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Retour miraculeux d’une championne

Kasia Gruchalla-Wesierski a défié le diagnostic de son médecin et a ramé vers l’or

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Photo AFP Deuxième équipière sur la photo, Kasia Gruchalla-Wesierski est fière de montrer la médaille d’or remportée à l’épreuve du 8 de pointe, jeudi à Tokyo.

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TOKYO | Opérée pour une fracture à la clavicule le 17 juin, Kasia Gruchalla-Wesierski a craint le pire, mais ses peurs étaient loin derrière elle quand elle est montée sur la plus haute marche du podium à l’épreuve du 8 de pointe en aviron.

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Victime d’une chute en vélo lors d’un entraînement en équipe à Victoria, Gruchalla-Wesierski a craint le pire. 

Kasia Gruchalla-Wesierski
Photo Aviron Canada
Kasia Gruchalla-Wesierski

« J’ai vécu le mois le plus stressant de ma vie et je ne savais pas si j’allais être capable de participer aux Jeux, raconte celle qui est née à Montréal et qui a déménagé à Calgary à l’âge de 5 ans. Je pleurais plusieurs fois par jour, mais je m’entraînais afin de retrouver la mobilité dans mon épaule le plus rapidement possible. Un docteur m’a dit que ma saison était terminée et que je ne participerais pas aux Jeux. Je me suis servi de ces paroles comme motivation. Deux semaines après ma chirurgie, j’étais sur la machine à ramer et une semaine plus tard sur l’eau. »

Quelques heures après son sacre, Gruchalla-Wesierski arrivait difficilement à réaliser l’exploit de l’équipage du huit de pointe. « Je n’ai jamais fait une course comme ça, affirme-t-elle. Je n’ai pas les mots pour exprimer tout ce que je ressens. »

Bon départ

Le plan de match était simple. « On voulait prendre les devants et pousser de toutes nos forces jusqu’à la ligne d’arrivée afin qu’aucun bateau ne nous dépasse, explique-t-elle. Nous en avons parlé la veille de la course et notre victoire n’est pas inespérée, mais on savait que ça serait difficile de gagner l’or. »

Le Canada a franchi les deux kilomètres en 5 min 59 s 13 pour devancer la Nouvelle-Zélande par 0 s 91, et la Chine a complété le podium. Le Canada remporte une médaille en huit de pointe pour la 5e fois de son histoire après l’or en 1992, l’argent en 1996 et 2012 et le bronze en 2000. 

Ancienne skieuse 

Skieuse d’élite pendant plusieurs années, Gruchalla-Wesierski rêvait de prendre part aux Jeux, mais une fracture à une jambe a modifié son parcours. « Depuis l’âge de 5 ans, je rêvais d’aller aux Jeux, mais je ne savais pas dans quel sport, raconte-t-elle. J’ai pensé au bobsleigh, mais j’ai suivi le conseil d’une amie de la République tchèque qui avait adopté l’aviron après avoir quitté le ski. »

Elle a commencé l’aviron en 2014, mais n’a été retenue au sein de l’équipe nationale qu’en 2018. « Lors des sélections à l’été 2017, j’étais près de faire partie de l’équipe, mais je n’avais pas été choisie. J’étais fatiguée, j’en avais marre et je ne savais pas si j’allais continuer de ramer. Après une pause de trois mois, j’ai repris l’entraînement, terminé en 4e place au championnat canadien et reçu une invitation de l’équipe nationale. »

« En ski alpin, je n’étais pas la meilleure, mais j’étais celle qui travaillait le plus fort », ajoute celle qui a terminé au 4e rang au championnat mondial en 2019 de sorte à se qualifier pour l’embarcation canadienne. « J’ai conservé la même approche en aviron. »