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Wokisme: la contre-offensive est amorcée

Informatics workshop at university.
Photo d’archives

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Dans ma chronique de mardi, je notais que chaque fois qu’on désespère, le bon sens relève la tête.

Voici un exemple tiré du monde de l’éducation. 

Partout

Je vous ai déjà parlé des woke qui ont pris le contrôle de départements entiers de sciences sociales dans les universités.

Ce sont des militants déguisés en chercheurs.

Ils ont souvent l’appui des associations étudiantes, des syndicats d’enseignants et de nombreux cadres.

Ceux qui ne pensent pas comme eux sont harcelés ou achètent la paix en se taisant ou en adoptant leurs positions.

Cette idéologie woke percole ensuite jusque dans les manuels scolaires de base de l’ensemble du système éducatif.

En gros, pour elle, le racisme est absolument partout. 

Il est dans toutes les institutions, dans toutes les politiques et dans toutes les mentalités des Blancs, seuls capables de vrai racisme.

L’histoire qu’on vous a enseignée est mensongère. Elle n’est, selon le wokisme, qu’une longue série d’atrocités commises par les Blancs, et ceux d’aujourd’hui sont coupables non seulement des problèmes d’aujourd’hui, mais aussi des fautes de leurs ancêtres.  

Évidemment, il ne s’agit pas de nier les pages sombres de l’histoire occidentale.

Je dis seulement que le wokisme ne voit qu’elles.

Vous êtes maintenant familiers avec son jargon : racisme « systémique », intersectionnalité, privilège blanc, etc.

Tout cela porte un nom savant : « Critical Race Theory », ou CRT.  

Dans les universités, on voit maintenant des affichages de postes où l’on dit carrément vouloir un « spécialiste en CRT ». 

Je reviens au bon sens dont je vous parlais au tout début.

Le wokisme est né aux États-Unis, et c’est également aux États-Unis que la contre-offensive est en train de prendre forme.

La revue The Economist nous apprend que vingt-six États américains ont introduit ou s’apprêtent à introduire des lois pour bannir ou limiter l’enseignement de la CRT aux niveaux primaire et secondaire.

La majorité de ces États sont aux mains des républicains, mais il serait réducteur de ramener tout le parti à la figure de Donald Trump qui, de toute façon, n’a jamais eu le moindre intérêt pour les questions éducatives.

Évidemment, ne soyons pas naïfs. 

L’être humain est souvent porté à vouloir censurer les idées qu’il désapprouve, mais à invoquer la liberté pour promouvoir les siennes.

À n’en pas douter, nombre de ces républicains voudraient qu’on enseigne un récit national aseptisé, jovialiste, glorieux, sans pages sombres ou presque, aussi mensonger que le discours woke.  

Réveil

Il est aussi extraordinairement délicat de légiférer sur ce qui doit ou ne doit pas être enseigné.

Quand l’État se mêle des contenus éducatifs, il peut faire autant de mal que de bien. 

Il est vrai aussi qu’il n’y a jamais une seule lecture possible du passé.

Il s’agit alors de présenter à l’étudiant, avec un maximum d’objectivité et de bonne foi, les diverses lectures possibles.

Mais réjouissons-nous : on commence au moins à vouloir mettre fin à un long dérapage.