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Capitole: jusqu'où ira l'enquête?

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Soyons clairs. Le comité de la chambre des représentants qui enquête sur la prise d’assaut meurtrière du Capitole le 6 janvier veut, avant tout, savoir quel rôle ont joué Donald Trump et ses proches collaborateurs dans sa préparation et son exécution.

Un policier a été tué et environ 140 autres blessés dans ces événements alors que le Congrès était réuni pour confirmer l’élection du président Biden.

Le comité de neuf membres comprend deux républicains, Liz Cheney et Adam Kinzinger, les seuls représentants du GOP qui ont eu le courage d’accepter d’y siéger. Cheney a été démise de ses fonctions de direction de son parti pour avoir dénoncé Trump et ses mensonges.

Le GOP : bloquer l’enquête par tous les moyens

L’enquête va prendre des mois et va se heurter à de nombreux obstacles. Les républicains ne reculeront devant rien pour tenter d’obscurcir les faits et la faire dérailler.

Le comité envisagerait d’assigner à comparaître Trump lui-même, son chef de cabinet, Mark Meadows, le leader de la minorité républicaine à la chambre, Kevin McCarthy, le représentant Jim Jordan et d’autres proches de Trump impliqués dans les événements du 6 janvier.

Le Département de la Justice a avisé les anciens responsables de l’administration Trump qu’ils ne pouvaient invoquer des obstacles constitutionnels pour refuser de comparaître. Trump va inévitablement engager des procédures judiciaires pour bloquer tout témoignage.

Les plus odieux partisans de Trump à la chambre basse, Matt Gaetz, Marjorie Taylor Greene, Louie Gohmert et Paul Gosar ont osé tenir une conférence de presse hier après-midi devant le département de la Justice pour protester contre le traitement réservé aux insurgés incarcérés !

Les démocrates et les deux républicains qui les appuient espèrent que les révélations des témoignages devant leur comité vont amener des partisans de Trump à prendre leur distance. Ils se trompent. Les liens entre ce triste individu dérangé et ses adeptes ne relèvent pas de la politique, mais de croyances quasi mystiques. Le parti de Lincoln est devenu une secte de suprémacistes blancs obnubilés par leur gourou, Donald J. Trump. 

La démocratie américaine a-t-elle un avenir ?

L’avenir de la démocratie américaine dépendra-t-il de l’intégrité et de la rigueur de l’enquête sur l’insurrection, comme l’a dit la républicaine dissidente Liz Cheney dans son discours liminaire ? Les conclusions et les recommandations du comité vont-elles avoir une influence décisive sur l’avenir du pays ? Espérons-le, mais j’en doute.

En parlant de l’insurrection, Cheney évoque un cancer qui menace l’avenir de la démocratie américaine. Ce cancer c’est le trumpisme qui continue de se métastaser.

Quoi que découvre le comité, je crains que ce ne soit qu’une question de temps avant que les tensions et les haines politico-sociales actuelles aux États-Unis se transforment en affrontements violents. Quel sera l’événement déclencheur, l’étincelle qui va mettre le feu aux poudres ? La mise en accusation de Trump ? Peut-être.

Liz Cheney a conclu son allocution en déclarant que les futures générations « hériteront de la nation que nous leur léguons. [...] Une République, si on peut la garder. » Sa réserve se comprend.