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La discrétion est de mise dans la course aux candidats-vedettes

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À l’approche probable d’une élection fédérale cet automne, c’est la course contre la montre au sein des partis politiques. Le but : faire des gains. Pour séduire les électeurs dans certaines régions plus stratégiques, comme Québec, les partis tentent de convaincre de grosses pointures, des gens connus et appréciés dans leur milieu.  

C’est ce qu’a tenté de faire le Parti libéral du Canada en approchant Julie Lemieux, PDG d’Opération Enfant Soleil. Cependant, les fuites dans les médias étaient une très mauvaise stratégie. 

La politique fait peur

On ne se le cachera pas, de nos jours, avec les nombreux commentaires négatifs et même menaçants qui circulent sur les réseaux sociaux, la politique n’est pas le métier le plus séduisant. Il faut avoir la couenne dure pour faire le grand saut et accepter que nos faits et gestes soient épiés et critiqués de tous bords tous côtés. C’est donc tout un défi de réussir à attirer une candidature-vedette et de ne pas l’échapper.

La qualité de vie est aussi un enjeu pour les personnes approchées. Sont-elles prêtes à vivre éloignées de leur famille pendant plusieurs semaines, à devoir faire de nombreux aller-retour entre leur lieu de résidence, leur futur bureau de circonscription et Ottawa ? Sont-elles prêtes à sacrifier la majorité de leurs soirées et week-ends en famille pour participer aux nombreuses activités dans leur circonscription afin de rencontrer leurs électeurs et échanger avec eux ?

Les gens sollicités ont-ils suffisamment de courage pour quitter leur emploi, endosser les couleurs d’un parti, défendre publiquement les positions et les engagements de ce parti et accepter d’être jugés par leurs pairs, leurs amis et leurs voisins pour leurs opinions politiques, même advenant une défaite électorale ?

Un beau risque

On a beau être une candidature-vedette, il n’y a jamais de certitudes dans les comtés pivots. D’autant plus que dans une élection générale, les électeurs votent davantage pour un parti et son chef ou sa cheffe que pour le ou la candidate choisie. 

Autre élément à considérer, la personne sollicitée est-elle suggérée et désirée par l’association locale ou imposée par le Parti ? Les associations locales n’aiment pas se voir imposer un choix, et parfois, certains membres frustrés décident de travailler en cachette contre leur candidature-vedette. 

Cela dit, faire campagne est un défi extraordinaire. Se faire élire et représenter ses citoyens est tout un privilège. Il y a une grande fierté à siéger dans un haut lieu de pouvoir et contribuer à faire évoluer la société. Être député et parfois ministre, pouvoir débattre au caucus et en Chambre est très stimulant intellectuellement. 

Quand une personne accepte de rencontrer un représentant d’un Parti, elle s’attend à ce que la rencontre soit confidentielle pour ne pas nuire à sa carrière. Bien des gens ne font qu’accepter une rencontre par politesse ou par curiosité. Il y a toute une marge entre écouter une proposition et l’accepter. 

Faire le saut en politique est une décision importante qui mérite une sérieuse réflexion. La moindre des choses est que le parti qui t’approche et/ou l’association locale respectent ce moment de réflexion et fassent preuve de la plus grande discrétion pour ne pas briser ce lien de confiance.

Il est clair qu’en 2015, lors de l’élection complémentaire dans Chauveau, si le Parti libéral du Québec s’était amusé à divulguer mon nom aux journalistes avant que ma décision soit officiellement prise, j’aurais décliné l’offre. Le respect, c’est important, même en politique.