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Pénurie de main-d’œuvre: ça grouille de monde à Québec, mais l’industrie s’arrache les cheveux

Les vacances provoquent de la pression à cause du manque d’employés

Quebec
Photo Stevens Leblanc Les touristes étaient nombreux à Québec durant les vacances de la construction, comme hier sur la rue Saint-Jean. Cet afflux de touristes augmente toutefois la pression sur les entreprises touristiques qui peinent toujours à recruter du personnel.

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Les vacances de la construction ont amené un boom touristique qui fait beaucoup de bien à toute l’industrie de Québec, mais qui vient aussi avec certains effets pervers pour ceux qui sont frappés par la pénurie de main-d’œuvre.

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La rue Saint-Jean grouillait de touristes hier après-midi alors que la météo était parfaite pour la découverte des charmes du Vieux-Québec. Dans les restaurants qui réussissent à être ouverts le midi, on faisait la file pour trouver une table libre.

  • Écoutez l'entrevue du président de l’Office du tourisme de Québec, Robert Mercure, avec Vincent Dessureault sur QUB Radio:

« Il y a beaucoup de monde ! On a senti la reprise avec les vacances de la construction. [...] Ça fait du bien, les gens sont très contents de sortir, de revenir », se réjouissait Éric Schwaar, propriétaire de l’Entrecôte Saint-Jean.

Même son de cloche au Côtes-à-Côtes Resto Grill, près du Petit Champlain. « On se fait ramasser », lance en riant le propriétaire Nicolas Lavigne. 

Selon l’Association hôtelière de la région de Québec, l’occupation des hôtels de la région tourne autour de 65 % actuellement. C’est encore loin des 90 % habituels, mais toujours mieux que les taux faméliques de la dernière année.

Un dernier moment

« Depuis la fin juin, ça va quand même bien », confie la directrice générale de l’organisation, Marjolaine De Sa, ajoutant que l’aspect dernière minute des touristes québécois, influencés par la météo, complique la tâche. 

« On a un très gros bassin de clients potentiels à 2 h-2 h 30 de route qui se disent “s’il fait beau, on y va”. Ça se décide entre 72 et 48 heures avant le séjour », explique-t-elle.

On observe les mêmes habitudes au Village Vacances Valcartier. « Et ça a été un peu bipolaire pendant les vacances », souligne Sandra Nadeau, directrice des ventes et du marketing.

Toutefois, le retour du Bora Parc et de l’hôtel sauve la mise. Là aussi les vacances ont été très bonnes, et l’hôtel est complet jusqu’à la mi-août.

« Les semaines de la construction ont vraiment été le début de notre grosse période », souligne la directrice.

Cet afflux de touristes met toutefois en lumière la pénurie de main-d’œuvre qui étouffe notamment les hôteliers.

De la plonge à 73 ans

« Je n’en peux juste plus », a confié au Journal Michelle Doré, propriétaire de quelques hôtels et d’un restaurant dans le Vieux-Québec.

« J’ai 73 ans et j’ai fait de la plonge pendant 1h30 mardi soir. [...] Pour être honnête, je songe à arrêter, c’est juste trop. Mais en même temps, je ne pourrais même pas vendre, il n’y aura pas d’acheteurs », ajoute-t-elle, la gorge nouée.

Selon les données de l’Association hôtelière, 12 % des chambres de la région sont actuellement fermées en raison du manque de travailleurs. 

« Ce n’est pas normal », lance Nancy Robitaille, gestionnaire des Hôtels JARO. « Les gens sont au rendez-vous, on pourrait être à 100 %, mais il faut être capable de les servir. »

Ces entrepreneurs s’inquiètent maintenant pour la réputation et l’offre de Québec. 

« J’ai l’impression qu’on est en train de décourager ceux qui ont décidé de rester dans la dernière année. C’est presque rendu inhumain d’avoir une business », tranche Mme Robitaille.

  • Écoutez les actualités avec Alexandre Moranville-Ouellet sur QUB radio :   

Employeurs à bout  

« Nous supportons toutes les mesures pour aider à la pénurie de main-d’œuvre parce que là, ça impacte la capacité de la destination. On ne veut pas voir un impact sur la qualité du produit, on doit tout faire pour stimuler et sauvegarder l’industrie. »

– Robert Mercure, président de l’Office du tourisme de Québec

« C’est très achalandé quand on peut être ouvert, ce qui n’est pas toujours le cas à cause du manque d’employés. C’est un peu frustrant parce que même si on voulait se refaire, on n’est pas en mesure d’ouvrir autant qu’il y a de la demande. »

– Pierre Moreau, PDG du Groupe Restos Plaisirs

« Je crains qu’on gâche le travail des 10 dernières années en quelques mois parce qu’on ne parvient pas à offrir le même service. Quand je regarde les commentaires sur TripAdvisor, j’ai l’impression qu’on se détruit avec la pénurie. »

– Michelle Doré, propriétaire d’hôtels et de la brasserie Chez Jules