sérieux et préoccupants, le premier ministre Trudeau révèle ses talents de « prestidigitateur politique ». À l’évidence, il se bâtit un large éventail d’appuis électoraux dans la perspective des élections (inutiles) qu’il déclenchera sous peu.

Notamment après l’annonce relative au Programme (discriminatoire) pour l’entrepreneuriat des communautés noires, qui s’inscrit dans sa stratégie de lutte contre le racisme et dans une perspective de réconciliation, la nomination d’une autochtone au poste de représentante de la Reine dans le contexte de la découverte du drame des « pensionnats indiens » de John Alexander Macdonald, le premier ministre Justin Trudeau vient de sortir un nouveau lapin de son chapeau : un sommet national contre l’islamophobie.

Est-ce que le fait de créer un programme exclusivement dédié aux communautés noires fera reculer le racisme au Canada ? La réponse est non.

Est-ce que le fait de faire d’une autochtone la représentante de la Couronne britannique réglera concrètement les contentieux entre les Premières Nations et le Canada ? J’en doute. Et en quoi le fait d’aller frayer avec des islamistes réglera-t-il, chez nous, la mauvaise perception de l’islam radical ? Par son comportement, Justin Trudeau aggrave le sort des musulmans de bonne foi au Canada. Il renforce les amalgames dans l’inconscient collectif et crée de l’insécurité.

La peur

Partout dans le monde, les raisons objectives de la peur de l’islam radical et de celles et ceux qui l’incarnent ostensiblement au quotidien sont fondées sur de multiples facteurs, notamment les attentats terroristes perpétrés et revendiqués par des islamistes depuis une quarantaine d’années.

Depuis deux générations, le nombre des victimes de ces attentats est considérable. Et les populations visées sont très loin d’avoir oublié...

On se rappelle notamment les attentats meurtriers passés et récents en Afrique, en Amérique et en Europe.

Les échos

Voilà essentiellement ce qui fait peur au monde. Nous vivons dans un monde globalisé et dénué de frontières numériques. De nos jours, un événement majeur qui survient en Papouasie–Nouvelle-Guinée s’inscrit instantanément sur nos petits et grands écrans numériques. Il en est ainsi des attaques terroristes ou idéologiques islamistes. Il en est également ainsi, notamment, du statut et du sort des femmes, des non-musulman(e)s, des homosexuels ou des transgenres au sein même de nombreux pays où l’islam radical bat la mesure de l’existence. Le monde regarde tout cela avec attention et appréhension...

« Pas d’amalgame ! »

On aura beau crier : « Ne faites pas d’amalgame entre terrorisme et “Islam” », force est de constater que ceux et celles qui terrorisent dans le monde au nom de cette religion ont un impact beaucoup plus grand dans l’inconscient collectif. La finalité du terrorisme est de faire peur au monde. Et quand il est associé à une idéologie politique ou religieuse, voire les deux à la fois, cela mène inévitablement à un ressac.

Alors, comment le premier ministre Trudeau peut-il sérieusement prétendre changer les perceptions ? En invitant celles et ceux qui craignent les idéologies meurtrières islamistes à s’adapter à ces dernières ? 

C’est abracadabrant.