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Suspect tué à Repentigny: «tirer sur une personne c’est l’alternative ultime»

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Les policiers qui ont abattu un homme armé d’un couteau et dans un état incontrôlable, dimanche à Repentigny, ont dû suivre une procédure avant d’en arriver à l’utilisation de l’arme de service.

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L’homme qui aurait tenté de s’enfuir, couteau à la main, plus tôt ce matin, et dont les policiers sur place ont jugé qu’il présentait un danger pour autrui, a été abattu après une suite de procédures préliminaires.

«La première chose c’est de contrôler le périmètre. Pour cela on veut localiser le sujet en crise, on veut l’isoler pour éviter qu’il se déplace et devienne une menace pour quelqu’un d’autre. Puis on veut évacuer les gens autour et commencer à travailler sur la reddition, et communiquer avec lui pour tenter de trouver des moyens de calmer la situation», souligne Stéphane Wall, policier à la retraite à TVA Nouvelles. 

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Des conditions empêchant le dialogue

Le policier à l’obligation de tenter de calmer tout suspect qui serait dans un état d’excitation. Là encore, des procédures pour le neutraliser sans porter de risque à sa vie doivent être envisagées.

«Lorsqu’un individu est dans un état second, soit parce qu’il est en état d’ébriété, intoxiqué par la drogue ou qui a une problématique de santé mentale, il peut ne pas entendre ou ne pas être en mesure de se calmer, précise M. Wall. S’il se déplace, les policiers vont pouvoir utiliser des armes intermédiaires, comme un diffuseur de poivre de Cayenne».

Si la situation ne se calme toujours pas, la loi prévoit l’utilisation de l’arme de service, là encore encadrée, pour mettre fin au danger.

«Dans un cas ultime, le Code criminel permet l’utilisation d’autres moyens, comme l’arme de service, si elle permet d’éviter des lésions corporelles graves, voire la mort à une personne du public», explique-t-il.

D’autres paramètres à prendre en compte

L’utilisation de l’arme dépend de l’appréhension du policier quant à la situation. Plusieurs facteurs peuvent être pris en compte, comme la distance, la présence de personnes à risque, ou proche du suspect. 

«S’il n’y a personne et qu’il est au milieu d’un parc, on a plus de marge de manœuvre», dit l’ancien policier.

Dans le cas où l’utilisation de l’arme de service semble être l’unique recours, le policier tireur doit s’assurer de neutraliser la personne à risque.

«Dans le cas où les armes intermédiaires n’auraient pas fonctionné, et que l’on doit utiliser l’arme de service, on va toujours privilégier le centre masse, c’est-à-dire le thorax, ou le ventre, les parties du corps les plus visibles, car c’est très difficile de toucher une petite partie comme les bras ou les jambes, même avec beaucoup d’entrainement, et surtout si la personne est en mouvement», conclut Stéphane Wall