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Des écologistes reluquent le champ de tir de l’armée

Le parc du Mont Saint-Bruno grossirait beaucoup avec ces 4,5 km2 de terrain

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Photo Agence QMI, Joël Lemay Jérémie Dupuis-Roy, adepte de vélo de montagne, devant le champ de tir du Mont Saint-Bruno, à Saint-Basile-Le-Grand.

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L’impatience gagne écologistes, élus et amateurs de plein air de la Rive-Sud de Montréal qui veulent voir un important boisé appartenant à la Défense nationale être annexé au parc national du Mont Saint-Bruno.  

« Nous souhaitons que ce dossier débloque au plus vite », lance le député de la circonscription fédérale de Montarville, Stéphane Bergeron. Il interpelle Ottawa depuis l’an dernier. 

L’ensemble du terrain totalise 410 acres, soit environ 4,5 km2, et touche au parc du Mont Saint-Bruno sur son extrémité nord-est. Annexé à celui-ci, il ferait grimper de la moitié sa superficie sans exproprier aucun résident. 

Avec plus de 1,1 million de jours-visites en 2019-2020, le parc du Mont Saint-Bruno est le plus fréquenté du réseau de la Société des établissements de plein air du Québec (SEPAQ), loin devant le parc d’Oka (767 000 jours-visites). 

Interdit d’accès 

Dès 2017, les Forces armées canadiennes ont décidé de se départir du site, connu sous le nom de « champ de tir », car les exercices militaires qui s’y déroulaient ont été déplacés au site de Farnham, en Estrie. Des consultations ont été menées, mais l’affaire traîne depuis. 

Une pétition réclame la réouverture des sentiers. Mais le fédéral a précisé que puisque l’espèce en péril rainette faux-grillon de l’Ouest s’y trouve, toute présence humaine est interdite.

« Il est parfaitement possible de concilier la protection d’une espèce et la pratique du vélo et de la randonnée », répond Jérémie Dupuis-Roy, l’auteur de la pétition. 

« C’est extrêmement frustrant ; cet endroit était le seul dans toute la Rive-Sud de Montréal où on pouvait pratiquer le vélo de montagne », poursuit-il.

Par ailleurs, le ministère québécois de la Forêt, de la Faune et des Parcs, responsable des aires protégées, confirme avoir « manifesté son intérêt au ministère de la Défense nationale pour devenir propriétaire de [l’endroit] ».

Pas d’utilisation commerciale 

La porte-parole de la Défense nationale, Jessica Lamirande, indique que des discussions sont en cours avec « plusieurs intervenants », mais refuse d’en dire plus.

Une chose est cependant claire : la vente « à des fins d’utilisation commerciale ou d’aménagement immobilier » est exclue. 

L’ajout de ce terrain au parc national constituerait une véritable aubaine pour le gouvernement québécois, qui vise à protéger 30 % du territoire d’ici 2030. Mais cette cible est encore loin d’être atteinte avec moins de 17 % d’aires protégées en 2021. 

Quant à eux, les amateurs de plein air espèrent que l’approche d’élections fédérales servira leur cause. « Quand la politique s’en mêle, ça peut bouger vite », affirme M. Dupuis-Roy.