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Ado kidnappée: où sont nos féministes?

Man beating up his wife illustrating domestic violence
Photo Adobe Stock C’est fou comme l’indignation de certains militants est à deux vitesses.

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Vous avez lu l’histoire de cette jeune musulmane de 16 ans qui a été kidnappée et menacée de mort par ses deux frères et un complice parce qu’elle travaillait dans un resto ?

C’est entre autres ce que la poursuite a fait valoir concernant cette triste histoire. Ses frères contrôlaient ses moindres allées et venues, selon ce qui a été allégué.  

Ils l’empêchaient de travailler, de voir ses amies, de surfer sur internet et de porter des vêtements moulants, toujours selon la poursuite qui a exposé qu’un jour, lorsque les frères ont appris que leur sœur fumait des cigarettes électroniques, l’un des deux l’aurait frappée au visage. 

Tellement fort que la jeune femme a dû aller à l’hôpital.

UNE INDIGNATION À DEUX VITESSES

Outrée de voir sa fille vivre à l’occidentale, sa mère l’aurait aussi traitée de « pute » et l’aurait menacée de la faire examiner pour voir si elle était encore vierge. 

Bref, une histoire qui rappelle le terrible drame des sœurs Shafia (19, 17 et 13 ans), qui avaient été noyées à Windsor, Ontario, en 2009, par leur frère et leur père, parce qu’elles fréquentaient des garçons et ne voulaient pas porter le voile. 

Et que disent nos féministes pendant ce temps ?

Rien. Pas un mot. 

Trop occupées à commenter l’affaire Logan Mailloux. 

C’est fou comme l’indignation de certains militants est à deux vitesses.

Un Québécois blanc de souche fait vivre l’enfer à une femme ? On condamne — avec raison — son comportement misogyne et pointe du doigt la culture patriarcale du Québec. 

Sophie et Richard ne sont pas bons aux fourneaux, mais ils savent cuisiner leurs invités! Invitez-vous à la table de Devine qui vient souper? une série balado originale.

Un immigrant ou un membre d’une communauté culturelle fait la même chose ? On ne dit rien, de peur de passer pour raciste. 

Pourtant... une femme battue est une femme battue, non ?

Un homme qui contrôle sa jeune sœur est un homme qui contrôle sa jeune sœur, quelle que soit sa culture, sa religion ou son appartenance ethnique !

Il n’y a pas une violence condamnable et une violence « acceptable » !

Nous sommes au Québec, ici ; un homme ne peut pas empêcher sa femme, sa fille ou sa sœur de vivre sa vie librement !

La loi est la même pour tout le monde, à ce que je sache...

LE « CONTEXTE CULTUREL » EST IMPORTANT ?

Ce week-end, on apprenait que la juge Joëlle Roy veut en savoir plus sur « les aspects culturels et sociaux » du dossier avant de trancher si le frère cadet de 21 ans, qui fait face à des accusations d’enlèvement, de séquestration, de voies de fait et de menaces de mort envers sa jeune sœur, pourra oui ou non recouvrer sa liberté en attente de son procès.  

Les aspects « culturels » ? Pourquoi ?

En quoi la culture du principal suspect devrait-elle être prise en compte ?

L’homme est violent, oui ou non ? Sa remise en liberté représenterait-elle un risque pour la victime ?

C’est tout ce que la juge devrait se demander ! Pourquoi vouloir en savoir plus sur « le contexte culturel » de l’affaire ?

Quant à l’avocat du prévenu, Me Bruno Bouthillier, il affirme que les frères de la victime ne faisaient que... « prendre la jeune fille pour la ramener à la maison, auprès de leur mère » ! 

Euh... Ils l’ont frappée à de nombreuses reprises ! L’ont soulevée de terre ! Ont brisé son téléphone et ses lunettes ! L’ont fait monter de force dans un véhicule ! Lui ont retiré ses bagues et ses souliers !

Voulez-vous rire de moi ?