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Le corps calciné d’une femme mis aux ordures soulève l’incompréhension

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Plusieurs spécialistes sont dans l’incompréhension totale quant aux raisons qui ont fait en sorte que les services d’urgence de Sherbrooke ont pris un cadavre pour un mannequin et l’ont jeté dans un conteneur à déchets. 

«Je serais capable d’imaginer qu’un citoyen normal puisse confondre ça, mais j’ai beaucoup de difficulté à imaginer qu’un pompier professionnel, qui intervient sur un mannequin, par exemple, puisse confondre ça avec un corps humain», a expliqué Roger Ferland, ex-enquêteur au Service de police de la Ville de Québec (SPVQ), en entrevue à TVA Nouvelles.

Un sentiment partagé par l’ex-enquêteur de la Sûreté du Québec (SQ) Paul Laurier: «C’est ahurissant qu’en 2021, comment six personnes ont pu échapper la balle au bond?»

Selon eux, plusieurs signes permettent de reconnaitre un cadavre. «Un corps qui a brûlé, ça a des particularités, des odeurs, je ne veux pas être macabre, mais c’est assez remarquable», a poursuivi M. Laurier.

M. Ferland a soutenu que certaines caractéristiques permettent de différencier un cadavre d’un mannequin en silicone.

«Un corps humain qui brûle va se recroqueviller sur lui-même, va dégager une odeur qui va être assez nauséabonde, qui n’est pas agréable, alors que [pour] un mannequin, la combustion devrait être complète ou presque totale, a-t-il poursuivi. Et on va voir apparaître une armature de métal ou quelque chose.»

Pour le Dr Mathieu Simon, intensiviste à l’Institut universitaire de cardiologie et pneumologie de Québec, la différence est aussi évidente.

«Sans trop s’approcher et sans trop investiguer, c’est très clair, a-t-il dit. Pour des considérations que vos auditeurs n’aimeraient pas, je vous dirais qu’à proximité, la différence est très claire entre du silicone et de l’humain.»

Complaisance?

Lorsqu’il a été mis au courant de l’événement, Roger Ferland a émis plusieurs hypothèses: «la première qu’on peut penser, on n’est pas en situation de stress, alors oubliez la vision tunnel».

Il croit plutôt que les pompiers qui ont répondu à l’appel auraient pu faire preuve de «complaisance».

«Souvent, dans certains appels, on va être un petit peu complaisants, a-t-il dit. On a un appel pour un feu dans un véhicule, on se comporte de la sorte. On a un appel pour un incendie dans une résidence, on a plus de rigueur.»

L’ex-enquêteur croit qu’étant donné qu’ils avaient été appelés pour éteindre un feu sur un mannequin, les pompiers auraient pu être moins vigilants en ce qui concerne l’enquête et l’investigation de la scène.

  • Écoutez l'entrevue avec Frank Crispino, Chercheur au Site de Recherche en Sciences Thanatologiques Expérimentale, Directeur Laboratoire de recherche en criminalistique et Professeur à l'Université du Québec à Trois-Rivières sur QUB radio :

Conférence de presse critiquée

Les ex-enquêteurs ont aussi critiqué le point de presse donné par les autorités de la Ville de Sherbrooke, jeudi après-midi.

«Niveau enquête policière, c’est une catastrophe, a fait savoir Paul Laurier. Je ne comprends pas, on est en 2021. C’est l’été, c’est les vacances, mais je ne comprends pas. Ces gens-là sont supervisés, je ne comprends pas que la direction ne se montre pas plus rigoureuse que ça en conférence de presse.»

Pour sa part, Roger Ferland croit que des excuses auraient été nécessaires. «Personnellement, j’aurais apprécié des excuses, minimalement, parce que c’est un être humain au départ qui était là, a-t-il affirmé. J’aurais aimé voir l’aspect humain.»