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Bravo Stéphan Bureau!

Gilles Latulippe
Photo d’archives Pourquoi l’ombudsman a-t-il décidé de blâmer Bureau pour une entrevue soi-disant complaisante alors qu’il ferme les yeux sur la complaisance réelle?

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« Maudit que ça fait du bien !!! »

Des messages comme celui-là, vous avez été nombreux à m’en écrire pour me dire à quel point vous aviez trouvé jouissif que Stephan Bureau refuse de s’excuser après son blâme radio-canadien.

Non seulement Bureau a tenu tête à Radio-Canada en interviewant un invité « radioactif » (le professeur français Didier Raoult), mais il leur a tenu tête en disant à l’ombudsman qu’il ne respectait pas son opinion !

  • Écoutez la chronique de Sophie Durocher sur QUB radio:

Oui, ça fait du bien de voir un animateur qui se tient debout, qui dénonce la rectitude politique. Mais pourquoi n’y a-t-il pas plus de gens courageux comme Bureau à la société d’État ? Maudit que ça ferait du bien !

L’AFFAIRE BUREAU

Vendredi matin, à son émission, Stéphan Bureau a répliqué de façon rationnelle, logique... et un peu baveuse aux réprimandes de l’ombudsman qui lui avait reproché de ne pas avoir suffisamment recadré le controversé professeur français.

Dans sa réplique à l’ombudsman, Stéphan Bureau soulève un élément crucial à propos de ce blâme : « Le précédent qu’il pourrait établir et qui serait nuisible à tous ceux qui font mon métier ».

En effet, si Bureau se fait taper sur les doigts aujourd’hui, quel animateur se fera taper sur les doigts demain parce qu’il invite un politicien de droite, un homme d’affaires arrogant, une auteure comme JK Rowling, par exemple, une féministe dissidente, une personne transgenre critique des militants transgenres... ou toute autre personne qui pense en dehors de la boîte ?

Sophie et Richard ne sont pas bons aux fourneaux, mais ils savent cuisiner leurs invités! Invitez-vous à la table de Devine qui vient souper? une série balado originale.

Si Bureau se fait taper sur les doigts aujourd’hui, quel message cela envoie-t-il aux autres animateurs de Radio-Canada qui auraient envie de brasser la cage en interviewant des invités qui ne rentrent pas dans le moule ?

Si on se fie au « blâme » de l’ombudsman, il y a deux sortes d’invités : ceux qu’on peut interviewer sans contrainte, sans interdit, en se tournant les pouces. Et il y a les autres : les indésirables, les dangereux, les toxiques.

Et pour ceux-là, comme l’a dit Stéphan Bureau, « il faudrait des mises en garde, un appareil critique, des avertissements avant d’écouter, un panel pour expliquer les mensonges qui nous auraient peut-être échappé » ?

Bien sûr que c’est inacceptable !  

Le matin même où était publiée ma chronique à la défense de Stéphan Bureau, l’animateur lui-même, à son émission, posait cette excellente question : « Mgr Christian Lépine (l’archevêque de Montréal) doit-il être recadré quand il vient parler d’avortement à notre antenne ? »

Posons-nous une question plus large : pourquoi l’ombudsman a-t-il décidé de blâmer Bureau pour une entrevue soi-disant complaisante alors qu’il ferme les yeux sur la complaisance réelle, constante et omniprésente des autres animateurs, à la télé comme à la radio ?

PENCHER DU BON BORD

Selon la décision de l’ombudsman de Radio-Canada, Stéphan Bureau aurait dû poser davantage de questions pour « recadrer ou corriger » certaines affirmations fausses du professeur Raoult.

Je vous fais aujourd’hui une promesse. À l’avenir, chaque fois qu’un invité de Radio-Canada dira une sottise, un mensonge ou une demi-vérité au sujet de la loi 21, si les animateurs ne font rien pour le « recadrer » ou le « corriger », je porte plainte à l’ombudsman ! Il va être occupé !