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Jordan Steen sur les traces de ses parents

Le père et la mère du lutteur sont aussi des olympiens

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TOKYO   |  En se qualifiant pour les Jeux de Tokyo, le lutteur Jordan Steen marchera dans les traces de ses parents, qui ont tous les deux vécu cette expérience unique.

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Après une participation aux Jeux de Los Angeles en 1984 où il a terminé en 8e position, son père Dave a remporté le bronze en décathlon aux Olympiques de Séoul en 1988. De son côté, sa mère, Andrea Page, a atteint la demi-finale en 1984 au 400 m haies.

« J’ai toujours voulu être un athlète, mais je ne savais pas dans quel sport, souligne le gaillard qui compétitionne chez les 97 kg. Après un essai d’un an à Windsor, je suis tombé en amour avec la lutte. Mes parents sont très excités que je me sois qualifié et c’est très cool de partager cette réalisation avec eux. Je poursuis la tradition pour une troisième génération. »

Steen s’est qualifié devant ses parents en mars 2020 à Ottawa à l’occasion du championnat panaméricain. 

« C’est mon père qui m’a présenté ma médaille. Il était vraiment content. C’était un beau moment. »

Malédiction familiale

Le report d’un an des Jeux de Tokyo a toutefois ravivé de mauvais souvenirs au sein du clan Steen. 

« À la blague, on se disait qu’il y avait une malédiction qui touchait notre famille lors d’une première participation aux Jeux », raconte celui qui s’entraîne au club de lutte de Montréal depuis 2010. 

« Mon grand-père s’est qualifié pour les Jeux de 1956 à Melbourne, mais le Canada a réduit son équipe pour des raisons financières et il a été coupé. Mon grand-oncle s’est qualifié pour les Jeux de Tokyo en 1964, mais il a dû se désister en raison de la mononucléose. Et mon père a été privé d’une première participation aux Jeux de Moscou en 1980 en raison du boycottage du Canada », relate-t-il.

Déménagement profitable

Si les arts martiaux mixtes l’intéressaient au départ, Steen a adopté la lutte de façon définitive en déménageant à Montréal. 

« J’ai pu m’entraîner avec Georges St-Pierre et apprendre de lui. Georges, Guivi Sissaouri (médaillé d’argent en 1996 à Atlanta), Martine Dugrenier et mon entraîneur David Zilberman sont devenus des modèles et des mentors, explique le lutteur. 

« Même s’ils ont fait carrière en athlétisme, mes parents étaient contents de mon choix. Ils étaient simplement heureux que je me tienne loin du trouble. Ils ne m’ont jamais mis de pression pour que je fasse du sport d’excellence », poursuit-il.

Médaillé d’or aux Jeux du Commonwealth en 2018, en Australie, Steen croit en ses chances de très bien faire à Tokyo. 

« Si j’offre ma meilleure performance, je peux battre n’importe qui, affirme celui qui a représenté les Stingers de Concordia dans les rangs universitaires. J’ai une prise au sol qui me permet de conclure mes combats. Je dois amener mes adversaires au sol. Ma dernière compétition remonte à ma qualification, mais nous avons fait des tournois maison et je suis prêt. »

Steen est le premier lutteur qui a confié sa destinée à Zilberman. Après sa participation aux Jeux de 2008, à Pékin, où il a terminé au 14e rang, Zilberman s’est lancé dans le coaching à l’instar de son père Victor. 

« Je vis des sentiments différents comme entraîneur, mais je suis excité de retourner aux Jeux. C’est quelque chose de spécial de coacher Jordan parce que nous luttons dans la même catégorie. Au début, on luttait ensemble parce que je ne savais pas si je voulais coacher, et j’ai senti physiquement quelque chose de spécial chez Jordan. Il possède les habiletés, mais sa faiblesse au début était l’aspect mental. Nous avons travaillé cet aspect. »


Jordan Steen entrera en action lundi.