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Nicaragua: un ex-guérillero et une reine de beauté candidats à la présidentielle

Oscar Sobalvarro et Berenice Quezada.
AFP Oscar Sobalvarro et Berenice Quezada.

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MANAGUA | Un ancien guérillero antisandiniste et une reine de beauté porteront les couleurs du parti d’opposition Alliance Citoyens pour la liberté (CXL) à l’élection présidentielle du 7 novembre, quand le président Daniel Ortega devrait briguer un quatrième mandat de suite, a annoncé mercredi ce parti de droite.

L’Alliance a annoncé avoir désigné Oscar Sobalvarro, ancien contre-révolutionnaire de 68 ans, et Berenice Quezada, Miss Nicaragua 2017 âgée de 27 ans et sans antécédent politique connu, comme candidats respectivement à la présidence et à la vice-présidence.

Berenice Quezada.
AFP
Berenice Quezada.

Cette annonce du «ticket» de l’opposition a été saluée par des centaines de partisans scandant «Vous êtes capables!», «Liberté!» et «Liberté pour les prisonniers politiques!» tandis que d’importantes forces de police surveillaient l’hôtel de Managua, où elle a été faite.

Un total de 29 opposants, dont sept précandidats, ont été arrêtés depuis le début de juin sous l’accusation de blanchiment d’argent ou de trahison en vertu de législations adoptées fin 2020 dont les implications politiques, permettant de réduire l’opposition au silence, ont provoqué un tollé international.

L’ancien contra - les contras représentaient des groupes paramilitaires antirévolutionnaires soutenus par les États-Unis dans les années 1980 - a déclaré qu’il prenait «la relève» des précandidats arrêtés, en soulignant que ce n’était «ni facile ni sans risques».

Le parti CXL est la principale organisation d’opposition en mesure de présenter des candidats aux élections de novembre.

Le président Ortega, 75 ans, et son épouse et vice-présidente, Rosario Murillo, 70 ans, n’ont pas déclaré officiellement leur candidature. Il ne fait cependant pas de doute pour leurs partisans que le chef de l’État briguera un quatrième mandat de suite et que sa femme tentera de décrocher un second mandat, sous les couleurs du Front sandiniste de libération nationale (FSLN, ancienne guérilla marxiste).

Les candidats ont jusqu’au 2 août pour s’inscrire.

M. Sobalvarro a combattu dans les rangs des contras, guérilleros ayant tenu tête aux sandinistes menés par Daniel Ortega pendant trois ans de guerre civile après la chute du dictateur Anastasio Somoza, en 1979.

Oscar Sobalvarro.
AFP
Oscar Sobalvarro.

L’ancien guérillero Daniel Ortega a dirigé le pays de 1979 à 1990, avant d’être vaincu dans les urnes par Violeta Chamorro, mère de Cristiana Chamorro, laquelle était considérée comme la plus menaçante des possibles adversaires du chef de l’État au scrutin et qui a été la première à être arrêtée.

M. Sobalvarro a assuré avoir bon espoir de chasser Daniel Ortega du pouvoir, de la même façon qu’en 1990 «s’est déroulée une élection sous la dictature, dans un pays militarisé». «Le peuple, armé de son seul vote, s’est prouvé à lui-même qu’il était invincible», a-t-il souligné.