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En paix avec sa carrière

Keven Fortin-Simard aime toujours son sport, mais il a revu ses priorités

Le Québécois Keven Fortin-Simard participe toujours à des tournois de golf, mais, désormais, sa priorité est sa famille ainsi que son nouvel emploi.
Photo courtoisie, Golf Québec, Daniel Beaudoin, Pixelyst Le Québécois Keven Fortin-Simard participe toujours à des tournois de golf, mais, désormais, sa priorité est sa famille ainsi que son nouvel emploi.

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Il y a deux ans à peine, Keven Fortin-Simard avait l’espoir d’évoluer un jour sur les plus grands circuits de golf au monde. Que ce soit aux États-Unis ou en Europe, il était prêt à tout dans ses plus folles aventures. La vie l’a amené ailleurs, sans qu’il mette toutefois une croix définitive sur son rêve. 

À l’hiver 2019, le Québécois était parti à l’aventure sur les routes des États-Unis avec sa femme, sa fille de 19 mois et son chien à bord d’un vétuste VR retapé. Sur son chemin, il participait à divers tournois et qualifications. Une épopée qui l’a ramené à la maison en plein été après moult péripéties, tant sur les parcours que sur le bitume. 

Malgré toutes les visites dans les garages de petits bleds perdus de la campagne américaine, la famille avait vécu un véritable trip. 

L’automne suivant, les Fortin-Simard avaient mis le cap sur l’Europe pour les qualifications du Challenge Tour, l’antichambre du circuit européen. Un autre voyage durant lequel ils ont fait le plein de souvenirs impérissables alors qu’ils vivaient en bord de mer, au Portugal. 

Autre direction

Mais au retour, sans être parvenu à décrocher une qualification, le golfeur a bifurqué vers le monde des affaires. Le commanditaire principal de ses aventures en 2019, RL Énergies de Chicoutimi, à Saguenay, lui a offert un emploi. 

Celui-ci ne sonnait pas la fin de son rêve, mais il le « tablettait ». 

« Je suis chanceux, car c’est une proposition qui est venue au bon moment. J’aurais pu prendre une autre direction. C’était nouveau et ça représentait un beau défi », a raconté celui qui s’occupe du développement des affaires d’un réseau de bornes de recharge rapide. 

Un boulot qui est aussi tombé à pic quelques mois avant le début de la pandémie, qui a ensuite paralysé les circuits de golf en Amérique. 

Le contexte l’a donc amené à changer son fusil d’épaule et à revoir sa carrière sur les allées. Maintenant père de deux enfants, Emma et Noah, avec un emploi à temps plein, le golf n’était plus au sommet de sa liste de priorités. Il avait goûté à de multiples expériences dans ses aventures. Il avançait vers de nouvelles. 

« Par le passé, je devenais pris dans la routine du golf. La vie a changé. Il y a autre chose que le golf dans la vie, a exprimé celui qui a encaissé suffisamment de stress lors du périple américain en motorisé », engloutissant près de 30 000 $. 

Désir présent

Mais il ne regrette en rien cette odyssée qui le fait toujours autant rire. Elle lui a d’ailleurs permis de découvrir certains talents profondément enfouis en lui. 

« Je n’ai pas mis une croix sur les grands circuits, mais mon jeu sur le terrain me dira [mon] avenir dans ce sport, a enchaîné le golfeur de 35 ans. C’est évident que, lorsque ça va bien, j’ai le désir de jouer davantage. »

« À savoir si j’en profite plus ou moins qu’avant, je souhaite être compétitif. Je suis chanceux de pouvoir vivre cela. »

Cette quatrième position au premier tournoi du calendrier du Mackenzie Tour, le meilleur circuit au pays, changera-t-elle ses plans pour la suite de l’été ?

Pas vraiment. 

Fortin-Simard compte saisir les occasions qui se présentent selon son emploi du temps. Il n’avait pas prévu de disputer les huit épreuves du circuit canadien du PGA Tour. D’un océan à l’autre, celui-ci s’échelonnera jusqu’en octobre. 

Il pourrait être tenté par la fin de saison dans l’ouest du pays s’il parvient à porter ses multiples chapeaux de papa, de gestionnaire à temps plein et de golfeur professionnel.  

Le Québécois y a cru jusqu’à la fin  

BLAINVILLE | En démarrant la ronde finale à cinq coups du meneur, Keven Fortin-Simard a livré une chaude lutte jusqu’au dernier roulé, dimanche, au club de golf Le Blainvillier.

À la sortie du vert au 16e fanion, le Québécois figurait à égalité au premier rang de l’Omnium Placements Mackenzie sur le parcours Héritage. 

Dans l’avant-dernier groupe, son compagnon de jeu, Brendan Leonard, a appuyé sur l’accélérateur en terminant en beauté par deux oiselets. Grâce à un boguey au 72e trou, Fortin-Simard a finalement pris la quatrième place à égalité avec Blair Bursey à -6. 

« J’ai bien joué, mais pas assez pour soulever le trophée, a résumé celui qui a signé une carte finale de 71 (-1). Leonard a terminé le travail. J’étais à cinq coups de la tête en me présentant sur le premier tertre et j’ai failli gagner. Ce fut une très belle expérience. » 

Semaine positive

Sous les nuages et en absence de vent, contrairement aux autres rondes, Fortin-Simard a éprouvé quelques difficultés avec son élan en début de journée. Il s’est ajusté, mais son fer 3 lui a coûté cher. Avec cet outil en main au 17e, une normale 5 de 550 verges où il est possible d’approcher le drapeau dès le deuxième coup, il s’est placé en délicate position aux abords du vert. Un oiselet aurait changé la donne au trou final. 

Malgré tout, le golfeur de Chicoutimi, à Sagenuay, a quitté la Rive-Nord avec le sentiment du devoir accompli. 

« Je n’avais pas d’attente en me présentant à ce tournoi. Je voulais me rendre jusqu’à la quatrième ronde et je visais évidemment une victoire. Mais d’avoir participé à la course en tête jusqu’à la toute fin, c’est positif. » 

L’Ontarien Leonard (68, -4) a conclu par un cumulatif de -9, savourant son premier gain sur le Mackenzie Tour. 

Chez les Québécois, Brandon Lacasse et Iannick Lamarre ont terminé respectivement 12e (-1) et 20e (N).