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Critères abaissés avant l’embauche de Marie Grégoire à la tête de BAnQ

Bibliothèque et Archives nationales du Québec exigeait une maîtrise, mais le gouvernement n’a demandé qu’un bac

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Photo d'archives, Agence QMI La nomination de Marie Grégoire à la tête de BAnQ a suscité la controverse depuis son annonce au début du mois.

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Le niveau de scolarité exigé pour le poste de PDG de Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ) a été abaissé dans les semaines précédant la nomination controversée de l’ex-animatrice et chroniqueuse Marie Grégoire, a appris notre Bureau d’enquête.

• À lire aussi: Nomination partisane : Le PLQ reproche à la CAQ d’avoir « tordu le bras » du C.A. pour imposer son choix

Le conseil d’administration de BAnQ exigeait que le prochain dirigeant ait un diplôme universitaire de deuxième cycle (maîtrise), nous a indiqué une source proche du dossier qui a requis l’anonymat.

Les membres du C.A. ont approuvé un profil de compétences le 5 mai dernier, lors d’une réunion extraordinaire.

La loi constitutive de BAnQ attribue aux administrateurs le pouvoir d’établir les critères de sélection.

« Normalement, le seuil de scolarité est défini comme une exigence », a précisé notre source.

Pourtant, après avoir reçu le profil du poste de président-directeur général de BAnQ, le Secrétariat aux emplois supérieurs a publié un affichage n’exigeant qu’un niveau universitaire de premier cycle (baccalauréat).

Cet organisme impliqué dans les nominations gouvernementales relève administrativement du Conseil exécutif, c’est-à-dire le ministère du premier ministre François Legault.

Selon les notes biographiques publiées par le gouvernement au moment de sa nomination, le 7 juillet dernier, Marie Grégoire détient un baccalauréat en communications de l’Université d’Ottawa.

La future PDG n’a pas souhaité nous accorder d’entrevue sur le sujet.

Choix dénoncé

Le choix de Mme Grégoire – une ancienne députée de l’ADQ, qui a depuis fusionné avec la CAQ – a été dénoncé par l’opposition péquiste, au moins un syndicat et des regroupements du secteur des bibliothèques et des archives, notamment en raison de sa dimension partisane.

Une deuxième source, qui nous a parlé même si elle n’était pas autorisée à le faire, a affirmé que le Secrétariat aux emplois supérieurs est responsable de la révision à la baisse du niveau de scolarité requis.

Moins exigeant qu’avant

« On n’y peut rien, nous a dit cette deuxième source. Les emplois supérieurs en ont fait la description avec les exigences qu’ils pensaient que ça devait être. Je ne peux pas vous dire que c’est bon ou ce n’est pas bon. »

En 2017, lors d’un appel de candidatures précédent pour le poste de PDG, un diplôme de maîtrise était pourtant exigé.

Un porte-parole du Conseil exécutif s’est contenté de dire que l’appel de candidatures a été fait en collaboration avec BAnQ et le ministère de la Culture.

« Les conditions d’admission et les critères de sélection reflètent ceux des affichages de postes similaires », a mentionné Antoine Tousignant.

Du côté de BAnQ, une porte-parole a dirigé les questions vers le cabinet de la ministre de la Culture Nathalie Roy, qui s’est refusée à tout commentaire. 

QUI EST MARIE GRÉGOIRE ?  

  • Députée adéquiste de Berthier en 2002 et 2003  
  • Chroniqueuse à l’émission Le club des ex, sur RDI, à partir de 2007  
  • Associée et fondatrice de la firme de communications TACT de 2011 à 2016  
  • Entre en fonction à la tête de BAnQ le 9 août prochain     

Deux dissidences  

Au moins deux administrateurs de BAnQ ont fait dissidence quand les noms des deux finalistes retenus par les membres du comité de sélection ont été soumis au C.A., parmi lesquels figurait celui de Mme Grégoire.

Ces deux administrateurs dissidents jugeaient qu’un seul nom devait être transmis pour recommandation à la ministre de la Culture, Nathalie Roy, nous a-t-on indiqué.

Richard Dumont, dont la démission du C.A. a été révélée la semaine dernière par Le Journal, est au nombre des dissidents.

Selon une de nos deux sources, les administrateurs avaient été avisés avant le processus de sélection que le cabinet de Mme Roy privilégiait une candidature.